Plus de 11 000 nouveaux logements sociaux et abordables, promet la CAQ

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
Plus de 11 000 nouveaux logements sociaux et abordables, promet la CAQ

LAVAL, Qc — La Coalition avenir Québec (CAQ) promet la construction de milliers de nouveaux logements abordables et sociaux dans un second mandat. Un nombre qui est loin de répondre à la demande, aux yeux des oppositions et d’un regroupement national pour le droit du logement. 

François Legault y est allé d’un premier engagement avant même le déclenchement de la campagne électorale, prévu d’ici la fin du mois d’août. 

Le chef caquiste a promis vendredi d’ériger 11 700 logements sociaux et abordables sur les quatre prochaines années, si la CAQ forme de nouveau le gouvernement le 3 octobre. 

Il s’engage également à subventionner 7200 logements par le biais du Programme de supplément au loyer. Au total, la CAQ compte investir 1,8 milliard $ pour contrer la pénurie de logements dans l’ensemble des régions du Québec pendant un nouveau mandat.  

Les ministères des Finances et des Affaires municipales et de l’Habitation évaluent le manque de logements sociaux à 23 500 au Québec au cours des 10 prochaines années, a indiqué M. Legault en conférence de presse à Laval. 

Mais pour diverses raisons, les fonctionnaires sont incapables d’établir combien doivent sortir de terre annuellement. 

«On a donc pris sur nous, la CAQ, d’évaluer les besoins pour le prochain mandat à 11 700, donc à peu près la moitié du besoin des 10 prochaines années», a expliqué le premier ministre entouré de ses candidats lavallois. 

M. Legault souhaite travailler ce dossier conjointement avec les villes. 

«On a donné des pouvoirs aux municipalités, on va en donner encore plus. C’est important que les municipalités soient capables d’avoir les terrains qui sont bien placés pour développer ces logements sociaux et abordables», a-t-il affirmé. 

Guerre de chiffres

M. Legault a vanté son gouvernement d’avoir concrétisé ou en voie de l’être la construction de 15 000 logements qui avaient été mis sur pause sous les libéraux de Philippe Couillard. 

Une affirmation que réfute le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). «Moins du tiers ont été réalisés, parmi les autres, certains sont toujours menacés par un manque de financement», a réagi sur Twitter l’organisme pour le droit du logement. 

Tout comme le FRAPRU, les oppositions estiment insuffisante la promesse de la CAQ pour répondre aux besoins. 

Ce sont 50 000 logements manquants à travers la province, évoque plutôt le député libéral de Laval-des-Rapides, Saul Polo. 

«Juste pour la région de Laval, on parle de 10 000 familles qui ont des besoins en logement. On a 1300 familles qui sont sur des listes d’attente pour du logement social actuellement», relate M. Polo à La Presse Canadienne. 

«Le premier ministre essaie de minimiser, encore une fois, les besoins et surtout l’impact de la crise du logement. C’est une autre démonstration qu’il ne connaît pas et ne comprend pas les besoins en habitation des Québécois», poursuit-il. 

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’engage notamment à construire 50 000 nouvelles unités et à taxer les propriétaires de logements inoccupés non-résidants afin de les rendre disponibles sur le marché locatif. 

Québec solidaire reproche aussi au gouvernement caquiste de nier l’existence d’une crise du logement depuis trois ans. 

«François Legault lance sa campagne avec un pétard mouillé en promettant 12 000 logements, alors que 37 000 personnes sont sur la liste d’attente et qu’il n’a même pas été capable de respecter sa promesse de la dernière élection», a commenté le porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, dans une déclaration écrite. 

M. Legault a invité à la prudence dans l’analyse des listes d’attentes. Selon lui, il y a des «doublons», puisque certaines personnes sont inscrites à plusieurs endroits en même temps. 

«Équitables» pour tous les partis 

En annonçant un premier engagement avant qu’il déclenche la campagne électorale, M. Legault a aussi dû défendre la pertinence des élections à date fixe.

Selon la loi électorale, le déclenchement revient au gouvernement par décret. La campagne doit durer entre 33 et 39 jours. 

Le chef caquiste a martelé que les règles sont «équitables pour tout le monde» et n’avantagent pas le parti au pouvoir. 

«C’est peut-être le défaut de la qualité des élections à date fixe. On ne peut pas dire que les gouvernements profitent de l’effet de surprise, tout le monde sait qu’il y a une élection le 3 octobre. (…) Mais effectivement, on le voit, et ce n’est pas seulement la CAQ, on est déjà en précampagne électorale», a soutenu M. Legault. 

«C’est à chaque parti de décider de sa stratégie», a-t-il ajouté, rappelant que le PLQ a déjà présenté sa plateforme électorale. 

Aux yeux de M. Polo, la CAQ ne fait qu’alimenter le cynisme au sein de la population en procédant à une telle annonce à la veille d’une campagne électorale. 

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Note aux lecteurs: Corrige coquille dans le nom de famille de Saul Polo à la fin du texte.

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