Yannick Rieu : « inspirant, inspiré »

Tout récemment un couple d’amis précieux m’a offert un cadeau fantastique : un billet afin, samedi dernier, d’avoir le privilège d’assister à un concert jazz offert par le ‘’Yannick Rieu Génération Quartet » à la Maison musicale de Warwick.

Je connaissais un peu Yannick Rieu grâce à ses enregistrements et aussi pour l’avoir entendu une autre fois au Palais Montcalm de Québec, avec d’autres musiciens, dans un contexte différent de son propre ensemble. Je croyais que je savais un peu à quoi m’attendre, mais ce que j’ai entendu samedi a dépassé de beaucoup toutes mes attentes. J’ai été littéralement scotché par la qualité de la performance offerte par le quartet. Ce qui suit vous fera comprendre combien je suis sorti de l’expérience heureux et comblé.

Tout d’abord que je vous parle du saxophoniste fabuleux qu’est Yannick Rieu. En partant, il nous a offert une suite de pièces triées sur le volet, un mélange de compositions originales, touchantes de beauté et quelques ‘’standards » interprétés de façon hautement virtuose, intelligente et surtout tellement originale, que lesdits standards sont devenus des Yannick Rieu, tant ce musicien, par la facture unique de son art, a laissé son empreinte, sa signature propre sur le canevas de ces pièces.

Entendre Yannick dans son univers musical personnel a été pour moi ainsi que pour les nombreux spectateurs présents, plus qu’un bonheur, mais qui plus est, une surprise qui nous a laissés, touchés, envahis par l’émotion.

Yannick au saxophone ténor, par sa technique, sa maestria, sa maîtrise de l’art de l’improvisation, plus le contrôle impeccable de son instrument, du grave au aigu, font de lui un véritable épitomé de ce qui peut représenter un vrai saxophoniste jazz. Il est un grand parmi les grands. Et ce son! Large, riche, parfois feutré à souhait, parfois incisif à bon escient font que l’on pourrait dire qu’il sonne ‘’comme une tonne de briques ». Par contre, cette populaire expression ne répond pas à la mesure de la trame sonore offerte, j’oserais dire qu’elle est plutôt digne d’un monument comme le plafond de la Chapelle Sixtine!

Je ne saurais passer sous silence l’apport complice que représentent les formidables musiciens qui complètent le quartet. D’abord au piano, Jonathan Cayer. Maître de l’harmonie tout en finesse et d’à propos, doublé d’un improvisateur surprenant, inspiré, hors du commun.

À la contrebasse, Guy Boisvert. Que dire de plus que ‘’quel son » quel support. Musicien accompli aux improvisations mélodiques épicées de trouvailles incomparables. Enfin et non le moindre, André White. Batteur émérite, toujours à l’écoute (qualité rare) qui a assuré la rythmique avec maestria se faisant discret lorsque nécessaire et plus incisif quand l’occasion le commandait. Un musicien complet et complice à souhait. Ses ‘’four bar breaks » en dialogue avec les autres musiciens, ce que je me plais à appeler ‘’la récréation des batteurs » dans son cas sont de ceux que l’on devrait plutôt qualifier de RE CRÉATION.

En terminant, je vous affirme que la façon dont des gens comme le ‘’Yannick Rieu Generation Quartet », dans toute la modernité de leur invention, contribuent grandement à perpétuer et enrichir cet idiome que l’on nomme Jazz, cet art merveilleux qui ravive le choeur et chavire l’âme…

Enfin, aux gens qui oeuvrent à la promotion de la Maison musicale de Warwick, je crie BRAVO. Je les remercie pour la chaleur de leur accueil et pour le soin méticuleux dont ils font preuve afin de nous offrir une programmation tant classique que jazz de qualité. Nous sommes privilégiés d’avoir accès a un endroit si original et unique dans notre région.

Michel Lavoie

Victoriaville