Un nouveau défi et un appel du cœur pour Josée Desharnais

Josée Desharnais a passé 12 ans à la Chambre de commerce et d’industrie Bois-Francs-Érable (CCIBFE), dont cinq à titre de directrice générale. Vendredi (16 novembre) constituera sa dernière journée à ce poste qu’elle a aimé, mais elle promet de conserver, une fois à Québec, des liens étroits avec sa communauté.

Le 1er novembre, on apprenait qu’une des leaders de la CCIBFE quitterait ses fonctions pour rejoindre le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne. Alors qu’il ne lui reste que quelques heures au sein de l’organisme qu’elle dirige depuis plusieurs années, Mme Desharnais se dit sereine et constate le bon état de la CCIBFE.

Lorsqu’elle y fait son entrée en 2006, la Chambre venait à peine de prendre sa forme actuelle, c’est-à-dire de regrouper les régions des Bois-Francs et de L’Érable. «Il fallait se faire connaître et découvrir les besoins de ce grand territoire», se rappelle-t-elle. La représentativité accrue de cette chambre de commerce forte de tous ses membres devient un défi quotidien pour celle qui passera du département des communications à la direction générale.

Elle qui partait de la Sécurité alimentaire, et donc du secteur communautaire, se servira de son bagage, mais découvrira de nouveaux univers et des gens d’affaires engagés dans leur milieu. «On est tissé serré et c’est un des facteurs du succès de la CCIBFE», témoigne-t-elle.

Sans jamais s’attribuer les réalisations de l’organisme, Josée Desharnais reste toutefois capable de signaler les grandes réalisations auxquelles elle a assisté et participé. L’entrée des Femmes de carrière dans leurs rangs a fait une différence, entre autres. «On leur a offert une permanence, notamment, et avec elles, on est devenu une chambre de commerce beaucoup plus importante au plan des effectifs.»

À l’écoute des besoins

Représenter les gens d’affaires auprès des multiples paliers gouvernementaux et sur différents comités n’est pas un emploi de tout repos. La double mission de l’organisme, économique et sociale, l’amène à jouer sur plusieurs tableaux et devenir omniprésente dans ces paysages. Lorsqu’elle décrit ses responsabilités, elle parle surtout des autres, de leurs besoins à écouter et des réponses qu’elle a dû trouver, en concertation avec d’autres acteurs des différentes sphères côtoyées.

Parce qu’elle a dû se faire proactive pendant plus d’une décennie, tout a évolué autour d’elle, dont l’événement qui la rend si fière, le Panthéon de la performance, qui réunit bon an mal an quelque 800 convives du milieu des affaires et distribue 14 distinctions.

«Pour être assise sur cette chaise, ça prend un réseau de contacts incroyables», dit-elle au sujet d’un travail presque impossible sans l’apport de tout un chacun. D’ailleurs, ce qui l’a fait le plus grandir au cours de ces années, ce sont toutes les conférences offertes par la Chambre auxquelles elle a assisté et dont elle a tiré des leçons. «Les gens d’affaires qui viennent donner des conseils et livrer leurs expériences, je m’en suis vraiment abreuvée. Moi, j’ai toujours géré la Chambre comme une PME», exprime-t-elle. Sa rencontre la plus marquante reste celle avec Louis Garneau.

La mise au monde de l’Académie entrepreneuriale Desjardins constitue aussi pour elle un haut fait d’armes auquel a participé son organisation. À présent, elle quitte une chambre de commerce en santé et dont les importants dossiers de l’année ont été complétés.

Politique

Josée Desharnais se lance, en quelque sorte, vers l’inconnu. Partie à Vancouver l’été dernier pour peaufiner son anglais, elle a senti l’appel de la nouveauté dès son retour. Deux opportunités se sont présentées à elle, affirme-t-elle, et celle qui touchait la politique l’a interpellée. «La Chambre est apolitique, mais on travaille avec des dossiers politiques et c’est quelque chose que j’aimais bien», confie-t-elle.

Son poste de conseillère politique au cabinet du ministre de l’Agriculture, elle n’en connait pas encore tous les aspects, mais elle s’attèle au surpassement. «C’est un domaine où les enjeux sont nombreux. Il y a un parallèle avec les gens d’affaires. En agriculture, on parle de relève, d’innovation et d’exportation; des éléments qui m’appellent.» Elle n’envisage pas son départ comme une fin en soi, mais comme une continuation. «Je sens qu’il y a beaucoup de gens avec qui j’aurai la chance de travailler à nouveau et c’est ce que je désire.»

Puisqu’une de ses deux filles fréquente l’Université Laval, elle ira la rejoindre, de même que son amoureux, qui vit à Québec. «Le bonus, c’est que j’ai un appel du cœur», confie-t-elle. Elle se rapproche donc des siens et ajoute s’être immédiatement sentie chez elle, après ses premiers contacts au cabinet du ministre, à Québec.