Accueillir un chat en entreprise, un projet pilote de la SPAA

S’inspirant d’une expérience vécue en Saskatchewan, la Société protectrice des animaux d’Arthabaska (SPAA) recherche cinq entreprises intéressées à participer à un projet pilote et à agir telle une famille d’accueil en recevant un chat dans ses bureaux.

L’organisme cherche à augmenter le nombre de familles d’accueil et à favoriser les adoptions dans un contexte de surpopulation. La SPAA a atteint sa capacité maximale pour l’accueil des félins. « Ce problème de surpopulation n’est pas nouveau, mais il encore plus important et on essaie de trouver des façons pour régler ce problème », explique Geneviève Bouffard, membre du conseil d’administration, en entrevue avec le www.lanouvelle.net.

L’expérience vécue dans l’Ouest a produit d’intéressants résultats. « On  a constaté une augmentation de la productivité et de l’efficacité des employés sur place, comme un effet de zoothérapie. Un chat n’est pas vraiment dérangeant, et le voir circuler, pouvoir lui parler, cela fait une présence », souligne-t-elle.

Et fait important, l’animal bénéficie ainsi d’une meilleure qualité de vie. « Le chat circule, vit dans les bureaux. Pour lui, c’est assurément une meilleure qualité de vie plutôt que de se retrouver dans une petite cage », fait remarquer Geneviève Bouffard.

Le projet pilote que lance la SPAA vise donc à contrer la problématique de surpopulation, mais aussi à augmenter le nombre de familles d’accueil et favoriser une plus grande chance d’adoption. « Ça fera peut-être en sorte que les chats seront adoptés plus facilement. On veut tester ce projet pilote pour évaluer les impacts que ça peut avoir, observer si ça peut améliorer les adoptions et amener ainsi une meilleure qualité de vie des animaux, car c’est un stress pour eux de vivre ici avec les aboiements de chien », indique Mme Bouffard.

Cinq entreprises recherchées

Pour son projet d’une durée de trois mois, la SPAA souhaite recruter cinq entreprises de la région intéressées à avoir un chat sur place, comme en famille d’accueil. « La SPAA assume tous les frais. Elle est responsable de fournir la nourriture, la litière. Par contre, l’entreprise doit mettre à la disposition du chat une personne responsable pour le nourrir, l’abreuver et de nettoyer la litière », énonce-t-elle.

Une entreprise qui le désire peut même accueillir deux chats. « Deux chats en cohabitation, c’est possible, mentionne Geneviève Bouffard. Si deux chats s’entendent bien ensemble, si, par exemple, ils ont été reçus ensemble et qu’on ne veut les séparer en raison du stress à l’abandon, cela peut se faire. »

La SPAA cible particulièrement les entreprises à bureaux, les bureaux de professionnels, des entreprises où il n’y a pas de contraintes au niveau de la réglementation, tant les petites, moyennes ou grandes entreprises.  « Ce qu’il faut, c’est un lieu sécuritaire où il y a une présence constante d’employés. L’animal doit pouvoir compter sur une présence pour s’assurer que ses besoins sont comblés », précise-t-elle.

Évidemment, en raison des règles en vigueur, on évite les entreprises alimentaires.

La SPAA invite les entreprises intéressées à lui écrire à l’adresse info@spaavic.com. « Ce sera la même façon qu’on utilise avec les familles d’accueil. On leur fait remplir un document, on leur fournit les informations. Il est important de dire que les entreprises ne sont pas laissées à elles-mêmes. Si elles ont des questions, la SPAA est leur source de référence », assure la responsable du projet pilote. L’organisme peut aussi être joint au 819 758-4444.

La SPAA se donne environ trois mois pour évaluer l’expérience avec les cinq entreprises. « Si on voit, en un mois, que l’animal est adopté, on pourra lui en envoyer un autre. On verra en trois mois combien d’animaux auront été adoptés. On recueillera également les commentaires des entreprises. Si tout va bien, on étendra peut-être ce projet à plus grande échelle », fait savoir Geneviève Bouffard, ajoutant que si tout fonctionne bien, une banque d’entreprises potentielles pourrait être mise de l’avant pour le placement des chats.

« Actuellement ça déborde, rappelle-t-elle, nous sommes à capacité maximale de chats. C’est fou et le 1er juillet n’est même pas passé. On ne veut pas devoir en en refuser ou à en euthanasier. Ce sont les deux dernières solutions qui demeurent à la toute fin. »

Le projet pilote peut aussi générer des effets positifs sur le personnel de la SPAA.

« Même si nous n’étions pas à capacité maximale, ce projet pilote est intéressant pour nous. Quand les animaux sont ici, les employés doivent laver les cages, changer les litières. Moins il y a d’animaux, meilleure est la qualité de vie du personnel qui se trouve moins sollicité à courir à droite et à gauche pour subvenir aux besoins de tous ces animaux. À pleine capacité, comme c’est le cas présentement, ça crée une pression sur les employés », constate Geneviève Bouffard.

Et justement, le manque de personnel se fait aussi sentir à la SPAA qui est en période de recrutement pour des postes d’animalières et de patrouilleurs.

L’organisme doit aussi pourvoir le poste à la direction générale. Annie Verreault, qui agissait comme directrice générale par intérim, termine son contrat jeudi. Geneviève Bouffard lui succédera, assumant la direction générale par intérim jusqu’à ce qu’une nouvelle personne soit trouvée. « Tant mieux si on peut trouver rapidement, mais on prendra le temps qu’il faut pour dénicher la bonne personne pour ce poste permanent temps plein », conclut Geneviève Bouffard.