Le ministre Barrette veut forcer les omnis d’ici

Par heleneruel
Le ministre Barrette veut forcer les omnis d’ici
Le docteur Sylvain Labbé parle du projet de loi 20 comme d’une «matraque». (Photo TC Media – Archives)

VICTORIAVILLE. «Justement, vous avez, chez vous, quatre GMF (groupes de médecine familiale) qui refusent d’ouvrir le soir et les fins de semaine. Ça, ça achève!», menace le ministre Gaétan Barrette lorsqu’on lui parle de la grogne des omnipraticiens concernant son projet de loi 20.

En entretien avec La Nouvelle Union le docteur Barrette ajoute qu’il n’y aurait pas de projet de loi 20 si les services étaient donnés.

«On n’avait pas besoin d’un projet de loi matraque, parce qu’on était déjà en mode de recherche de solutions pour améliorer l’accessibilité aux services médicaux. Le diagnostic est le bon, mais le plan de traitement que propose le ministre est inapproprié», soutient le docteur Sylvain Labbé, président de l’Association des omnipraticiens des Bosi-Francs. L’Association regroupe près de 200 médecins d’Arthabaska, de l’Érable, de Drummondville et de Thetford Mines.

Mercredi et jeudi soir, à Montréal et à Québec les omnipraticiens se sont réunis pour des séances d’information sur le projet de loi 20 visant à imposer des cibles aux omnipraticiens notamment quant aux patients qu’ils doivent inscrire.

En compagnie d’une quarantaine de ses collègues, le docteur Labbé a participé à la séance tenue à Québec jeudi soir, en est revenu encore plus convaincu que le projet de loi était «inacceptable, point à ligne. Avec ses quotas, le projet de loi résume l’activité médicale à une simple équation mathématique. Comme dit notre président, Dr Louis Godin, un patient, ça parle!».

Le docteur Labbé dit qu’en région le projet de loi pourrait compromettre le fragile équilibre entre la consultation en cabinet, le travail de deuxième ligne à l’hôpital, dans les résidences pour personnes âgées et en soins palliatifs. Dans les hôpitaux régionaux, il arrive fréquemment, précise-t-il, que l’hospitalisation se fasse avec l’omnipraticien qui suit son patient traité par l’équipe de spécialistes. «Avec les ratios qui lui seraient imposés, un médecin pourrait être découragé de faire de la deuxième ligne.»

En établissant des ratios pour le temps de consultation, cela signifierait qu’un médecin devra dire à son patient qu’il ne peut entendre que la première de ses trois complaintes, dit encore le docteur Labbé.

Il ajoute que les omnis d’ici avaient déjà commencé à trouver des solutions pour favoriser l’accès des patients en important le système américain d’«accès adapté». Par cette organisation, les médecins dégagent quotidiennement une plage horaire de façon à accueillir les rendez-vous de dernière minute. Quelques bureaux devraient exploiter cette manière de faire au cours des prochaines semaines.

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