Les maisons d’Andrée-Anne Laberge exposées au Carré 150

Les maisons d’Andrée-Anne Laberge exposées au Carré 150
Andrée-Anne Laberge (Photo : www.lanouvelle.net)

En plus de la maison grandeur nature que l’artiste a modifiée à Ham-Nord, Andrée-Anne Laberge expose ses maisons au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger du Carré 150 jusqu’au 6 novembre.

C’est son travail de fin de maîtrise universitaire qu’on peut apprécier. Elle y présente, en effet, le résultat de ses recherches et expérimentations des deux dernières années. 

L’exposition intitulée « In medias res » regroupe cinq peintures à l’encaustique, une dizaine de sculptures de petit format et quatre dessins (des superpositions rétroprojetées), en plus de deux vidéos (une qui présente la maison de Ham-Nord et l’autre est une maquette qui est détruite par le feu). Point commun : toutes les œuvres représentent des maisons (en tout ou en partie), souvent en péril. Même qu’Andrée-Anne explique que les sculptures qu’elle présente sont en partie brûlées à l’intérieur.

« Je suis partie de l’idée de la catastrophe et du temps suspendu qui en découle », explique-t-elle. D’ailleurs, avant même sa maîtrise, Andrée-Anne avait commencé à faire des maisons en feu à l’encaustique. Elle a donc repris cette inspiration qu’elle a amenée plus loin dans son travail.

Le thème de l’habitat également est inclus dans cette exposition. « L’habitat, autant d’un point de vue écologique (le rapport à notre environnement et comment on épuise les ressources) et aussi du point de vue plus personnel. La maison dans son sens plus privé. Je questionne le paradigme de la maison, l’endroit où on se sent le plus en sécurité. Ici, mes maisons sont en mauvais état ou sur le point de basculer. C’est l’idée de l’habitat mis à mal, mais qui se tient toujours debout », énonce-t-elle.

On retrouve beaucoup de blanc dans ses œuvres, cette teinte amenant, dans un environnement stressant, un peu de calme et de sérénité, d’effacement aussi. Des sculptures de maisons aussi, dont la position est précaire et qui peuvent basculer à tout instant, mais qui restent tout de même en place.

Andrée-Anne confie que l’image de la petite maison blanche de Chicoutimi, qui a tenu le coup face aux inondations (en 1996), l’a toujours marquée et représente pour elle une résilience face à la catastrophe.

L’artiste est bien heureuse de pouvoir présenter cette exposition solo au Carré 150. Un petit nombre de personnes de la région ont eu cet honneur jusqu’à maintenant. Plusieurs expositions collectives ont toutefois accueilli des œuvres d’artistes qui sont installés dans la région. D’ailleurs, pour Andrée-Anne Laberge, le centre d’art est, depuis son ouverture, une source de motivation, espérant un jour y exposer elle-même. C’est maintenant chose faite.

Maintenant que cette étape de la maîtrise est derrière, Andrée-Anne poursuit son parcours artistique. À son agenda, plusieurs sorties dans le cadre « d’artistes à l’école ». « J’adore travailler avec les jeunes et pourrai partager avec eux mes nouveaux acquis en sculpture et en dessin », termine l’artiste qui a également une formation en enseignement.

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