Paroisse Sainte-Victoire : l’avenir des églises au coeur d’une consultation publique

Paroisse Sainte-Victoire : l’avenir des églises au coeur d’une consultation publique
À l'avant, le curé David Vincent et le président de la Fabrique Sainte-Victoire, Samuel Dupuis-Houle. Derrière, le conseil municipal du district Charles-Mailhot et membre du comité de pérennisation, Patrick Paulin, la conseillère en architecture et patrimoine, Mélanie Pinard et le maire André Bellavance. (Photo : Ville de Victoriaville)

La Fabrique Sainte-Victoire lance une consultation publique pour éventuellement se doter d’une orientation claire sur l’avenir de ses églises Sainte-Victoire, Notre-Dame-de-l’Assomption et Sainte-Famille.

Plusieurs éléments, comme la baisse de revenus, l’augmentation des coûts d’entretien, la détérioration des bâtiments et les changements dans la pratique religieuse ont suscité la réflexion et mené à cette consultation qui constitue la première étape d’un processus.

Rendu à la croisée des chemins, le conseil de la Fabrique souligne la nécessité «d’une démarche de réflexion profonde pour assurer la pérennité de ces lieux patrimoniaux et historiques importants».

Mélanie Pinard a expliqué les étapes à venir. (Photo www.lanouvelle.net)

Cette première consultation, qui sera suivie d’une autre à l’automne, vise à connaître les valeurs, les préférences de pratique et la vision de tous les citoyens, non seulement des paroissiens.

La population peut ainsi s’exprimer en ligne, d’ici le 25 juin, en répondant au sondage sur le site Internet de la Ville à l’adresse vic.to/patrimoine/eglises. Les citoyens, désireux de remplir le formulaire, peuvent se procurer le document en format papier dans les trois églises, de même qu’à l’hôtel de ville.

Le Conseil du patrimoine religieux du Québec accompagne les intervenants dans cette démarche de consultation. «Contrairement à la plupart des paroisses qui se mettent en action une fois les fermetures annoncées, nous sommes assez innovateurs en décidant d’agir bien avant parce qu’il faut savoir qu’un projet de transformation complète ou partielle d’une église peut prendre de cinq à huit ans. Il faut donc s’y prendre d’avance et avoir des alternatives», a exposé Mélanie Pinard, conseillère en architecture et patrimoine à la Ville de Victoriaville.

La consultation constitue un exercice essentiel, a souligné le président de la Fabrique Sainte-Victoire, Samuel Dupuis-Houle. (Photo www.lanouvelle.net)

Cette première étape de consultation, a-t-elle expliqué, vise à comprendre les valeurs des citoyens et des paroissiens afin d’élaborer un cadre avec des limites à l’intérieur desquelles il sera possible d’intervenir.

«Une fois cette information obtenue, on sera alors en mesure d’identifier des projets et de solliciter, de nouveau, la population et les paroissiens. Donc, cet été, a-t-elle résumé, on analysera toutes les données de cette première consultation. Puis, à l’automne, on reviendra avec une autre consultation plus dynamique pour demander des idées aux gens.»

Le président de la Fabrique Sainte-Victoire, Samuel Dupuis-Houle, a qualifié «d’essentiel» l’exercice qu’on met de l’avant. «C’est important pour nous de comprendre la réalité des paroissiens et de tous les citoyens de Victoriaville afin de mieux adapter la nôtre. L’histoire de la religion au Québec constitue une grande étape de notre société. On espère ne pas l’oublier avec les années qui viennent», a-t-il exprimé, invitant les gens à participer à la consultation, ce qui permettra de «comprendre où on doit aller».

«C’est à nous de nous exprimer pour dessiner et écrire l’avenir de ces bâtiments qui font déjà partie de notre histoire», a fait valoir le curé David Vincent. (Photo www.lanouvelle.net)

Dessiner l’avenir

Le curé de la Paroisse Sainte-Victoire, David Vincent, a aussi insisté sur l’importance de la consultation. «À nous de nous exprimer pour dessiner  et écrire l’avenir de ces bâtiments qui font déjà partie de notre histoire. Ce qu’on va mentionner aura de l’importance pour les choix qu’on fera plus tard», a-t-il fait valoir.

Il considère importante cette étape. «C’est une chance de pouvoir créer, innover, dessiner l’avenir de la paroisse, mais aussi de l’avenir d’un bien qui a toujours été collectif. Les églises ont permis à des histoires de s’écrire. Plusieurs étapes de vie ont été vécues et ont traversé ces bâtiments qui évoquent notre histoire et notre patrimoine. On souhaite que ces lieux puissent conserver, pas nécessairement leur vocation religieuse, mais ce rayonnement communautaire, collectif, historique et patrimonial», a-t-il souligné, tout en rappelant que l’aspect religieux change au Québec.

«Les pratiques changent. On ne peut rester inactif et se fermer les yeux. Le statu quo n’est pas possible. Le changement, même s’il peut susciter des angoisses et de l’insécurité, n’est pas négatif en soi, a soutenu le prêtre. Et nous avons cette chance d’y réfléchir avec d’autres partenaires. Cette réflexion ne relève pas des seuls paroissiens. Il faut la faire collectivement parce que le rayonnement de ces lieux qu’on voit partout dépasse l’appartenance à la religion chrétienne. Il devient important de donner notre opinion sur leur devenir.»

Il était logique et incontournable pour la Ville d’accompagner la Paroisse, a confié le maire André Bellavance. (Photo www.lanouvelle.net)

Le maire de Victoriaville, André Bellavance, a confié qu’il était tout à fait logique pour la Ville de s’impliquer dans pareille démarche. «Pour nous, soutenir et accompagner la Paroisse, c’était un incontournable», a-t-il dit, d’emblée, tout en saluant son ouverture et  son courage. «Cette réflexion est nécessaire, mais c’est courageux pour la Paroisse de prendre acte et de se dire : qu’est-ce qu’on fait? C’est la bonne façon de voir les choses pour assurer la pérennité des bâtiments qui font partie intégrante de notre communauté», a signalé le premier magistrat, rappelant que la Paroisse Sainte-Victoire a vu le jour en 1861, la même année que Victoriaville.

Pour le maire Bellavance, les églises font partie «de notre identité». «Elles ont marqué les citoyens lors de moments heureux, baptêmes, mariages, célébrations de Noël, et à des occasions plus tristes, comme les funérailles.

Les églises constituent aussi des lieux communautaires. Elles ont longtemps été le lieu principal des rassemblements. J’ai toujours considéré les perrons d’église comme les précurseurs des médias sociaux, là où on apprenait toutes les nouvelles», a-t-il terminé, en invitant les gens à répondre en grand nombre au questionnaire. «C’est important parce qu’il s’agit de notre héritage, de notre patrimoine.»

«Chacun doit s’exprimer pour qu’on puisse construire ensemble une vision d’avenir afin de protéger notre patrimoine victoriavillois», a indiqué Patrick Paulin, conseil municipal du district Charles-Mailhot et membre du comité de pérennisation. (Photo www.lanouvelle.net)

Prenant ensuite la parole, le conseil municipal du district Charles-Mailhot et  membre du comité de pérennisation, Patrick Paulin, a lui aussi souligné l’importance pour la Ville d’accompagner la Paroisse dans cet exercice visant à «se doter d’outils et d’une meilleure compréhension des potentiels entourant le devenir des églises de notre municipalité». «N’oublions pas que nos églises sont des châteaux, parole de Français», a-t-il dit, avec un brin d’humour.

La consultation, selon lui, doit rassembler le plus grand nombre de citoyens possible. «Oui, en premier lieu, les paroissiens, mais aussi l’ensemble des citoyens pour qui ces lieux ont marqué les jalons de leur histoire et de leur identité. Chacun doit s’exprimer pour qu’on puisse construire ensemble une vision d’avenir afin de protéger notre patrimoine victoriavillois, notamment le patrimoine religieux», a-t-il soutenu, ajoutant que les églises «ont marqué notre imaginaire collectif et constituent un actif au patrimoine et à la mémoire d’un peuple».

 

 

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C’est à réfléchir
C’est à réfléchir
21 jours

C’est très bien d’essayer de sauver le patrimoine c’est l’histoire d’une paroisse ,mais il y a eu dans le passé une très grande histoire qui faisait partie de ce passè soit dans le Canada et ensuite dans la province de Québec ,allez vous promener dans le cimetière St Christophe d’Arthabaska et vous verrez beaucoup de personnages qui ont fait partie de l’histoire du Canada et de la province de Québec ,et aussi allez voir dans cette église il y a un banc qui était réservé à Sir Wilfrid Laurier ,ce même homme demeurait sur la rue Laurier dans la maison aujourd’hui musée Laurier, cet homme fut le premier canadien français à être élu premier ministre du Canada et le premier catholique aussi ,alors cette municipalité avait beaucoup d’histoire et après un référendum consultatif le conseil du temps qui était composé de 11 personnes avec le maire et toutes ces personnes excepté une étaient toutes natives de victo ,alors vous pouvez voir que c’était facile de choisir le nouveau nom de la nouvelle ville, et en plus l’année même le nom d’Arthabaska fut biffé de la carte routière provinciale sur les ordres de cette ville ,alors vous pouvez voir quand on parle de conserver les églises pensez au gens d’Arthabaska qui ont ont subis cet affront ,alors il est toujours temps de réparer cette erreur ,alors alléluia le Seigneur est bon ,amen