La région : «l’épicentre du fromage en grains»

Par Manon Toupin
La région : «l’épicentre du fromage en grains»
L'auteure, Pascale Lévesque, a roulé 700 kilomètres aux 4 coins du Québec pour réaliser ce guide qui fait skouic skouic. (Photo : gracieuseté)

La journaliste Pascale Lévesque vient de publier «La route du fromage en grains, un guide qui fait skouic, skouic». Dans ce livre, elle fait le tour du Québec et un arrêt dans la région qu’elle qualifie comme «l’épicentre du fromage en grains».

En entretien téléphonique, elle a expliqué qu’il était tout à fait normal de parler de cette région où est née la poutine. «Et on ne relancera pas le débat à savoir où exactement (Drummondville ou Warwick)», a-t-elle indiqué d’entrée de jeu.

Elle n’avait que de bons mots pour les fromagers du coin, dont Jean Morin de la Fromagerie du Presbytère, Marc-André Gosselin de la Fromagerie Victoria et Sébastien Lemay de Fromage Warwick. «Vous aviez aussi une grosse usine à Warwick, la fromagerie Côté qui a contribué à démocratiser le fromage en grains», a-t-elle mentionné.

Pascale Lévesque n’a pas manqué non plus d’ajouter que dans la région, il y avait abondance de fromageries, mais aussi de traditions. Elle a rappelé que le fromage «sur la fesse» ou dans le p’tit lait n’existait pas partout, tout comme les rassemblements dont le prétexte est le fromage, si populaires notamment à Sainte-Élizabeth-de-Warwick le vendredi.

Elle a eu l’idée d’écrire ce guide, étant une adepte du fromage en grains, sa collation de prédilection lorsqu’elle doit faire de la route. «J’avais aussi commencé un blogue sur le fromage en grains, juste pour comparer, et afin de retoucher à l’écriture», mentionne-t-elle.

Mais c’est après être entrée en contact avec Sébastien Lemay de Warwick et d’avoir visité l’étable où sont élevées les vaches Jersey puis d’avoir goûté le fromage encore tout chaud qu’elle a réalisé que derrière ce fromage, il y avait des innovateurs, des créateurs. «Ça a été un catalyseur, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça», confie-t-elle.

Une carte à suivre pour une randonnée fromagère

Son guide est l’outil parfait pour en apprendre davantage sur cette industrie fromagère qui permet à de nombreuses régions du Québec de transformer leur lait et d’en faire profiter les citoyens (et eux de manger local).

Il commence avec une préface signée par Christian Bégin qui vient, en partant, redonner une certaine noblesse à ce fromage que la majorité tient pour acquis. Pascale Lévesque raconte ensuite la petite histoire du fromage en grains au Québec puis aborde la gestion de l’offre (les quotas laitiers) avant de faire un portrait des différentes races de vaches qu’on retrouve dans la province. La poutine, mets impensable sans la crotte de fromage, a également droit à son chapitre.

Il s’agit d’un livre complet qui propose même quelques recettes à base de fromage, dont une pour fabriquer du fromage en grains. Il y a également des pages réservées à la dégustation de la crotte et avant de prendre la route, un lexique qui permet de s’entendre sur les différents vocables reliés à l’industrie.

Puis la route des fromages commence. Chaque région a sa place et sa carte afin de bien situer les différentes fromageries. Les qualités et les histoires de chacune sont racontées. Il s’agit donc d’une belle carte fromagère du Québec que l’auteure propose de conserver dans sa voiture, comme référence lors des prochains road trips.

Parmi tous les fromages dégustés au cours de cette randonnée de 7000 km, l’auteure du guide ne peut pas dire lequel était le meilleur. «Chacun est bon puisque chacun a son histoire», élude-t-elle. Elle a été impressionnée de la qualité des produits offerts dans la province, mais aussi de tous ces agriculteurs qui ont choisi de valoriser un produit local, plutôt que de l’exporter.

La proximité du lait et de son lieu de transformation constitue, selon elle, une bonne façon de conserver l’argent dans les régions et de diminuer le gaspillage alimentaire grâce à un circuit court. «L’objectif du livre est également d’appuyer le «manger local». Quand on voit tout le travail qu’il y a derrière le fromage en grains, tout le souci qu’on y met, on a moins le goût de gaspiller», ajoute-t-elle. Cette dernière espère également que les lecteurs, qui auront découvert les histoires des fromagers, aient envie d’aller à leur rencontre. «Qu’ils se créent des souvenirs et vivent de nouvelles expériences. C’est aussi une belle manière de voyager», précise-t-elle.

De son côté, Pascale Lévesque est parvenue, à partir de trois ports d’attache (Sainte-Geneviève, Québec et Montréal), à découvrir presque l’ensemble des fromageries. «J’ai loué des chambres d’hôtel seulement au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Gaspésie», souligne-t-elle.

Son livre, publié aux Éditions de l’Homme, est disponible en librairie. L’auteure pourrait bien l’adapter pour le tourisme international et français. Il lui serait également possible d’élargir le bassin fromager en explorant les fromageries du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.

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