Le manque de places en services de garde nuit à l’activité économique, selon la FCCQ et la CCIBFE

Communiqué
Le manque de places en services de garde nuit à l’activité économique, selon la FCCQ et la CCIBFE
Robert Béliveau (Photo : gracieuseté)

Alors qu’on fait état du manque criant de places de qualité en services de garde éducatifs à l’enfance, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie Bois-Francs/Érable (CCIBFE) en compagnie de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et de l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ), constatent que cette situation a également un impact important sur les entreprises du Québec et nuit à l’activité économique.

Conséquences directes sur le développement des entreprises

En effet, selon un coup de sonde réalisé auprès des membres de la FCCQ et de la CCIBFE, plus de 85 % des répondants affirment que le manque de places en services de garde éducatifs a des conséquences directes sur le développement de leur entreprise. Parmi les effets négatifs tangibles, notons le retard dans le développement de nouveaux projets et les difficultés pour avoir accès à de nouveaux capitaux et le recrutement de nouveaux talents.

« Le milieu d’affaires aux quatre coins du Québec nous exprime plus que jamais que le manque d’offre pour des services de garde éducatifs a des conséquences directes sur l’essor de leur entreprise. On observe des tendances lourdes sur l’activité économique, notamment en raison d’une hausse du taux d’absentéisme et d’employés qui doivent diminuer leurs heures travaillées. La conciliation travail-famille représente un défi pour de nombreux parents et trop souvent, ce sont des femmes qui en sont les victimes et qui doivent retarder leur retour au travail », a déclaré Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

Un outil puissant pour l’économie

Des données qui font écho aux nombreux témoignages que l’on trouve sur les réseaux sociaux et dans les médias. Dans un sondage maison mené par l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) auprès des familles sans place, près de 50% des répondantes subissent présentement une baisse de leur salaire, parce qu’elles doivent travailler à temps partiel, prolonger leur congé parental ou carrément retourner à la maison, alors que l’autre 50% des répondantes cherchent désespérément une place avant la fin de leur congé parental.

« À l’origine, un des objectifs des services de garde éducatifs à contribution réduite était de permettre aux femmes d’accéder au marché du travail. Un objectif atteint avec plus de 70 000 femmes qui y ont accédé grâce à cette mesure. Force est de constater que la pénurie actuelle est un pas en arrière. Le manque de places empêche des milliers de femmes de poursuivre leur carrière et de participer pleinement à la société québécoise » a affirmé Geneviève Bélisle, directrice générale de l’AQCPE.

Enjeu important en région

« Malgré la pandémie, plusieurs secteurs d’activités dans de nombreuses régions sont confrontés à une pénurie de main-d’œuvre. En raison du manque de places en services de garde éducatifs, il devient plus difficile d’attirer des travailleurs à venir s’installer en région pour combler les besoins en main-d’œuvre. À Rimouski, par exemple, il y a près de 500 enfants en attente d’une place. On a observé une mobilisation récente, entre autres, de la communauté d’affaires de Lac-Mégantic. Sans compter les préoccupations exprimées en Abitibi-Témiscamingue ou en Mauricie, pour ne nommer que celles-ci », a ajouté M. Milliard.

« Il ne faut pas que le manque de place de qualité en services de garde éducatifs soit un frein au maintien et au développement de l’économie dans toutes les régions du Québec. Surtout dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, où chaque emploi compte » a renchéri Samir Alahmad, président de l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ).

« Après avoir échangé sur le sujet avec certains membres de la CCIBFE, nous constatons que le manque de places en services de garde éducatif à l’enfance freine de façon notable le développement des entreprises de notre région. Sans conteste, cela nuit à l’attractivité de notre territoire dans la mesure où il est difficile d’attirer les travailleurs dans ces conditions. De plus, cet enjeu de société ayant une répercussion directe sur les entreprises et les couples, il faut avouer qu’un des 2 parents écope. Et en toute honnêteté, très souvent, c’est la mère qui en assume les frais. De ce fait, les couples ont des choix déchirants à faire entre la famille et la carrière. Nous devons faire face à ce défi et le surmonter ensemble », a ajouté Robert Béliveau, président de la CCIBFE.

Des conditions gagnantes pour la relance économique

« À l’instar des préoccupations du ministre de la Famille pour le développement des places, on sent une préoccupation palpable de la communauté d’affaires du Québec sur cet enjeu. Nous croyons qu’il serait nécessaire à ce stade-ci que des ministres à vocation économique, sociale et régionale s’impliquent également, afin qu’un plan d’accélération de places de qualité en services de garde éducatifs soit déployé pour les 50 000 enfants en attente. Il faut mettre en place toutes les conditions gagnantes pour une relance économique forte et durable », a poursuivi M. Milliard.

Recommandations pour pallier le manque de places

Afin de corriger la situation et d’atténuer les impacts économiques du manque de places, le gouvernement doit agir sans délai. La FCCQ la CCIBFE proposent de procéder à une réelle évaluation du taux de couverture des places offertes dans les différentes régions du Québec et d’offrir une formation accélérée pour l’éducation en service de garde, techniques d’éducation à l’enfance et formation à la petite enfance.

« Il est impératif de débloquer le développement des services de garde éducatifs pour le milieu économique et pour la société québécoise dans son ensemble. Nous souhaitons jouer un rôle actif dans ce dossier et nous nous rendons disponibles pour discuter de solutions d’accélération du développement avec le ministre Lacombe. Nous répondrons aussi présents dans l’exercice des consultations publiques qu’il entend mener pour son livre blanc », a conclu Charles Milliard.

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