L’amour : de Facebook à Saint-Ferdinand

Par Manon Toupin
L’amour : de Facebook à Saint-Ferdinand
L'océan Atlantique qui les séparait n'a pas empêché leur amour. (Photo : www.lanouvelle.net)

Sonia Nolet et Philippe Boite se sont rencontrés par le biais d’un groupe Facebook portant sur l’Irlande. Aujourd’hui, ils sont mariés et habitent une grande maison ancestrale à Saint-Ferdinand. Tout un parcours leur a permis de se rejoindre puisqu’il est Belge d’origine, habitant la France et elle est Québécoise. Une belle histoire d’amour à partager en cette semaine de la Saint-Valentin.

C’est dans cette belle grande maison, face au lac William, que le couple habite depuis 2014. Dans cette même résidence, ils opèrent une maison d’édition, La Draiglaan. Ils sont amoureux, associés, amis, confidents, bref ils sont contents d’avoir osé se rencontrer eux qui, normalement, n’auraient pu le faire, n’eût été d’Internet et plus particulièrement de Facebook.

C’est par ce réseau social qu’ils ont communiqué ensemble la première fois en 2011. Lui avait partagé un article sur la «Claddagh Ring», une bague traditionnelle irlandaise qui symbolise l’amour, l’amitié et la loyauté sur un groupe ayant comme sujet l’Irlande. Sonia, qui habitait alors Victoriaville, a été intéressée par le sujet, lu l’article en question et lorsqu’elle a cliqué sur la photo de Philippe, ça a cliqué pour elle. De fil en aiguille, ils en sont venus à échanger des conversations écrites et ont découvert qu’ils avaient beaucoup de choses en commun. Une relation épistolaire des temps modernes, pourrait-on dire. «On s’est écrit, mais on a aussi parlé au téléphone. On a appris à se connaître en se posant des questions», explique Sonia qui ajoute avec fierté que Philippe a été son premier lecteur européen puisqu’elle est aussi auteure de plusieurs livres.

Une relation née sur Internet et qui a bien tourné malgré le fait que plusieurs rencontres en ligne n’ont pas toujours la même fin heureuse. «Les belles histoires se basent sur la transparence et l’honnêteté», indique le couple.

En effet, pour eux, pas question de photos truquées pour mieux paraître ou d’embellissement de la réalité. Ils ont commencé leurs échanges dans la vérité, demeurant eux-mêmes. Et ce qu’ils ont découvert l’un de l’autre leur a plu. Ils parlent même d’un coup de foudre pour qualifier leur relation, avant même de s’être vus en personne.

Après 11 mois d’écrits et de discussions, en avril 2012, Philippe devait venir rencontrer, «en vrai», Sonia au Québec. Mais au dernier moment, alors que Sonia croyait qu’il était en vol, il lui a dit qu’il ne viendrait finalement pas. Une décision difficile, mais qui se comprend si on considère que les deux étaient en couple chacun de leur côté lorsque leur histoire a commencé et que Philippe n’avait jamais mis les pieds en Amérique.

Un faux départ qui a suscité colère et trahison du côté de Sonia, qui comprenait toutefois ce qu’il pouvait vivre. C’est pourquoi c’est elle qui, en juin de la même année, a pris l’avion pour le rejoindre à Paris. À son arrivée à l’aéroport, Philippe était là pour l’accueillir et ce premier contact réel s’est déroulé comme dans un film. «Je me demandais comment il fallait que je réagisse. Quand je l’ai reconnu, j’ai crié, je suis partie à courir, ma valise a volé dans les airs et nous nous sommes sautés dans les bras», raconte-t-elle. Philippe, de son côté, se souvient que lorsque leurs lèvres se sont touchées, ils ont senti une décharge électrique. Pas relié au coup de foudre, mais bien à l’électricité statique des tapis et à l’air sec de l’avion. «C’était comme si ce n’était pas la première fois qu’on se rencontrait. Je n’ai jamais eu l’impression de voir un étranger», ajoute-t-elle.

En fait, le couple a appris à se connaître avant de se rencontrer, ce qui n’est pas nécessairement le cas habituellement. Donc à leur premier contact, chacun savait comment l’autre fonctionnait. Une belle première visite de trois jours qui est venue confirmer que malgré la différence de pays, de culture, d’âge (10 ans), d’éducation, les deux étaient faits l’un pour l’autre.

Quelques mois plus tard, Philippe a finalement pris l’avion et est venu visiter Sonia à Victoriaville pendant trois semaines. «Je suis allée le chercher à l’aéroport de Québec. C’était très touchant parce qu’il y avait une dame qui attendait quelqu’un qu’elle rencontrait aussi pour la première fois, comme nous précédemment. Elle était très anxieuse alors moi je l’ai réconfortée», se souvient-elle.

Par la suite, il y a eu des visites de Philippe de quelques mois, comme lui permettait son permis de visiteur et son travail d’ingénieur, puis il repartait pour respecter les règles. Tout cela jusqu’en 2015 moment où il a décidé de régulariser sa situation et devenir résident permanent (après avoir été refoulé à la douane). Et dès que sa situation s’est régularisée et qu’il a obtenu ses papiers de divorce, il s’est empressé de demander Sonia en mariage. C’est donc le 19 août 2017 que le couple s’est dit «oui» officiellement. Un véritable mariage d’amour, pour le plaisir de partager avec les amis et la famille cet important moment de vie.

D’ailleurs, plutôt que les traditionnelles alliances de mariage, le couple a opté, ce qui est très significatif, pour deux bagues de Claddagh dont les trois symboles (amour, amitié et loyauté) guident leur relation depuis le départ.

Philippe a adopté le Québec

En venant s’installer au Québec, Philippe s’est adapté à la province, au pays, à la région. Tous ses repères ont changé, mais il ne semble pas avoir de regrets. Peut-être de certains aliments, mais pas des frites (belges) qu’il consomme maintenant sous forme de poutine. Bien sûr, il aurait aimé être plus près de ses deux grands enfants, mais pour le reste, il s’est bien intégré.

Au départ, il avait un peu de difficulté à comprendre l’accent québécois et aussi certaines expressions, surtout lorsque les gens parlaient rapidement. Mais il a rapidement adopté plusieurs expressions. «Il connaît bien la déclinaison des sacres», note son épouse en riant. Tout s’est fait tranquillement, progressivement et jusqu’à la COVID-19, les deux retournaient fréquemment en Europe. Mais depuis mars 2020, les voyages sont interrompus, bien entendu.

La maison d’édition qu’ils gèrent tous les deux fonctionne au ralenti depuis une année bientôt, mais n’est pas en péril. Philippe de son côté ne s’ennuie jamais, faisant désormais de la photographie. Sonia, pour sa part, travaille depuis peu à la Maison des jeunes.

Et lorsqu’on leur demande quel est le secret de leur couple, ils mentionnent tout de suite l’importance de la communication. «Il faut rester clairs et transparents». Sonia insiste également sur la sincérité, mais aussi sur l’importance de la spontanéité. «Il vaut mieux se tromper que de regretter. Si tu as un bon instinct sur quelque chose, il faut y aller», explique-t-elle. C’est d’ailleurs grâce à cet instinct qu’ils ont osé faire le saut et passer de l’écrit à la réalité.

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Marcel
Marcel
3 mois

Attention un balai neuf ça balaie toujours bien

Marie -Claire Dumais
Marie -Claire Dumais
3 mois

J’adore ces bagues