Cri du coeur

Tribune libre
Cri du coeur
(Photo : Archives)

Quelque part vers la fin des années 1980, mon histoire avec le Club de patinage artistique (CPA) Plessisville débutait, j’avais 4 ou 5 ans. À ce moment-là, personne ni moi-même ne savait où cela me mènerait. Trente ans plus tard, je suis toujours aussi fière d’être membre au sein du CPA Plessisville et de m’y impliquer en tant qu’entraîneure et parent.

Le CPA Plessisville c’est quoi : c’est un club de patinage artistique, membre de patinage canada et qui a pour mission d’accompagner toutes personnes désireuses d’apprendre les rudiments du patin, soit de l’initiation jusqu’au développement complet d’athlète. Par ailleurs, l’une de nos plus grandes valeurs est l’entraide : peu importe notre opinion personnelle, nous priorisons toujours le développement du patineur en fonction de ses propres objectifs, qu’il pratique ce sport pour le plaisir ou bien avec une vision de compétition.

Ce qui nous tient à cœur, c’est que chacun de nos patineurs se sente valorisé et se sente traité de manière égale aux autres, peu importe son niveau de patinage. Cette ambiance d’entrainement saine les amène à s’affirmer et à appliquer une rigueur de travail leur permettant de mettre les efforts nécessaires pour atteindre leurs objectifs.

Bien entendu, il arrive qu’il y ait des différends, mais nous gardons toujours en tête les enfants du CPA Plessisville et leurs familles. Vous, les dirigeants de la Ville de Plessisville et de la Paroisse de Plessisville, vous avez des différends, mais est-ce que vous pensez aux développements des citoyens de demain? Est-ce que vous favorisez la vie en région? Moi, j’ai toujours rêvé de vivre à Plessisville, qu’il s’agisse de la Paroisse ou de la Ville. Présentement, je suis tellement fière de ne pas y habiter, de ne pas être prise dans cette «guerre d’idéaux».

Imaginez-vous, si je me construis une maison en Paroisse de Plessisville, car les terrains en ville sont de plus en plus rares, je ne serais même pas capable de faire patiner mes propres enfants au CPA Plessisville : mon club d’appartenance, celui que je suis si fière de représenter, celui que j’essaie de faire prospérer, celui où j’entraîne des patineurs de tous les niveaux; de 3 ans à l’âge adulte, de l’apprentissage de la base du patin, à la scène provinciale ou encore tout simplement pour le plaisir. Il faudrait que j’envoie mes enfants patiner à Princeville ou à Victoriaville. Probablement que je les accompagnerais et que je me rebâtirais une clientèle là-bas, mais elle n’aurait probablement pas les liens tissés aussi serrés. Est-ce que d’autres patineurs du Club viendraient avec moi? Quant aux autres entraîneurs du Club, ils habitent déjà Victoriaville, il ne sera pas difficile pour eux de délaisser Plessisville. Donc, est-ce ce conflit, cette guerre qui perdure dans le temps, qui va faire en sorte que l’aréna de Plessisville soit laissé à l’abandon? L’aréna où j’ai grandi, où j’ai rencontré des modèles et où j’ai créé des relations d’amitié.

Le CPA Plessisville, c’est un club bien différent des autres clubs qui nous entourent. Différent, car il y a une seule équipe d’entraîneurs. Depuis quatre ans maintenant, nous avons décidé de fusionner les deux équipes d’entraîneurs de notre club même s’il y avait deux leaders parmi nous. Lors de cette fusion, nous avons établi nos tâches et nos buts. Il était bien clair que nous voulions que les patineurs apprennent à se dépasser, à travailler en équipe, à persévérer et à accomplir leurs objectifs. Depuis, cette fusion, l’esprit d’équipe est bien installé au sein de notre club, le lien d’appartenance est solide et les patineurs sont fiers de représenter et de porter les couleurs du CPA Plessisville; de faire partie de notre grande famille.

Cette fusion d’entraîneurs nous a permis de rassembler les forces de chacun et ainsi de permettre à nos patineurs de développer leur talent. Grâce à cela, lors de la saison 2019-2020, nous comptions quatre patineuses qui évoluaient sur la scène provinciale, parmi celles-ci, trois patineuses sont considérées comme des patineuses espoir au sein de l’organisation de Patinage Québec. Nous comptons même dans nos rangs une patineuse qui figure dans le top 5 Québécois de sa catégorie.

Toujours lors de la dernière saison, nous avons quatre autres patineuses qui ont représenté la région Centre-du-Québec lors de la finale provinciale Star, qui est destinée aux patineurs voulant évolués sur la scène régionale. La fusion nous a apporté que du positif et a permis à notre club de rivaliser avec les clubs ayant un plus grand nombre de patineurs. Et ça, j’en suis fière, car il y a six ans, j’ai abandonné mon travail pour consacrer tout mon temps au développement des patineurs. Nous avons eu une si bonne croissance que nous avons pu et dû augmenter nos heures de glace, car le nombre de patineurs au sein du club nous le permettait.

Depuis quelques années, les inquiétudes concernant les frais de non-résident reviennent et j’ai toujours cette réflexion : est-ce que c’est cela qui va mettre fin à mon histoire avec le Club de patinage artistique? Les frais de non-résident pour l’aréna sont très élevés; jusqu’à trois fois plus élevés que les grands centres qui nous entourent. J’ai même des inquiétudes concernant ma Municipalité, est-ce qu’elle continuera de s’entendre avec la Ville de Plessisville?  Mais cette année, ce n’est pas en tant que parent que je suis inquiète, c’est en tant qu’entraîneure. Avec la pandémie, qui nous a mis sur pause, qui a affaibli les finances du club et de certains parents, est-ce que les frais de non-résident viendront mettre le clou dans le cercueil?  Est-ce que je vais perdre mes patineurs et est-ce que le club devra fermer ses portes faute d’inscriptions? Est-ce que c’était ma dernière saison au sein du club? Peut-être qu’il ne fermera pas, mais nos heures de glace diminueront et il sera difficile de développer des patineurs si l’accès est restreint. Les patineurs voulant faire de la compétition provinciale n’auront pas d’autre choix que de partir patiner à Victoriaville.  Et ça, j’en ai le cœur gros juste à y penser!

Mylène Langlois

Entraîneure de patinage artistique

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Johanne
Johanne
19 jours

Bravo Mylène, très bien dit

Patineuse
Patineuse
19 jours

Madame Langlois vous avez donnée une exemple concrète et courageuse. Dans un monde idéal il ne devrait pas avoir de restrictions dans des activités sportives, éducatives et communautaires. Le sport sert de leviers en santé physiques et mentales à la communauté du Québec, comme les bibliothèques, les écoles, les gymnases, les CEGEP et j’en passe. Tous les Québécois devraient avoir accès aux installations municipales de toutes les régions sans égard sur leurs adresses de résidence, couleurs de peaux, sexe, langues et j’en passe. Une petite communautés représente très bien la lutte des classes, les clivages et le manque de visions d’une ville qui croit à tort que tous leurs installations municipales proviennent de l’argent de leurs contribuables, grosses erreurs l’argent provient en grosses parties de plusieurs paliers gouvernementales, donc tous les citoyens du Québec et même fédéral. Il est temps d’avoir une vision plus large, cette crise est une bonne chose, plusieurs jeunes n’ont pas accès aux sites sportifs par manques d’argents.

Alain Desjardins
Alain Desjardins
19 jours
Répondre à  Patineuse

Patineuse, sachez que pour la rénovation de l’aréna, la ville de Plessisville n’a reçu 0$ de subvention du gouvernement. Le coût 5.6 millions à été payé entièrement par la ville de Plessisville et des contributions privés. C’est regrettable ce qui arrive et je suis comme vous déçu . Mais posons-nous la question. Quand un enfant de de la ville patine sur la glace de l’aréna est-ce normal que ses parents paye plus cher que l’enfant de la paroisse qui lui pratique le même sport avec les mêmes entraîneurs et le même temps de glace ? .Collectivement tous doivent faire sa part. C’est une question de justice sociale non ?

Patineuse
Patineuse
19 jours
Répondre à  Alain Desjardins

Collectivement tous le monde paie direct ou indirectement pour les services, l’école,la bibliothèque même la police a différents niveaux…..remarquer que dans mon texte je mentionne ( dans un monde idéal), je crois que le débats est très bénéfique pour tous. Que vous ayez payé ou non vos rénovations n’a pas d’importance, l’arena à sûrement déjà eu des subventionnés. Je demeure en région dans le secteur de Drummondville, je paie mes impôts comme tous le monde mais mes services sont dans la ville principale, l’hôpital, police, médecins, dentistes et plusieurs services, mon petit village n’a peu ou pas de retombées économiques de ces services. C’est ça la fin des petits villages. Plessisville et sa paroisses sont rendues à la croisée dés chemins.

Citoyenne en réflexion
Citoyenne en réflexion
19 jours
Répondre à  Alain Desjardins

Monsieur Dejardins, je suis en accord que chacun doit faire sa part pour être équitable. Je continue toutefois votre réflexion, est-ce que chaque utilisateur de toutes les municipalités environnantes de la ville paye le prix réel de la pratique de leur sport? L’entente de loisirs avec leur municipalité couvre-t-elle le juste prix pour les loisirs selon le nombre d’utilisateurs tout comme la ville demande à la paroisse? Peut-être je n’aurais jamais de réponse avec des chiffres le démontrant mais je crois que la réflexion est légitime car comme vous dites n’est-ce pas une question de justice ?

Michel Bernier
Michel Bernier
19 jours

Votre commentaire est riche de détails que j’ignorais et qui mettent en perspective des actions concrètes de solidarité et de réussite. Merci de l’avoir partagé car il peut contribuer à changer les choses.

Esther Nicole
Esther Nicole
19 jours

Merci Mylène t’avoir parlé avec ton coeur!

Dominic Côté
Dominic Côté
19 jours

Merci Mylène. C’est très bien dit!