Des chiffres qui parlent en faveur de la défensive des Tigres

Par Matthew Vachon
Des chiffres qui parlent en faveur de la défensive des Tigres
(Photo : Olivier Croteau/LHJMQ)

À l’issue de la dernière période des transactions, le directeur général Kevin Cloutier a véhiculé avoir confiance en sa défensive. Pourtant, en faisant un survol des médias sociaux, plusieurs amateurs exprimaient une certaine inquiétude concernant les joueurs évoluant à la ligne bleue des Tigres de Victoriaville.

De prime abord, en regardant le groupe de défenseurs de l’équipe, il n’a effectivement rien de spectaculaire. Alexis Arsenault, Vincent Sévigny, Sean Larochelle, Pier-Olivier Roy, Jérémy Michaud, Massimo Siciliano et Antoine Desrochers forment un groupe néanmoins responsable et maintenant plus robuste. Pour plusieurs amateurs, afin d’identifier le talent au sein d’une défensive, il suffit de jeter un coup d’œil aux statistiques individuelles des arrières. À ce chapitre, il est vrai que les Tigres n’ont pas la brigade défensive la plus menaçante en zone ennemie. Avec un sommet personnel de 29 points, Larochelle est le défenseur avec la saison la plus productive en attaque chez les Victoriavillois. C’est plutôt loin des 52 inscrits par Jordan Spence, nouveau membre des Foreurs de Val-d’Or.

Ce n’est toutefois pas en zone ennemie où cette défensive victoriavilloise parvient à se démarquer. Certains diront que l’échantillon n’est pas le plus probant avec une quinzaine de parties seulement au compteur, mais cela donne quand même une bonne indication de l’allure des équipes. Depuis le début de la saison, la formation qui accorde le moins de buts en moyenne à travers la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), c’est celle des Tigres avec 2,08 buts alloués par partie en moyenne. Au niveau du désavantage numérique, la formation qui vient au premier rang, c’est également celle de Victoriaville avec un pourcentage de réussite de 90%.

Ce n’est donc pas un hasard si les deux gardiens des Félins, Fabio Iacobo et Nikolas Hurtubise, se retrouvent parmi les meneurs de la LHJMQ. En fait, au début de la présente campagne, l’une des forces identifiées des Tigres était justement devant le filet. Parmi les gardiens qui ont disputé cinq parties ou plus, Hurtubise, qui a vu de l’action dans six rencontres, est le meneur pour la moyenne de buts accordés avec 1,87 en plus de figurer au 3e rang pour le pourcentage d’arrêts avec 92,6%. Fabio Iacobo, qui a pris part à sept duels, pointe pour sa part au 7e rang pour la moyenne de buts accordés avec 2,31 et au 8e échelon pour le pourcentage d’efficacité avec 91,3%. Ces deux portiers sont évidemment au cœur des succès défensifs de l’équipe cette saison.

Évidemment, le portrait de la situation en défensive est appelé à changer puisque chacune des équipes aspirantes aux grands honneurs a fait de solides ajouts à sa brigade défensive. Les Saguenéens de Chicoutimi retrouveront bientôt le talentueux défenseur russe Artemi Knyazev. L’Armada de Blainville-Boisbriand a ajouté le défenseur Christopher Mérisier-Ortiz, les Foreurs de Val-d’Or ont acquis Xavier Bernard et Jordan Spence, les Cataractes de Shawinigan ont mis la main sur Justin Bergeron, les Olympiques de Gatineau ont obtenu Isaac Bélliveau tandis que les Sea Dogs de Saint John ont fait l’acquisition du gardien de but de 20 ans Zachary Émond. Toutes ces équipes ont moins bien fait défensivement que celle des Félins, mais elles ont fait leurs devoirs pour essayer d’améliorer leur sort dans leur territoire.

Chez les Tigres, l’arrivée du vétéran de 20 ans Alexis Arsenault vient solidifier un groupe qui n’accordait déjà pas beaucoup de buts. Il est vrai que de miser sur un joueur de 16 ans comme Pier-Olivier Roy dans son premier quatuor de défenseurs peut s’avérer un pari audacieux, surtout dans une année où le club vise la coupe du Président. En fin de saison et lors des séries, peut-être que la fatigue ou l’inexpérience du jeune homme le rattrapera, mais peut-être que non également. En ce moment, Roy joue avec beaucoup d’aplomb et Cloutier a décidé de lui faire confiance. Le natif d’Adstock représente l’avenir et le présent du club, alors aussi bien lui donner l’occasion de réussir dès sa première saison.

Équipe Moy. buts accordés Désavantage numérique
Tigres de Victoriaville 2,08 90%
Saguenéens de Chicoutimi 2,46 79,5%
Armada de Blainville-Boisbriand 2,5 83,9%
Olympiques de Gatineau 2,5 81,2%
Foreurs de Val-d’Or 2,58 84,4%
Islanders de Charlottetown 2,64 83,6%
Cataractes de Shawinigan 3,17 62,5%
Sea Dogs de Saint John 4,2 70,7%

C’est l’attaque qui doit se diversifier

Si Cloutier a décidé de dépenser la majorité de ses munitions en attaque, c’est pour une raison bien précise. Avant la reprise des activités lors de la plus récente fin de semaine, Mikhail Abramov totalisait 14 points sur l’ensemble des 31 buts inscrits par les Victoriavillois. C’est donc dire qu’à lui seul, le Russe représentait 45% de la production offensive globale de la troupe dirigée par Carl Mallette. D’un point de vue individuel, cette statique est flatteuse pour un joueur comme Abramov. Cependant, d’un point de vue collectif, cela avait de quoi inquiéter, car le reste de l’attaque se montrait timide.

En ajoutant Shawn Element, qui est présentement le meilleur marqueur de la ligue avec 31 points, Alex Beaucage, qui totalise 106 buts en 201 parties dans la LHJMQ, et Benjamin Tardif, qui compte deux saisons de plus de 20 buts, la mission de Cloutier était claire. Il voulait enlever de la pression sur les épaules du capitaine Abramov et ainsi diversifier son attaque.

Jusqu’ici cette saison, les Tigres marquent en moyenne 3,25 buts par partie et leur unité en supériorité numérique pointe à l’avant-dernier rang de la ligue avec un taux de réussite de 14,3%. Parmi le groupe des puissances de la LHJMQ cette saison, seuls les Cataractes de Shawinigan et les Saguenéens de Chicoutimi ont une moyenne de buts marqués plus faible que celle des Tigres. Les Cataractes se reprennent cependant avec une attaque massive plus productive de 21,9%. L’avantage numérique des Saguenéens ne fait cependant guère mieux que celle des Tigres comme en témoigne son taux de succès de 15,9%.

De ce fait, d’un point de vue strictement défensif, Victoriaville n’a rien à envier aux meilleurs clubs du circuit Courteau. Cette formation y figure même avantageusement à ce chapitre. Elle doit cependant trouver le moyen d’enfiler l’aiguille plus souvent, surtout en avantage numérique. Reconnu comme un spécialiste de cet aspect du jeu, l’entraîneur-chef Carl Mallette a maintenant les bons outils pour faire en sorte que ça débloque en zone ennemie. L’explosion de six buts en neuf minutes face aux Cataractes laisse présager qu’ils sont dans la bonne voie pour y arriver.

Équipe Moy. buts marqués Avantage numérique
Tigres de Victoriaville 3,25 14,3%
Saguenéens de Chicoutimi 2,46 15,9%
Armada de Blainville-Boisbriand 4,4 22,6%
Olympiques de Gatineau 2,67 18,8%
Foreurs de Val-d’Or 3,7 20,3%
Islanders de Charlottetown 3,08 34,5%
Cataractes de Shawinigan 3,08 21,9%
Sea Dogs de Saint John 3,87 24,1%
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