Ferme Yvalou : une relève ingénieuse

Par Manon Toupin
Ferme Yvalou : une relève ingénieuse
Les parents d'Alexandre Thibault, Yvan et Louise, lui transfèrent tranquillement l'entreprise agricole. (Photo : www.lanouvelle.net)

À la ferme Yvalou de Sainte-Hélène-de-Chester, la relève est assurée. En effet, même si Yvan Thibault et Louise Allaire continuent d’en être propriétaires à 50% et d’y travailler tous les jours, leur fils Alexandre prend de plus en plus sa place et amène ses idées pour le bien de l’entreprise agricole.

Si au départ Alexandre ne semblait pas trop intéressé à racheter la ferme familiale, depuis 2016 il en est devenu actionnaire à 50% pour un transfert qui devrait s’étaler sur 20 ans. Il a étudié en technique d’usinage, en contrôle numérique, puis en acériculture et ces formations lui servent bien aujourd’hui. Déjà, il connaissait le travail de la ferme, ayant toujours fait sa part pour aider ses parents et a même été à l’emploi d’une autre exploitation agricole quelques années. Il a également oeuvré dans des industries dans la région, mais a voulu revenir au travail à la ferme après un certain temps. Étant son propre patron (avec ses parents), il est en mesure de faire avancer les choses à son rythme, ce qu’il apprécie grandement maintenant.

Ses parents lui ont laissé faire ses expériences de travail, espérant qu’il souhaite après venir prendre la relève. «On lui avait demandé en 2012 s’il était intéressé parce qu’on voulait créer une compagnie, mais il n’était pas prêt», indiquent ses parents. Ils ne l’ont jamais forcé, mais sont bien heureux qu’il ait choisi d’y revenir il y a quelques années.

Quant à Alexandre, il s’est bien équipé en outils pour machiner différentes pièces d’équipement et même en inventer afin de se faciliter la vie. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait avec le lave-chalumeau à utiliser dans le bois, qu’il a inventé, à temps perdu et même produit puis vendu à L.S Bilodeau. «C’est un patenteux», apprécie son père.

La relève de la relève

Yvan a été lui-même, si on peut dire, relève agricole il y a une trentaine d’années. En effet, il a pris la suite, rachetant la ferme de l’oncle de Louise, Philémon Lanteigne, qui n’avait pas d’enfant. Yvan travaillait pour lui depuis plusieurs années, alors l’achat allait presque de soi. «Il aurait pu tout liquider, mais il a décidé de transférer en 1989», explique le couple. À ce moment, l’exploitation comptait 25 vaches laitières et 25 animaux de remplacement de race Holstein (le double maintenant). S’ajoutaient une érablière de 6000 entailles (aujourd’hui 10 000 entailles) et 300 acres en terre, dont 140 en culture et le reste en boisé.

L’histoire se poursuit donc aujourd’hui avec Alexandre, un des trois enfants du couple qui assurera l’avenir de la ferme. Installée en flanc de montagne, la maison adjacente à la ferme, habitée par Alexandre maintenant, est dotée d’une belle vue sur la région. Louise et Yvan, quant

à eux, se sont construit une nouvelle maison, un kilomètre plus haut. Chacun a donc son espace, mais les trois sont souvent ensemble pour réaliser les différentes tâches.

Le travail est varié à la ferme Yvalou. Il y a le train deux fois par jour et les soins aux animaux, mais également tout l’entretien et la culture des champs, en plus de l’érablière. Chacun a trouvé sa place.

Le trio s’entend bien et les parents ont l’intention de continuer à appuyer Alexandre sur la ferme, tant qu’ils en seront capables. Ils sont maintenant en mesure de prendre, de temps en temps, des journées de congé, même s’ils n’en abusent pas. «D’habitude, on va une semaine dans le sud en hiver et l’été on se promène en Spyder», explique Louise. De son côté, Alexandre est bien content de leur présence, lui qui est toujours célibataire, malgré son passage, en 2011, à l’émission «L’amour est dans le pré».

L’exploitation agricole est en bonne santé financière et les investissements sont fréquents. D’ailleurs, lors de l’entrevue, on venait de compléter la construction d’une nouvelle fosse à purin. Les propriétaires tentent également d’innover afin de faciliter le travail, comme ils l’ont fait avec l’achat d’un mélanger pour RTM.

Alexandre a aussi l’intention d’ajouter, aux outils de la ferme, un moulin à scie qui permettra, plus facilement, de transformer en planches les arbres de la terre qui sont ensuite utilisés pour l’agrandissement ou la fabrication de bâtiments. «Ce ne sont pas les plus gros qui l’emportent sur les plus petits. Ce sont les plus vites qui l’emportent sur les plus lents», dit-il avec philosophie.

Impliqué

En plus du travail qui ne manque pas dans l’entreprise familiale, Alexandre trouve tout de même du temps pour être pompier dans sa municipalité. Il est également le représentant de l’UPA pour son secteur, poste qu’occupait son père avant d’accéder à la vice-présidence.

Leur participation à l’Union des producteurs agricoles leur permet d’être au fait de ce qui se passe dans le domaine et d’être partie prenante des différentes décisions qui y sont prises.

Et pour se garder en forme, Alexandre s’est installé tout un parcours du combattant (Ninja Warrior) dans son garage. Un passe-temps qui lui permet du même coup de s’entraîner. En ces temps de pandémie, le travail se poursuit quand même à la ferme et les trois propriétaires confient ne pas être trop perturbés par les mesures de confinement. Leur quotidien, déjà bien rempli, n’est pas vraiment modifié par les mesures sanitaires.

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