Innotex : des vêtements de pompiers aux blouses médicales

Innotex : des vêtements de pompiers aux blouses médicales
Un nouveau volet : la production de blouses (Photo : Gracieuseté)

Spécialisée dans la fabrication de vêtements de protection pour les pompiers, l’entreprise Innotex a ajouté une nouvelle corde à son arc en raison de la pandémie : la production de blouses médicales.

Innotex, ayant son siège social à Richmond, en plus d’usines à Warwick et aux États-Unis, a obtenu de Santé Canada un contrat pour fabriquer 100 000 blouses. Elle complètera ce contrat à la mi-janvier.

C’est la situation sanitaire qui a poussé l’entreprise à aller en ce sens. «On continuait notre carnet de commandes puisqu’en fournissant les pompiers, nous sommes un service essentiel. Nous n’avons jamais été fermés. Mais on voyait bien que le système de santé éprouvait de grands besoins, qu’il y avait une grande demande pour les blouses de sécurité, les masques, gants et autres», indique le directeur général Claude Barbeau en entrevue téléphonique avec le www.lanouvelle.net.

La direction, souhaitant garder tout son monde et ses usines fonctionnelles, a pensé pouvoir venir en aide au secteur médical.

Des coutures scellées (Photo gracieuseté)

«Au printemps, on a donc développé des blouses de niveau 3 avec des coutures scellées. On est allé plutôt vers le haut de gamme, des choses qu’on sait faire. On fabrique nos vêtements avec des coutures scellées, imperméables non seulement à l’eau, mais aussi aux produits chimiques, aux virus et bactéries. On le faisait déjà. On a donc utilisé notre expertise pour les vêtements médicaux», explique M. Barbeau.

Innotex a donc développé son produit et investi plus de 200 000 $ en équipements, dont l’ajout de scelleuses. «Il nous a fallu aussi embaucher tout le personnel qu’on pouvait», précise le DG.

Ces blouses sont plus spécialisées et nécessitent plus de travail. Des blouses réutilisables produites en moins grand volume que celles qui sont jetables.

Son contrat avec Santé Canada se termine à la mi-janvier, mais Innotex aimerait bien continuer. «On sait que les gouvernements ont l’habitude d’importer ce genre de matériel. Mais on a vu nos premiers ministres souligner qu’ils aimeraient développer un approvisionnement domestique. En ce qui nous concerne, tant qu’à avoir dépensé de l’énergie et investi, on aimerait bien continuer, fait valoir Claude Barbeau. Les gouvernements devraient stratégiquement conserver une partie, un certain volume pour l’approvisionnement local. Mais ça prend une volonté politique. Ça part d’eux.»

Innotex fait partie de groupes de manufacturiers qui effectuent des représentations auprès des gouvernements pour les sensibiliser au fait que l’industrie d’ici demeure prête à répondre à une partie des besoins.

La production de blouses se fait en parallèle avec les vêtements de protection de pompiers. Depuis ses débuts en 2000, l’entreprise enregistre toujours une croissance, desservant un vaste marché, surtout l’Amérique du Nord, mais un peu aussi à l’international. «On connaît de bons succès. Nous proposons de bons produits. Ils sont innovateurs. On a plusieurs brevets. Nos produits se distinguent, se démarquent de la compétition. On est compétitif dans le marché», observe le directeur général.

Innotex emploie 225 personnes, dont une quarantaine à Warwick et une centaine à Richmond. (Photo gracieuseté)

Innotex emploie actuellement 225 personnes, dont une centaine à Richmond et une quarantaine à Warwick dans l’ancienne usine Confection Aventure achetée il y a trois ans. «Nous avions besoin d’une plus grande capacité. Et aux États-Unis, c’est en 2011 que nous avons ouvert une usine en Alabama», note Claude Barbeau.

Comme bien d’autres entreprises, Innotex fait face au défi de la main-d’œuvre. «On ne manque pas d’ouvrage. On aimerait embaucher du personnel, on en cherche toujours, tant à Warwick qu’à Richmond. C’est un défi difficile au Québec. Aux États-Unis, il est un peu plus facile de recruter de la main-d’œuvre», fait remarquer le DG.

En période de pandémie, Innotex a mis en place des mesures que le personnel respecte rigoureusement. «Ça va bien jusqu’ici», assure M. Barbeau.

Pour la période des fêtes, l’entreprise a même adapté son horaire. Elle fermera pendant deux semaines pour permettre aux employés de voir leurs familles à Noël et pouvoir s’isoler avant et après pour ensuite revenir au boulot.

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