Sébastien Charpentier : l’adjoint touche-à-tout des Tigres

Par Matthew Vachon
Sébastien Charpentier : l’adjoint touche-à-tout des Tigres
Sébastien Charpentier (Photo : Denis Morin)

Après une carrière professionnelle d’une douzaine d’années comme gardien de but, le Drummondvillois Sébastien Charpentier n’a pas lésiné avant de se lancer dans une seconde carrière comme entraîneur. Occupant aujourd’hui le poste d’adjoint chez les Tigres de Victoriaville, l’homme de 43 ans continue de remplir son bagage d’expérience afin de se perfectionner.

Ayant côtoyé des entraîneurs comme Bob Hartley, Michel Therrien, Richard Martel et Denis Francoeur dès ses premières années dans le junior majeur québécois, Charpentier s’est vite intéressé au monde des architectes du système de jeu et de la culture d’équipe. «J’ai toujours porté une grande attention à mes entraîneurs. De plus, pendant mon passage avec les Capitals de Washington, où j’étais le substitut d’Olaf Kolzig, j’ai passé beaucoup de temps sur le banc à regarder l’entraîneur travailler. Bien que je voulais jouer, je m’en sortais en les regardant travailler, en observant leurs ajustements, leur comportement. J’avais le meilleur siège dans l’aréna pour voir ces choses. Dès la fin de ma carrière, j’avais des intentions fondées pour devenir entraîneur», a raconté celui qui a pris sa retraite à l’issue de la saison 2012-2013.

Dès la saison suivante, Charpentier s’est retrouvé avec le programme hockey du Collège Saint-Bernard à Drummondville, un poste qu’il a occupé pendant près de cinq ans. Là-bas, il a pu côtoyer des hommes de hockey comme André Ruel, Dominic Ricard, Mario Duhamel et Louis Robitaille. «C’est la plus grosse chance que j’ai eue. Mon bureau était au Centre Marcel-Dionne et je côtoyais ces gars. En dirigeant les jeunes joueurs là-bas, je me suis fait entraîner énormément par eux qui avaient déjà un grand bagage d’entraîneur et de pédagogue pour enseigner le jeu. J’ai appris énormément lors de ces premières années.»

Ayant évolué dans les trois grands circuits nord-américains, soit la Ligue de hockey de la Côte-Est, la Ligue américaine de hockey et la Ligue nationale de hockey, en plus d’avoir évolué en Russie, en Autriche et en Allemagne, Charpentier a pu tirer une expérience de chacun de ces passages pour devenir l’entraîneur qu’il est aujourd’hui. «Chaque étape te fait réfléchir sur différentes façons de faire. Ça finit par s’appliquer à la personnalité d’entraîneur que tu deviens, c’est indéniable. Le bagage de joueur devient complètement différent quand tu es entraîneur. Ce n’est pas sûr et certain que tu vas faire un bon entraîneur parce que tu as joué chez les professionnels.»

Bien du changement dans les dernières années

Après être demeuré en poste avec le Collège Saint-Bernard pendant environ cinq ans, le choix de 4e tour des Capitals en 1995 a changé de rôle à plusieurs reprises lors des cinq dernières années. Il a tout d’abord effectué un premier séjour chez les Tigres comme entraîneur des gardiens de but en 2016-2017. Il a ensuite dirigé les Dragons du Collège Laflèche l’année suivante. En 2018-2019, il est rentré à la maison pour prendre le poste de directeur du développement des joueurs chez les Voltigeurs de Drummondville pour ensuite accepter un poste de direction avec les Corsaires de Nantes en division 1 française. Après tout ce chemin parcouru, il est revenu derrière le banc des Tigres comme entraîneur adjoint et des gardiens de but l’été dernier. «André Ruel m’avait dit au départ que je devais me consacrer à ce métier et dédier dix années de ma vie avant de devenir un bon entraîneur. Après cinq ans au Collège Saint-Bernard, je voulais toucher à un maximum de situations dans le hockey», a-t-il soutenu.

Parmi cet éventail de rôles, l’expérience avec les Voltigeurs lui a notamment permis de se familiariser avec des aspects qu’il connaissait encore peu de l’univers du hockey. «J’étais le bras droit de Stéphane Desroches à Drummondville. J’ai rempli plusieurs responsabilités d’assistant au directeur général et de recrutement, ce que je n’avais pas encore fait.»

Pour ce qui est de son court passage avec les Corsaires, cette aventure se voulait notamment une façon de parfaire une fois de plus son expertise, mais également une expérience culturelle pour sa famille. «À la fin de ma carrière, ma femme et moi avons passé sept ans en Russie, en Autriche et en Allemagne. Ma fille aînée a commencé la maternelle en allemand. Nos enfants ne se souvenaient pas trop de ce passage. C’était donc une expérience familiale que nous voulions refaire pour que tout le monde se souvienne de l’Europe. Avec les Corsaires, je me suis retrouvé directeur général d’un programme. Là-bas, c’était surtout toutes les tâches connexes. Une journée je dirigeais les U13 et, la suivante, je dirigeais les professionnels. Nous faisions également une école de patinage pour les 4 à 7 ans. Je gérais 210 joueurs du programme. J’ai vraiment aimé cette expérience, mais la COVID-19 est arrivée, ce qui a freiné le programme. La suite des choses était incertaine, donc nous sommes revenus.»

C’est donc ainsi que Charpentier, avec tout le chamboulement qui s’est produit derrière le banc, est revenu dans le giron des Tigres cette saison. La suite de sa carrière comme entraîneur ne semble toujours pas tracée, mais ce qui est certain, c’est qu’il veut continuer de vivre des expériences grâce à cette seconde carrière.

 

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