COVID-19 : l’économie du Centre-du-Québec frappée durement

Par Boris Chassagne, Initiative de journalisme local
COVID-19 : l’économie du Centre-du-Québec frappée durement
Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins (Photo : gracieuseté)

La tournée virtuelle En Mouvement pour la relance socioéconomique du Québec, organisée par Desjardins et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), s’est récemment arrêtée en Mauricie et au Centre-du-Québec. Près de 275 entrepreneurs de la région et de tous horizons y ont pris part.

Cette seconde édition de la tournée virtuelle était réalisée avec la collaboration de la Chambre de commerce et d’industrie Bois-Francs–Érable et la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières. Celles de Mékinac, de Maskinongé, du Haut-St-Maurice et de Drummondville y ont participé.

Robert Béliveau, président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie Bois-Francs-Érable, a déclaré que «cette pandémie aura créé des opportunités extraordinaires pour plusieurs secteurs, alors que pour d’autres, la menace s’est concrétisée». Il en cite certains qui sont tombés au combat comme la restauration, le tourisme et l’événementiel. La pénurie de main-d’œuvre s’est accentuée avec la mise en place de certains programmes gouvernementaux, souligne M Béliveau. «Nous continuerons d’être la courroie de transmission entre nos membres et le gouvernement.»

«Il faut se mettre au défi et c’est pour ça qu’on a lancé la tournée», précise Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins. «On est responsables de la prospérité des uns et des autres et de la communauté. On écrit l’histoire chaque jour. Il n’y avait pas de mode d’emploi pour faire face à cette crise. Il faut tenir bon, motiver vos familles, vos employés.»

Des chiffres qui frappent fort

La pandémie a durement frappé le Centre-du-Québec, notent les économistes de Desjardins. Pour le Centre-du-Québec, 21 500 emplois ont été perdus entre février et juillet, soit 14,1% du capital humain. En 2020, on prévoit un repli du PIB de 5,5% dans le Centre-du-Québec. «1,1 milliard de contrats, d’emplois perdus, d’investissements, de fermetures de commerce, de perte de valeur pour le Centre-du-Québec et la Mauricie», note M. Cormier. Mais le rebond sera tout aussi vigoureux, si la seconde vague de la pandémie est contenue. «On s’attend, en 2021, à un rebond de l’économie de 5,2% au Centre-du-Québec, soit légèrement sous la moyenne québécoise de 6,2%. Le taux de chômage devrait se situer à 5,5% dans le Centre-du-Québec, comparativement à 7,5% pour l’ensemble du Québec.»

Guy Cormier de Desjardins demeure optimiste pour cette région à forte composante manufacturière et agricole. «Le retour à la normale n’est prévu que pour le printemps 2022.»

Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ, se voulait encourageant. «Il faut continuer de regarder vers l’avant», malgré les difficultés de recrutement de main-d’œuvre et un taux de chômage élevé. La FCCQ met à la disposition des entreprises l’Observatoire de la FCCQ, inauguré le mois dernier. «C’est un outil pour développer une communauté d’entrepreneurs et à laquelle on va poser des questions en temps réel. On veut s’en servir sur le long terme». L’Observatoire, dont son premier sondage mené auprès d’une quarantaine d’entreprises de la Mauricie et du Centre-du-Québec, révèle que la pandémie a eu un impact négatif sur 61% des entreprises de la région. L’embauche et la rétention des employés semblent être leur principal défi. Près de 75% des répondants affirment avoir adopté le télétravail.

Changer de paradigme

Guy Cormier du Mouvement Desjardins est convaincu que le Québec sera marqué par un important changement de valeurs. «Il faut repositionner nos entreprises, nos économies et faire mieux. La pandémie aura accéléré la numérisation de beaucoup d’entreprises», précise le PDG de Desjardins. Charles Milliard croit «qu’il y a une opportunité de renouveau importante. Le gouvernement a son rôle à jouer».

Les programmes destinés à l’innovation et à la transformation numérique annoncés au printemps par Québec tombent à point. Cela permet aux entreprises de «repenser leur façon de faire», estime M. Milliard. Il est temps de «produire différemment, plus proprement, solidairement», de dire M. Cormier, qui va miser sur son principal atout : la proximité. «Pour nous, la relance de la Mauricie et du Centre-du-Québec, c’est très important.»

Le biomédical, la culture en serre, l’électrification des transports, les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle sont des secteurs porteurs, ajoute M. Cormier. «C’est d’équilibrer la dimension économique avec la dimension sociale et environnementale.»

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