Des milliers de papillons monarques pourraient être sauvés!

Des milliers de papillons monarques pourraient être sauvés!
Yolaine Rousseau et son 31e papillon monarque rescapé. (Photo : www.lanouvelle.net)

Originaire de Lyster et ayant enseigné les sciences au secondaire à Princeville et Victoriaville jusqu’à sa retraite en juin dernier, Yolaine Rousseau, qui habite Victoriaville depuis une quinzaine d’années, est une amoureuse de l’environnement. Celle qui adore observer la nature s’intéresse plus particulièrement au papillon monarque, une espèce en déclin.

Elle s’affaire depuis cinq ans à protéger les plants juvéniles d’asclépiades qui permettent aux femelles monarques d’y pondre leurs œufs et qui offrent nourriture et protection aux chenilles avant qu’elles ne migrent sur des plants plus matures à proximité.

Elle avait d’ailleurs contribué à préserver le millier d’asclépiades qu’on retrouvait sur un terrain vague situé à l’angle du boulevard Labbé et de la rue De Bigarré à Victoriaville avant la construction de condos il y a deux ans sur ce même espace.

«De l’œuf au papillon en milieu naturel, c’est seulement 10% des sujets qui réussissent à survivre», mentionne Mme Rousseau. Elle explique le déclin du papillon monarque par l’activité humaine, que ce soit par l’épandage de pesticides, autant au milieu urbain que rural, et à la coupe de ces plantes ainsi qu’à ses prédateurs naturels, qu’il s’agisse d’oiseaux, guêpes ou fourmis par exemple.

Elle en rescape une centaine

Son sens de l’observation lors de ses balades à vélo sur le sentier du Parc linéaire des Bois-Francs, entre Victoriaville et Princeville, lui a permis de comprendre cette année que la femelle du papillon monarque pond sur les petits plants juvéniles qui poussent en bordure de la piste cyclable et qui se font tondre lors de travaux d’entretien, ne laissant pas le temps aux petites chenilles, entre chaque coupe, de migrer vers les plants adultes dans le fossé situé à proximité.

«On tue ainsi une quantité énorme de papillons à en devenir juste en coupant l’herbe aux abords de la piste cyclable.» Elle a d’ailleurs produit une vidéo qu’elle a diffusée sur sa page Facebook personnelle pour expliquer la situation et a par la suite contacté la Ville de Victoriaville pour la sensibiliser à cette problématique.

Elle affirme avoir reçu une bonne écoute du côté de la Ville de Victoriaville qui lui a laissé entendre que des actions pourraient être posées l’an prochain et que le comité représentant les municipalités du Parc linéaire (de Tingwick à Lyster) serait lui aussi sensibilisé à emboîter le pas à un projet pilote.

«En réduisant la coupe de 4 pieds à 12 pouces de chaque côté du sentier par exemple (les plants se trouvant habituellement à quatre pieds en bordure de la piste), nous pourrions réussir à sauver beaucoup de papillons monarques juste par cette simple action. Imaginons si cette pratique pouvait s’étendre à la grandeur du sentier linéaire au Québec», ajoute-t-elle.

On lui a également fait part que des sections pourraient être délimitées pour protéger les colonies d’asclépiades le long du Parc linéaire des Bois-Francs, zones qui seraient épargnées de l’entretien, et qu’on pourrait aussi maintenir la coupe à 12 pouces de chaque côté. Elle dit avoir répertorié cinq zones sensibles entre Victoriaville et Princeville.

Lorsqu’on s’est rendu à sa résidence à Victoriaville, Mme Rousseau disait avoir déjà sauvé une centaine de sujets en recueillant les œufs et chenilles pour les élever elle-même à la maison. D’ailleurs, nous avons pu la photographier au moment de l’envol de son 31e papillon monarque facilement reconnaissable grâce à ses marques orange, noires et blanches.

Elle comptait 50 œufs dans sa pouponnière qui deviendront papillon d’ici un mois et qui pourront partir pour le Mexique avant de revenir l’été prochain. Mme Rousseau a aussi réalisé une vidéo qui démontre comment elle en fait l’élevage ayant un taux de réussite de presque 100% de la naissance au papillon.

Les personnes intéressées à en savoir plus peuvent consulter sa chaîne YouTube et son site Internet «pasyoscience.com» ou encore sa page Facebook.

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