Tragédie à Beyrouth : des moments d’angoisse pour Tarek Henoud

Par Matthew Vachon
Tragédie à Beyrouth : des moments d’angoisse pour Tarek Henoud
Tarek Henoud, qui est né à Montréal, mais qui a grandi pendant 14 ans à Beyrouth, est marié depuis 2004 à la Victoriavilloise Marilène St-Cyr. Ils ont trois enfants. (Photo : gracieuseté)

Dans la journée de mardi, la ville libanaise de Beyrouth a vu son port être touché par une effroyable explosion de nitrate d’ammonium (2740 tonnes), ce qui a tué plus d’une centaine de personnes en plus d’en blesser des milliers d’autres. Pour le Victoriavillois d’adoption Tarek Henoud, il s’agit d’une difficile épreuve qui a amené son lot de moments angoissants. 

Né à Montréal, mais ayant grandi pendant 14 ans à Beyrouth dans un quartier durement touché par l’explosion, M. Henoud a constaté avec effroi la gravité de la situation. Ayant une partie de sa famille qui vit toujours à Beyrouth, l’homme de 44 ans a vécu des moments difficiles dans l’attente de nouvelles de ses proches. «Heureusement, les nouvelles sont rassurantes. Évidemment, comme tous les Libanais, il y a eu beaucoup de dommages matériels ainsi que psychologiques. Contrairement à d’autres familles, nous sommes épargnés», a-t-il relaté avec émotions.

Son cellulaire étant hors service cette semaine en raison d’un bris, lorsqu’il a vu les images, il n’a pas pu contacter rapidement ses proches. Cela a donc contribué à accentuer son inquiétude. «Habituellement, je suis en communication 24 heures sur 24 avec ma famille et mes amis au Liban à travers l’application WhatsApp. Cette semaine, j’ai brisé mon téléphone et j’utilisais donc celui de ma conjointe. Sur ce téléphone, je n’avais aucun numéro pour contacter ma famille, car ils sont tous dans celui qui est brisé. Après avoir été faire des commissions en ville, j’ai ouvert un ordinateur pour dire que je n’avais plus mon cellulaire. C’est là qu’un ami m’a envoyé le lien menant sur le début de l’événement. C’était la panique à ce moment, car je ne pouvais pas communiquer avec la famille. J’essayais de communiquer via Messenger, mais personne ne me répondait. Depuis mardi, je ne vis que sur les nouvelles. Ça m’a replongé dans les 14 années de la guerre que j’ai vécues là-bas.»

Pendant de nombreuses années, toute sa famille était installée au Canada et aux États-Unis afin de fuir la guerre civile libanaise qui a fait rage de 1975 à 1990. À partir de 1997, les membres de sa famille ont commencé à retourner progressivement vers le pays natal. L’un de ses frères habite aujourd’hui au Liban. «La première réaction était un mélange de souvenirs et d’émotions. Nous vivons ces moments avec beaucoup d’anxiété, de tristesse et de colère. Comme on dit au Québec, les émotions sont dans le tapis cette semaine. […] On se sent impuissant. Je donnerais tout pour être là-bas. Si les aéroports étaient ouverts comme avant, j’aurais pris le premier vol pour aller donner un coup de main.»

Né en 1976 à Montréal, M. Henoud a résidé à Beyrouth de 1980 à 1994, période dans laquelle le Liban était plongé dans une guerre civile. À son retour au Canada en 1994, il a entrepris ses études et il a finalement trouvé l’amour. Il est installé à Victoriaville depuis huit ans en compagnie de sa femme, Marilène St-Cyr, et de ses trois enfants.

La Croix Rouge pour aider

Pour les personnes qui souhaiteraient aider le peuple libanais à se reconstruire après cette tragédie, M. Henoud a invité la population à faire des dons via la Croix-Rouge canadienne. «Il ne faut surtout pas envoyer de l’argent au gouvernement libanais. La colère là-bas vient surtout de ce gouvernement négligeant et très politisé. Nous recommandons d’envoyer des dons via des organismes locaux et la Croix-Rouge canadienne qui travaille de concert avec la Croix-Rouge libanaise.»

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