60 ans pour l’Aéroport Langlois de Saint-Ferdinand

Par Matthew Vachon
60 ans pour l’Aéroport Langlois de Saint-Ferdinand
Marc Langlois en compagnie de son père Denis, ce dernier fondateur de l’Aéroport Langlois de Saint-Ferdinand (Photo : www.lanouvelle.net)

Fondé en 1960 par Denis Langlois, l’Aéroport Langlois de Saint-Ferdinand a su traverser les décennies pour célébrer cette année son 60e anniversaire. Aujourd’hui administré par Marc Langlois et sa femme Linda Gosselin, l’Aéroport Langlois poursuit le rêve du paternel.

«C’est ma retraite, c’est ma vie. Quand je suis venu au monde, elle existait déjà. J’ai 56 ans aujourd’hui et à ma naissance, mon père était le passionné d’aviation qui avait fait la piste. Cet aéroport représente également les dix prochaines années de ma vie, où je vais mettre de l’amour dans cet endroit afin de continuer ma passion de pilote», a exprimé le Ferdinois Marc Langlois.

Passionné d’aviation depuis l’enfance, c’est à l’âge de 24 ans que son père, Denis Langlois, a acheté son tout premier avion. C’est ce qui a pavé la voie à la création de l’aéroport à Saint-Ferdinand et à 60 années dans cet univers. «J’étais motivé par l’aviation. J’avais un ami à La Tuque qui voulait devenir pilote pour Roberval. Il voulait monter ses heures. Il venait et on lui payait le gaz. C’est lui qui m’a donné la piqure. […] Au début, j’étais allé m’acheter un avion et je pensais que j’allais partir avec ça tout de suite après quelques instructions. Ce n’est pas comme ça que ça marchait. J’avais un avion, mais pas de voiture», a raconté en riant celui qui a volé pour la dernière fois l’an dernier.

De son côté, Marc Langlois a hérité de cette passion. C’est vers l’âge de 20 ans qu’il a commencé à naviguer dans le ciel. Il a également poussé sa passion jusqu’à devenir pilote acrobatique. Au fil des ans, il a notamment voyagé jusque dans le sud des États-Unis. «Quand j’ai fait mon cours, je suis parti avec quatre gars jusqu’en Floride. Outre ça, je ne me suis pas trop éloigné. Je suis allé en Gaspésie. Je suis allé moins loin à cause de l’anglais. Il faudrait que je me familiarise avec la radio, mais ce serait une possibilité éventuellement. Je veux d’abord voler au Canada.»

Pour le paternel, de voir que son fils partage la même passion que lui le rend bien fier. «En fait, mes trois fils ont suivi leur cours de pilotage. Je suis heureux de partager cette passion avec eux. […] C’est quelque chose que l’aéroport fête ses 60 ans. Nous n’avions pas d’avion dans le coin ici auparavant. Dans le temps, il y avait un autre gars qui pilotait dans le coin de la Beauce, mais il n’y en avait pas à Thetford ou à Victoriaville. Nous avons été un peu les premiers dans la région à amener ça», s’est remémoré celui qui a possédé cinq avions au cours de sa vie.

Une piste un peu spéciale

L’aéroport de la petite municipalité comprend une seule et même piste de 3000 pieds de long et de 150 pieds de large pour les envols et les atterrissages. Il est également bordé par des arbres de chaque côté. Le terrain, où il se trouve, fait également en sorte que les avions décollent en direction du lac, ce qui rend le décor bien joli. Ce sont également neuf avions qui sont entreposés dans les hangars en bordure de piste.   L’endroit est également répertorié sur les cartes de l’aviation canadienne sous le code aéroportuaire CSH5.

Récemment retraité, Marc Langlois, qui œuvrait dans le domaine de l’asphaltage, a entrepris de redonner de l’amour à ce lieu familial. Il a notamment entrepris la restauration des différents hangars de l’endroit en plus d’installer de nouvelles lumières sur la piste d’atterrissage, ce qui permet aux avions de se poser même en pleine nuit. «Ici, nous louons des espaces dans des hangars. Au printemps, il y avait neuf avions ici. L’hiver, je n’ouvre pas la piste. […] Il y a beaucoup de visiteurs maintenant. Ma femme s’occupe de ça sur Facebook. Nous ouvrons à nouveau l’Aéroport Langlois. Il y a beaucoup d’écoles de pilotage qui viennent pratiquer avec leurs élèves ici, car il y a des arbres de chaque côté, une belle ligne blanche dans le centre et la vue sur le lac au décollage. La piste s’avère spéciale comparativement aux aéroports qui ont 300 pieds de large et 5000 pieds de long pour atterrir.»

À l’Aéroport Langlois, il n’y a pas d’employé comme tel. De ce fait, si certains pilotes passent dans le secteur et qu’ils envoient un message, personne ne répondra. «Tu t’annonces simplement pour les avions autour afin qu’ils connaissent tes intentions et ta position.»

Un lieu important pour Saint-Ferdinand

Évidemment, l’Aéroport Langlois ne mise pas sur un trafic aérien immense. Cela dit, un tel endroit représente un bel attrait pour la municipalité de Saint-Ferdinand. «C’est un outil de développement. Oui, c’est un aérodrome privé, mais ils sont très ouverts à l’idée de voir des gens atterrir là-bas si on leur demande la permission avant. De plus, ce qui est plaisant, c’est que nous sommes à 30 minutes (de vol) de Bromont et de Mascouche. Certains viennent ici par plaisir, mais d’autres viennent pour des raisons d’affaires. Si, par exemple, une personne de Montréal doit aller au Manoir de lac William, elle peut y aller dans le temps de le dire grâce à l’aéroport», a fait valoir le maire Yves Charlebois.

Évidemment, un tel outil amène son lot de retombées économiques pour Saint-Ferdinand. «Quand nous recevons des visiteurs ici, c’est par plaisir, mais il y en a qui viennent pour avoir des rendez-vous d’affaires. Par exemple, mon neveu, qui est pilote d’avion, était à L’Isle-aux-Coudres. En revenant, il m’a téléphoné et je suis allé le chercher à l’aéroport. Nous sommes ensuite allés au restaurant Le William.»

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