Pandémie : les défis de la SPAA

Par Manon Toupin
Pandémie : les défis de la SPAA
Gabrielle Monfette, DG de la SPAA (Photo : www.lanouvelle.net)

Lorsqu’on est un organisme à but non lucratif et qu’on recueille les animaux abandonnés pour leur donner une nouvelle vie, pas question de fermer les portes, même en temps de confinement. À la Société protectrice des animaux d’Arthabaska (SPAA), il a donc fallu s’ajuster et faire des prouesses pour continuer dans une situation tout à fait inhabituelle, celle de la COVID-19, de s’occuper des animaux.

Gabrielle Monfette, qui est DG depuis janvier dernier, indique d’entrée de jeu qu’en acceptant le poste, elle souhaitait relever de nouveaux défis. Elle aura été servie en ce sens puisque moins de trois mois après son entrée en fonction, la pandémie est arrivée et il a rapidement fallu s’adapter. «C’est ma troisième SPA. J’ai fait une dizaine d’années à la SPA Mauricie à Trois-Rivières et à peu près le même temps à celle de Drummondville», a-t-elle rappelé. Mais à Victoriaville, elle se trouve très bien avec une bonne équipe, des valeurs et un environnement agréable. «Une petite équipe, mais il suffit d’avoir les personnes aux bons postes, avec le cœur à la bonne place comme on a actuellement. Avec cela, on peut faire des grandes choses», estime-t-elle.

La pandémie a donné un bon coup de fouet à l’organisme qui a rapidement dû s’ajuster, que ce soit avec les horaires du personnel, des tâches et façons de faire et s’adapter à ce que le confinement a apporté avec lui. «Le mot d’ordre c’est réajustement depuis que je suis ici et surtout depuis la COVID-19», a-t-elle souligné.

Même en confinement, les opérations se sont poursuivies à la SPAA, celle-ci ayant été désignée comme service essentiel. «7 jours sur 7, 365 jours par année, à Noël, à Pâques, peu importe, les animaux doivent manger, sortir, avoir leur médication. Il y a donc quelqu’un ici tous les jours, COVID ou non», rappelle Gabrielle.

Pour faciliter un peu les choses, la réception a été fermée quelques semaines à la clientèle, mais accessible par rendez-vous téléphonique, libérant une tâche. «Mais il fallait être là quand même pour les urgences et pour honorer les contrats avec les 27 municipalités de 3 MRC différentes (animaux errants, gestion des plaintes, règlementation, abandons).» Parce que les activités du refuge sont multiples, même si les gens ne voient que les adoptions. Derrière elles, il y a les animaux errants, les abandonnés, ceux qui sont en traitement de maladie, qui n’ont pas encore été stérilisés, etc. En période de confinement, il a fallu modifier un peu les priorités et adapter les procédures notamment pour les patrouilleurs et les inspections.

Et pour les adoptions justement, un nouveau processus a été mis en place parce qu’il fallait qu’elles se poursuivent. «Rapidement les animaux entraient, mais ne pouvaient plus sortir à l’adoption, causant une problématique. Parce qu’ici, les animaux qui quittent doivent avoir été vaccinés, stérilisés et vermifugés et du côté des vétérinaires, on ne faisait que les urgences», a-t-elle fait remarquer. Après discussions avec l’Ordre des médecins vétérinaires et plusieurs cliniques, il a été possible de procéder à quelques interventions, pour les chats, libérant des indispensables places au refuge. «Pour nous, la stérilisation est essentielle avant le départ. La prolifération des chats est tellement grande et rapide», insiste-t-elle.

C’est premièrement par téléphone que les gens prenaient contact. Avec une série de questions, il était possible à l’équipe de déterminer quel animal serait le plus adapté afin qu’une adoption réussie soit possible. Ensuite, il y avait prise de rendez-vous pour une rencontre avec l’animal puis pour l’adoption si toutes les conditions étaient remplies.

Aujourd’hui, même si les portes de la SPAA sont rouvertes et que tout a presque repris normalement, cette façon de faire est encore privilégiée. «Il faut appeler et prendre rendez-vous pour venir voir les animaux, réclamer ou abandonner. Beaucoup de choses se règlent ou se préparent par téléphone.»

Gérer un surnombre de chats

Actuellement, l’organisme, en plus des mesures sanitaires de prévention liées à la pandémie, doit gérer un surnombre de chats. «Les chiens, ça va bien, on a de l’espace et nous sommes capables de bien fonctionner. Même qu’on a offert notre aide à d’autres refuges pour en prendre. Par contre, je suis en discussion pour un transfert. Eux prendraient des chats d’ici et moi des chiens de là-bas», note-t-elle.

Parce que pour les chiens, il y a l’espace disponible pour s’en occuper et la DG sait qu’elle réussira à les placer. Ce n’est pas la même situation pour les chats. Des cages sont installées dans les corridors et les familles d’accueil, très nombreuses, sont mises à contribution. «Et là, c’est la saison des chats errants. Les mamans ont leur deuxième portée et il y en a plusieurs», fait-elle savoir. Si bien qu’une trentaine de chats sont actuellement disponibles à l’adoption. D’autres viendront sûrement s’ajouter avec les déménagements du 1er juillet, bien que dans la municipalité, il n’y ait pas de grande vague de changements d’adresse habituellement comme le note Mme Monfette qui rappelle aux gens que le refuge devrait être le dernier recours et non le premier lorsqu’on ne peut garder son animal.

Adoptions et abandons

Au début du confinement, la SPAA a eu à gérer différentes situations. Certaines personnes ont voulu abandonner leur animal, croyant qu’il serait porteur du virus alors que d’autres souhaitaient adopter, ayant tout le temps nécessaire. «Nous avons eu ce qu’on appelle ici beaucoup de faux errants, malheureusement avec la désinformation du départ», se souvient-elle. Puis, avec les pertes d’emplois et la précarité financière, des abandons sont aussi survenus.

De l’autre côté, plusieurs personnes ont voulu devenir famille d’accueil et adopter. «Il a fallu être sélectif et poser des questions sur le style de vie avant COVID. Souvent, c’est très émotif une adoption et la rationalité n’est plus au rendez-vous. On force les gens à la réflexion», rappelle-t-elle. Il ne s’agit pas de refuser des adoptions, mais bien de diriger les gens vers les animaux qui vont leur convenir.

Quant aux bénévoles (exclus des opérations au début du confinement pour des raisons sanitaires), ils ne sont pas encore de retour à la SPAA pour promener les chiens. Cela amène une autre surcharge de travail pour le personnel qui se doit de trouver des moyens de stimuler les animaux (les chiens surtout), privés des promenades accompagnés des bénévoles, une aide précieuse en temps normal

Les projets reviennent

La vie reprend tranquillement son cours, tout comme les projets. À la SPAA, justement, s’amorce une collaboration avec La Niche, commerce de nourriture d’animaux, installée tout près de l’organisme. «On a discuté et ils vont installer une chatterie qui accueillera des chats disponibles à l’adoption qui viennent d’ici. Le but, c’est de promouvoir l’adoption responsable alors on y mettra que des chats adultes, souvent délaissés au profit des chatons», contextualise Gabrielle.

Il y a également une nouvelle image pour l’organisme, qu’on peut d’ailleurs voir sur l’affiche du bâtiment. Mais il n’y aura pas de grande ouverture ou de fête pour le souligner, comme c’était l’intention au départ, COVID oblige. «On est là pour les vraies raisons, les animaux. Même si on est une petite équipe, c’est impressionnant ce qu’on peut faire», termine-t-elle.

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