Rien n’arrête Kelly-Anne

Par Manon Toupin
Rien n’arrête Kelly-Anne
Kelly-Anne fait la fierté de sa maman Anne-Marie. Elle est enjouée et ne s'impose pas de limites. (Photo : Capture d'écran)

Du haut de ses 8 ans, Kelly-Anne ne se laisse pas impressionner par grand-chose. Le fait qu’elle soit amputée d’une main et d’une jambe n’est surtout pas un frein pour cette jeune victoriavilloise remplie d’énergie et de joie de vivre.

Son enthousiasme face à la vie en général a fait en sorte qu’elle a été la vedette d’une production vidéo «Kelly-Anne, portrait d’une Vainqueure» (deux en fait, une première de 2 minutes et l’autre de 30 secondes) de l’association des Amputés de guerre. Cette dernière a décroché deux reconnaissances lors du World Fest-Houston International Film Festival tenu au Texas (qui souligne l’excellence des productions audiovisuelles américaines et internationales et où 37 pays sont représentés), un Gold Remi et un Platinum Remi.

Dans cette vidéo, on voit une fillette enjouée qui nage, pêche, fait du vélo, tout cela sans difficulté grâce à des prothèses ou des adaptateurs faits sur mesure. La jeune fille est très sportive et n’hésite pas à essayer de nouvelles activités.

Elle a bien aimé son expérience de tournage l’été dernier de la capsule vidéo. «Même si j’avais fait une commotion cérébrale», s’empresse-t-elle de préciser au téléphone. Mais cela ne l’a pas empêchée de donner le meilleur d’elle-même pour cette production qui fait la promotion des différents services offerts par les Amputés de guerre. «C’était cool», se souvient-elle. Sa maman, Anne-Marie, a également apprécié ce tournage, qui n’est pas le premier de Kelly-Anne et tout le professionnalisme de l’équipe surtout. «Ce sont les mêmes personnes depuis qu’elle est petite», apprécie-t-elle.

On la voit dans la piscine, avec ses prothèses conçues à cet effet, puis à la pêche où elle tient bien sa canne. Elle n’est nullement limitée et peut sauter à la corde, faire des roues latérales (c’est encore un  «work-in-progress), glisser l’hiver ou faire du patin à glace. Elle a même commencé à faire du vélo à deux roues une année avant qu’on lui suggère de le faire et a rapidement compris comment il fallait faire et elle en est bien contente.

Bientôt, elle aura des adaptateurs qui lui permettront de jouer au hockey et au baseball.

De naissance

Anne-Marie a su, pendant sa grossesse, qu’il manquait un bout de main et de jambe à la sympathique fillette. Étant née ainsi, pour Kelly-Anne il ne lui manque rien en fait. «Elle est très bien dans son corps et ne s’impose pas de limites», explique fièrement sa maman.

Et grâce aux Amputés de guerre, qui lui fournissent les prothèses ou adaptateurs dont elle a besoin, elle peut tout faire. Ce sont celles pour la natation ou la douche qu’elle apprécie particulièrement. Elles lui permettent de nager, de plonger, de marcher dans le sable et même de porter des «gougounes».

Étant en pleine croissance, il lui faut plusieurs prothèses chaque année. Les Amputés de guerre sont une ressource indispensable à ce niveau ayant toute l’expertise nécessaire. D’ailleurs, l’organisation apporte un grand soutien à la famille à différents niveaux, notamment avec des rencontres qui permettent à la fillette de côtoyer d’autres jeunes qui relèvent les mêmes défis qu’elle.

En septembre, Kelly-Anne commencera sa troisième année à l’école. Actuellement, elle est à la maison avec sa mère et y terminera l’année scolaire. Elle a bien hâte de revoir ses amis même si elle se plait bien également à la maison où elle prend soin de faire devoirs et leçons pour rester à jour dans les apprentissages. À l’école, elle est bien appréciée et tous l’accompagnent dans sa différence.

Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle veut faire plus tard, elle répond spontanément qu’elle veut être docteure. Mais elle n’est pas encore certaine si ce sera pour les humains ou les animaux. Chose certaine, elle n’envisage pas de carrière au cinéma même si elle apprécie bien ses expériences vidéo avec les Amputés de guerre.

Pour maman Anne-Marie, que sa fille participe à ce moyen de promotion de l’organisme est important, même si elle lui laisse toujours le choix. «J’ai toujours été fière de ma fille. Et plus on en parle, mieux c’est. C’est la petite fille la plus heureuse que je connaisse», insiste-t-elle.

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