Pro-Vélo : le cri du cœur a été entendu

Par Claude Thibodeau
Pro-Vélo : le cri du cœur a été entendu
Luc Provencher avec ses partenaires Thomas Cantin et Philippe Habel (Photo : www.lanouvelle.net)

En septembre dernier, Luc Provencher, propriétaire de Pro-Vélo à Warwick, prévenait sa clientèle : faute de relève, il allait devoir mettre fin à son aventure de plus de 10 ans. Oui, il  a fermé boutique le 31 octobre. Mais son cri du cœur a résonné, de sorte que Pro-Vélo a pu rouvrir, le 3 mars, grâce à deux nouveaux partenaires qui se sont manifestés.

Et ce ne sont pas deux inconnus qui ont accepté le partenariat proposé par Luc Provencher. Ces deux Victoriavillois, Thomas Cantin et Philippe Habel, figuraient parmi les clients de longue date de la boutique. «Je savais qu’ils étaient des passionnés du vélo. Quand on a fermé, ils m’ont contacté. Nous nous sommes rencontrés à quelques reprises durant l’hiver. Ça a bien été. Leur hésitation n’a pas été longue», raconte Luc Provencher.

Les deux nouveaux venus avaient été attristés d’apprendre la fermeture de Pro-Vélo. «On perdait notre boutique où nous étions clients depuis plusieurs années. On se déplaçait de Victoriaville à Warwick pour l’entretien de nos vélos. Quand s’est offerte l’occasion de participer à la relance, d’être impliqués et de pouvoir apprendre de Luc tous les rouages, c’était difficile de refuser», relate Thomas Cantin.

Adeptes de vélo depuis presque toujours, ils le pratiquent, on peut dire, sous toutes ses formes, que ce soit le vélo de route, de montagne ou de gravier. On peut, sans se tromper, les qualifier de véritables passionnés.

«Si on se spécialise peut-être dans le vélo de montagne, ce qui est bien avec notre partenariat avec Luc, c’est qu’il possède une vaste connaissance du vélo en général, mais beaucoup du vélo de route. On vient donc se compléter dans nos connaissances, ce qui fait que le client, peu importe ce qu’il veut, y trouve son compte», fait valoir Thomas Cantin.

S’adapter

La pandémie, certes, a déjoué quelque peu les plans. La boutique a ouvert ses portes le 3 mars pour les refermer quelques jours plus tard en raison de la crise. «On n’a pas encore véritablement une période d’opération normale en raison de la COVID», note Thomas.

Par contre, malgré la fermeture de la boutique, l’atelier de réparations a pu poursuivre ses activités sur livraison. On allait chez le client chercher le vélo, on le réparait, puis on le lui rapportait. Un service très apprécié, observe Luc Provencher. «Nous avons été les premiers à nous virer rapidement de bord et à trouver une alternative», indique Thomas Cantin.

«On veut amener un plus pour se démarquer avec quelque chose qu’il n’y a pas dans la région», mentionne Luc Provencher. Le trio ne manque pas d’idées pour développer différents projets, dont l’organisation, lorsque ce sera possible, de sorties vélo, tant sur route qu’en montagne, afin d’attirer une plus large clientèle.

«Nous ne voulons pas nous limiter à être une boutique de vélo où tu te présentes pour une réparation ou l’achat d’accessoires, expose Thomas Cantin. Nous souhaitons être un pivot du cyclisme dans la région, une référence, amener les clients à développer un sentiment d’appartenance, non seulement pour nos produits, mais aussi pour les événements que nous allons organiser.»

Si la saison 2020 s’annonce au ralenti vu les circonstances actuelles, en revanche, les trois partenaires de Pro-Vélo auront assurément tout mis en place pour démarrer 2021 en force. Avec philosophie, Thomas Cantin note que la crise leur aura procuré du temps pour bien faire les choses, notamment développer le site Web. «La pandémie aura eu de bons côtés. On a pu planifier notre démarrage d’entreprise. Pro-Vélo existe depuis longtemps, mais pour nous, c’est complètement nouveau. Ça nous a permis d’être moins bousculés, que si nous avions eu un début de saison normal, un printemps régulier», exprime-t-il.

Côté tendance, entre autres, ces spécialistes du vélo constatent une popularité croissante du vélo électrique. «On en voit de plus en plus», observe Philippe Habel. La mentalité à cet effet a évolué depuis quelques années, renchérit Luc Provencher. «Il y a cinq ans, c’était pour les 70 ans et plus avec mobilité réduite. Tel n’est plus le cas aujourd’hui. Les gens s’en servent pour aller travailler et éviter d’arriver tout en sueurs.»

L’utilisation d’un vélo électrique ne signifie pas que tu es moins en forme et moins cycliste pour autant, poursuit Thomas Cantin. «Dans l’espace de temps disponible pour t’adonner au vélo, tu couvriras plus de terrain, tu vas juste aller plus loin. Sans compter que tu auras l’occasion de te rendre à des endroits où tu n’aurais pu aller dans le laps de temps prévu.»

Bref, Pro-Vélo, avec du sang neuf dans ses rangs, poursuit donc sa mission, au coin des routes 116 et Saint-Albert, avec les heures d’ouverture semblables, les mêmes produits, le même service. «Et même plus», lancent-ils. «On a une équipe vraiment solide», conclut Philippe Habel.

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