Matthew K. Bergeron connaît une ascension vertigineuse

Par Matthew Vachon
Matthew K. Bergeron connaît une ascension vertigineuse
Matthew K. Bergeron (Photo : Charles Wayneright / Orange de l’Université Syracuse)

Le fait de passer de la division 2 du football collégial québécois à partant dans la NCAA en un peu moins d’un an semble utopique au premier abord. Pourtant, c’est bien ce qu’a réalisé le Victoriavillois Matthew K. Bergeron, marquant du même coup l’histoire du programme de football de l’Université de Syracuse.

À la suite du départ du bloqueur Ryan Alexander en pleine saison, l’entraîneur-chef de l’Orange de l’Université Syracuse, Dino Babers, s’est tourné vers la recrue canadienne pour occuper le poste de bloqueur à droite. Il est ainsi devenu la première recrue (freshman) à amorcer un match à cette position depuis 2002 et le premier depuis 2008 sur la ligne offensive. En fait, depuis 1986, seulement quatre joueurs de ligne offensive ont été partants au sein du programme football de Syracuse. «J’étais vraiment content de devenir partant. Durant l’été, j’ai travaillé fort pour apprendre le cahier de jeu et ce qui l’entoure. Physiquement, grâce aux Filons du Cégep de Thetford, j’étais prêt dès le camp d’entraînement. Les entraîneurs l’avaient remarqué. Au camp du mois d’août, je jouais contre les équipes numéro 1 et 2, donc c’est pour ça que j’ai rapidement touché le terrain. Je me suis amélioré de semaine en semaine jusqu’à gagner un poste de partant», a fait valoir le joueur de 19 ans.

Lorsqu’Alexander a pris la décision de quitter les Orangemen, l’équipe avait déjà disputé sept de ses 12 rencontres. Bergeron a donc obtenu cinq départs à sa première saison. Qui plus est, la ligne offensive de Syracuse connaissait des ratés puisqu’elle accordait jusque-là une moyenne de cinq sacs du quart par rencontre, le pire rendement de la NCAA. Bergeron s’amenait donc dans une unité qui devait freiner l’hémorragie afin de laisser plus de temps au quart-arrière Tommy DeVito pour faire son travail. «Quand j’ai su que j’allais être partant, j’étais heureux, mais également stressé, car ça vient avec son lot de responsabilités. Je pense avoir bien géré ça et dès le premier match, j’ai su faire mes preuves.»

Un bilan positif individuellement, mais mitigé collectivement

Évidemment, lorsque questionné sur le bilan individuel qu’il fait de cette première campagne dans l’antichambre de la NFL, Bergeron ne peut se montrer que satisfait. «J’ai vraiment appris beaucoup grâce aux joueurs plus vieux sur la ligne offensive. De match en match, je me suis amélioré. Samedi dernier (30 novembre), lors du dernier duel de la saison, j’ai disputé mon meilleur match selon les entraîneurs, ce que je crois également. Ça me rend heureux et j’ai déjà hâte de recommencer l’an prochain.»

Le son de cloche est toutefois quelque peu différent sur le plan collectif. En effet, l’Orange a remis un dossier de cinq victoires et sept défaites, ce qui ne leur a pas permis de se qualifier pour les éliminatoires. «Ça a été difficile en début de saison, mais après quelques changements et les personnes qui ont pu gagner en confiance, nous nous débrouillions bien en fin d’année.»

Au cours de leur calendrier 2019, l’Université de Syracuse a eu à se frotter à quelques équipes réputées comme celles des puissants Tigers de Clemson, les Eagles de Boston College et les Seminoles de Florida State. L’imposant gaillard de 6’04’’ et 311 livres a donc eu la chance de vivre de grands moments dans sa jeune carrière. C’est cependant la dernière rencontre, remportée 39 à 30 en prolongation face aux Demon Deacons de l’Université Wake Forest, qui a retenu le plus son attention. «Ça a été l’un des matchs les plus excitants auquel j’ai pu participer. Je suis satisfait de voir notre équipe terminer sur une bonne note pour les joueurs de dernière année. Certains ne rejoueront plus au football, donc je suis heureux de leur laisser un bon souvenir.»

Le prometteur joueur de ligne de la région aura maintenant une dizaine de mois afin de s’entraîner et bien se préparer en vue de sa deuxième saison dans la NCAA. Bergeron tentera surtout d’améliorer ses capacités en tant que bloqueur pour favoriser l’attaque au sol.

En ce qui concerne l’alignement, la plupart des départs affecteront l’unité défensive, mais l’attaque comptera sur plusieurs retours parmi ses partants. «L’un de nos porteurs de ballon va quitter les rangs universitaires, tout comme l’un de mes coéquipiers sur la ligne offensive. Il y a cependant plusieurs gars qui peuvent remplir cette place et bien jouer.

Un bel accueil des Américains

En tant que Francophone, Bergeron a évidemment dû passer par une période d’adaptation afin de bien s’acclimater à son nouvel environnement, entièrement anglophone. Il n’était toutefois pas le seul Québécois de l’équipe. En effet, il partageait le vestiaire avec trois autres représentants de la Belle Province. À son étonnement, l’accueil réservé par ses nouveaux coéquipiers a été des plus chaleureux. «À ma grande surprise, tout le monde nous a très bien accueillis et nous a aidés à bien nous sentir. Au début, avec le langage, nous avions plus de difficultés, mais les gens ont été très patients. Le premier Québécois qui est arrivé avec l’équipe, Patrick Davis, nous a donné beaucoup de conseils. Notre transition s’est donc très bien déroulée.»

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