La Balade gourmande, un produit d’appel en tourisme

Par Andrée-Anne Fréchette
La Balade gourmande, un produit d’appel en tourisme
Joanne Côté et Daniel Blanchet, de la CDEVR, témoignent de l'évolution de la Balade gourmande. Cette dernière, cette année, se tient les 5, 6, 12 et 13 octobre. (Photo : www.lanouvelle.net)

Né en 2000, l’événement L’Automne dans les Bois-Francs consistait à convier les visiteurs à découvrir les attraits de la région tout en prolongeant la saison touristique. Rapidement, on constate que les entreprises agroalimentaires tirent particulièrement bien leur épingle du jeu. La Balade gourmande germe. À la veille de son 20e anniversaire, sa croissance se poursuit.

Au départ, il y avait des artisans, des entreprises et des attraits présentés sous forme de circuits pendant deux semaines. Un marché de produits régionaux s’ajoute aux propositions de L’Automne dans les Bois-Francs, au mont Arthabaska, en 2001. L’année suivante, on accole l’appellation Balade gourmande au rendez-vous. «L’idée, c’était de faire connaître nos entreprises, leurs produits et d’allonger la période touristique», commente Daniel Blanchet, agent de développement à la Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région (CDEVR). Ce virage vers le secteur agroalimentaire donnera une erre d’aller à l’événement tout en le distinguant de ce qui se fait dans les régions voisines. On renforcera cette position en 2008, alors que son nom officiel devient Balade gourmande des Bois-Francs.

Notons que plusieurs producteurs et transformateurs s’inscrivent à l’événement depuis sa naissance, dont le Verger des Horizons, le Centre d’interprétation de la canneberge et la Brûlerie des Cantons.

Visiteurs

Au cours des premières années, les visiteurs proviennent davantage de l’extérieur de la région. «En 2005, on avait 11 entreprises agroalimentaires et 2250 personnes se sont présentées au marché, à la montagne, pendant les quatre jours. Aujourd’hui, il en rentre plus que ça dans une seule journée», compare Joanne Côté, agente d’accueil et de commercialisation à la CDEVR. Tout comme M. Blanchet, elle a fait partie de l’équipe qui a organisé la Balade, alors que l’événement était sous la responsabilité de Tourisme Bois-Francs.

Aujourd’hui, 37 producteurs figurent dans l’un des cinq circuits, alors qu’en 2004, la proposition ne comptait qu’un parcours. «En 2009, l’offre a augmenté. On avait La Jambonnière, Multi-Brasses, la Fromagerie du Presbytère et la Faisanderie, par exemple. Il y en avait assez pour deux parcours. On proposait des tours guidés en minibus», se souvient Mme Côté.

L’équipe de Tourisme Bois-Francs espérait le succès du rendez-vous. «On le faisait à travers nos tâches régulières. Ça prenait de l’ampleur chaque année, mais pour que ça fonctionne, il fallait de la promotion», note-t-elle. Un des défis consiste à trouver l’argent nécessaire à la publicité. On en vient à injecter plusieurs dizaines de milliers de dollars pour ce faire. «La Balade gourmande a été beaucoup connue des gens de la région par les gens de l’extérieur. Puisque nous sommes en tourisme, nous investissions beaucoup dans des journaux et des médias de l’extérieur de la région», précise Mme Côté. Les sondages effectués sur le terrain confirment l’engouement des résidents d’autres régions. Souvent, ce sont eux qui téléphonent à leur famille de Victoriaville et sa région pour les inviter à sillonner un parcours.

«De fil en aiguille, c’est devenu un <@Ri>must<@$p> régional», observe Daniel Blanchet. En effet, 10 ans plus tard, la population a adopté la Balade. Or, pour alimenter l’intérêt des visiteurs, l’innovation est de mise. Pour y parvenir, des producteurs s’ajoutent, alors que les habitués proposent des nouveautés.

Transition

Tourisme Bois-Francs, renommé Tourisme Victoriaville et sa région en 2013, a dû confier l’événement gourmand afin qu’il puisse poursuivre sa croissance. En 2014, le Festival des Fromages Fins de Victoriaville prend la relève de sa gestion, lui permettant du coup de faire travailler son équipe à longueur d’année. Mais l’organe touristique régional, devenu le secteur tourisme de la CDEVR, continue de s’impliquer dans l’organisation de la Balade. Encore aujourd’hui, un représentant siège au conseil d’administration. Parmi les avantages de ce changement, la disparition des contraintes territoriales. De fait, on greffe un circuit additionnel dans la région de L’Érable dès 2014.

Hauts standards

N’expose pas qui veut à la Balade gourmande. Les règles d’inscription s’avèrent nombreuses et touchent les heures d’ouverture, la sécurité, le stationnement, le type de produit, etc. «On visitait toutes les entreprises», se souvient Mme Côté. Car il fallait voir par où les visiteurs entreraient, où se feraient les dégustations et si des travaux semblaient nécessaires. L’état des lieux pèse dans la balance, étant donné que plusieurs producteurs souhaitent accueillir les touristes chez eux, tandis que l’organisation espère, de son côté, que les gens reviennent l’année suivante.

Dans les mini-marchés, on reçoit plusieurs artisans, mais on s’assure qu’ils sont capables de fournir la marchandise, tout comme les producteurs qui ouvrent leurs portes. Car, dans les premières années de son histoire, les gens goûtaient et repartaient. Aujourd’hui, ils achètent. «Les gens consomment et font la Balade pour acheter», de dire Joanne Côté. Plus les curieux goûtent, plus ils mettent la main dans leur poche. Voilà pourquoi on invite les producteurs et transformateurs à être généreux.

Enfin, pour certains, la Balade constitue jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires annuel. L’importance de ces deux week-ends apparaît fondamentale dans le paysage agroalimentaire régional.

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