Bénévolat des jeunes dans les CHSLD, gagnant pour tous

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Par Andrée-Anne Fréchette
Bénévolat des jeunes dans les CHSLD, gagnant pour tous
Raymond Verville, Alice Giguère, Naïka Caron et Jennifer Poisson. (Photo : www.lanouvelle.net)

Naïka Caron, 13 ans, a passé 158 heures de son été auprès de bénéficiaires du centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du Chêne, à Victoriaville. Elle fait partie des 17 jeunes inscrits au projet Sunny Action qui ont égayé gratuitement le quotidien des usagers de ce centre pendant la période estivale.

Des jeunes âgés entre 12 et 17 ans donnent de leur temps en devenant bénévoles dans un centre d’hébergement de leur municipalité. À Victoriaville, 17 ont rejoint le projet Sunny Action cet été. Pendant huit semaines, ils ont accompagné des aînés et les ont divertis.

«On leur demande d’offrir un minimum de trois heures par semaine, donc une demi-journée. Mais ils peuvent en faire plus», commence Jennifer Poisson, technicienne en loisir au CHSLD du Chêne. Avec plus de 150 heures passées auprès des aînés, Naïka Caron admet ne pas s’être fait prier pour en faire plus.

Les tâches de ces volontaires ne consistent pas à offrir des soins, mais bien à divertir les bénéficiaires. Quilles, bingo, café-rencontre, manucure, promenade à l’extérieur, parcours, épluchette de blé d’Inde et collation glacée ne représentent que quelques-unes des activités orchestrées par le groupe. Naïka, crieuse de bingo officielle, indique que ce jeu a constitué pour elle un moment fort de la belle saison. «Dès ma première journée, un résident, M. Croteau, m’a dit que je serais son porte-bonheur. À cet instant, nous avions déjà établi un contact», raconte-t-elle tout sourire.

Ces jeunes sèment le bonheur dans la résidence, observe Jennifer Poisson, autant auprès des préposés que des bénéficiaires. Or, ils y gagnent aussi en prenant de l’assurance, notamment.

Pas de prix

L’équipe de bénévoles de Victoriaville de Sunny Action.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, plusieurs entreprises s’arrachent les travailleurs étudiants. Même à 13 ans, il apparait dorénavant facile de dénicher un emploi d’été. Or, pour Naïka Caron, l’expérience de Sunny Action n’a pas de prix. «Les résidents sont tellement chaleureux et souriants. Dès les premiers jours, ils nous complimentent et apprécient ce que nous faisons. Ils nous disent : tu feras de grandes choses plus tard. On tisse des liens au fil des semaines que nous passons avec eux. Mes amis me demandaient pour faire des partys la fin de semaine. Je refusais et préférais rester avec les résidents et faire des activités avec eux», confie-t-elle. Il faut faire du bénévolat pour comprendre la valorisation qu’on peut en retirer, croit la jeune fille.

Alice Giguère écoute Naïka parler des résidents du Chêne. «Nous autres aussi, on t’aime», lui lance-t-elle. Mme Giguère vit au CHSLD depuis l’hiver et note que la présence de ces jeunes apporte non seulement de la joie, mais donne littéralement «le goût de vivre». Son époux, Raymond Verville, signale le réconfort de la savoir entre bonnes mains. «Je les appelle nos anges», indique-t-il. Car, pour lui, il n’y a pas que les soins, mais aussi les joies quotidiennes à considérer.

Lorsqu’on lui demande quel métier elle exercera plus tard, Naïka Caron hésite entre trois choix : styliste, technicienne en loisir au CHSLD et enseignante. Mme Giguère a son idée : «elle serait bien capable de faire les trois».

Dans la région sociosanitaire  Mauricie et Centre-du-Québec, 192 jeunes ont participé à améliorer le quotidien des résidents des CHSLD. Le mouvement, initié par Alain Desbiens en 2008 à la mémoire de son fils Sunny, qui s’engageait auprès des personnes âgées, a gagné quatre autres régions cette année, faisant grimper à 274 le nombre de jeunes bénévoles au Québec.

Naïka Caron a reçu un prix et une bourse pour son engagement avec Sunny Action.

 

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