L’art inflitrant d’Ani Deschênes

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Par Manon Toupin
L’art inflitrant d’Ani Deschênes
Ani Deschênes (à gauche) est en résidence à l’Atoll jusqu'au 20 mars. (Photo : www.lanouvelle.net)

Ani Deschênes s’est installée à l’Atoll de Victoriaville pour y effectuer une résidence d’artiste. Elle est la première, depuis plusieurs années, à habiter l’Atoll, le temps de créer des œuvres et d’entrer en relation avec les aînés du secteur, bref de faire de l’art infiltrant.

Sa résidence était prévue du 6 au 20 mars, mais c’est bien avant qu’Ani est venue à Victoriaville. «J’ai commencé en septembre alors que j’ai rencontré des gens de la FADOQ avec qui j’ai marché sur la Promenade des aînés», a-t-elle expliqué, jeudi après-midi, alors que deux citoyennes étaient installées avec elle et créaient un dossard, une autre partie de sa résidence.

Lors d’une marche avec les dossards

C’est que l’artiste puise son inspiration dans les relations qu’elle fait lors de ses rencontres. Elle a créé des liens, notamment grâce à une correspondance écrite initiée avec des gens du coin. «Je leur ai demandé de m’écrire ce qu’ils avaient oublié cette semaine», a-t-elle expliqué en entrevue. À partir des réponses, elle coud des dossards représentant ces oublis dans le cadre de son projet qu’elle a intitulé «Contre-attaquer l’oubli». «Et chaque fois que je marche, j’en porte un», ajoute-t-elle. Cela démontre qu’il faut porter fièrement ses souvenirs afin de ne pas être oublié. Jusqu’à présent, 10 dossards ont été fabriqués sous la thématique de l’oubli.

Il reste un après-midi, le samedi 16 mars entre 13 et 16 h, où les gens sont invités à venir à l’Atoll, que ce soit pour rencontrer l’artiste ou créer une œuvre textile. Le 20 mars (mercredi), à 13 h, une marche, au départ de l’Atoll pour se rendre à la Promenade des aînés, permettra aux gens d’afficher fièrement les œuvres d’art textile qu’ils ont inspirées.

L’artiste, qui habite Boucherville, a profité de sa résidence à Victoriaville pour découvrir les lieux et les gens et s’en inspirer. En plus, en marchant avec ses dossards, elle propage l’art dans la ville, comme l’indique la directrice d’Atoll, Laurelou Hélie.

Aux créations cousues s’ajoutent des dessins réalisés par Ani, inspirés des nombreuses photos qu’elle a fait prendre de ses différentes marches et rencontres. Parce qu’à chaque sortie, elle demande à quelqu’un de la photographier. En plus de laisser des traces de son parcours, la demande permet d’entrer en communication avec les passants. Cela vient compléter le processus créatif. Toutes les œuvres qui résulteront de cette résidence seront exposées à l’Atoll, du 6 avril au 18 mai.

Une exposition

En même temps que la résidence, le centre d’art actuel accueille, jusqu’au 30 mars, l’exposition de la Victoriavilloise Julie Bellavance.

La lithographe, détentrice d’une maîtrise en art, présente son travail fait à partir de plantes trouvées à Terre-des-Jeunes.

Les lithographies, parfois accrochées au mur, mais également installées sur des socles, permettent deux visions différentes. Si au premier regard le visiteur pensera qu’il s’agit toujours de la même œuvre, il révisera son opinion lorsqu’il s’approchera et verra que les différences sont nombreuses, que ce soit dans les lignes, les couleurs ou même les textures. Julie est une artiste de plus en plus reconnue qui s’en va bientôt en Allemagne pour une résidence d’artiste et qui aura également la chance d’aller au Nouveau-Mexique dans la plus grande école de lithographie.

Le Lagon

En passant à l’Atoll, il ne faut pas manquer de s’attarder non plus au Lagon, ce lieu d’exposition destiné aux membres et où on peut acheter une œuvre. C’est l’endroit qu’il faut voir afin d’apprécier des artistes qui profitent de cet espace pour faire valoir tout leur talent.

L’Archipel

Pour demeurer dans le thème, la directrice d’Atoll parle fièrement de l’Archipel qui est à prendre forme. Il s’agira d’un atelier libre-service où les gens seront invités à venir créer. «On veut aussi en faire un lieu de partage du savoir et un lieu de rassemblement», termine-t-elle.

Déjà, on y a aménagé un espace salon où on peut feuilleter des revues d’art ainsi qu’un espace plus pratique avec un lavabo afin de permettre les ateliers variés. Un lieu que tous pourront s’approprier.

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