STAFF: un programme pour dénicher la main-d’œuvre cachée ou oubliée

Par Andrée-Anne Fréchette
STAFF: un programme pour dénicher la main-d’œuvre cachée ou oubliée
Une des missions du programme STAFF s'avère d'offrir des formations qualifiantes préalables à l'embauche, notamment dans les installations du CIFIT. (Photo : lanouvelle.net)

Il y a de multiples bassins de main-d’œuvre sous-représentés, que ce soit des décrocheurs, des personnes vivant avec un handicap, des 50 ans et mieux qui souhaitent changer de domaine, des travailleurs issus de l’immigration, etc. Avec son programme STAFF, le Service aux entreprises (SAE) Centre-du-Québec ajoute l’employabilité et la recherche d’employés à sa carte.  

Parce la pénurie d’emploi se déploie sur les nombreuses bannières «nous embauchons», placardées en façade des entreprises de la région, la SAE a décidé de réagir en élaborant le projet STAFF, dont une des stratégies consiste à recruter des travailleurs non diplômés ou ayant un bagage atypique.

«Nous avons des étudiants qui ne finissent pas leur parcours professionnel pour toutes sortes de raisons. Ça peut être à cause de difficultés académiques ou pécuniaires. Mais en s’inscrivant une première fois, ils avaient manifesté leur intérêt pour le milieu manufacturier», commence Johanne Lachapelle, directrice du SAE. Ces gens, elle les appelle la main-d’œuvre cachée. Elle note que plusieurs se mettent des limites ou ne savent plus comment s’y prendre pour compléter leur cheminement scolaire. Ainsi, STAFF deviendra une passerelle entre ces candidats et les compagnies désireuses de les accueillir. «Nous verrons la zone de confort de chacun. Sommes-nous prêts à travailler avec des gens issus de l’immigration, avec une clientèle féminine, d’autres avec un léger handicap intellectuel ou physique?», questionne-t-elle. Un des objectifs de la manœuvre consiste à faire du Centre-du-Québec une région plus résiliente au manque de main-d’œuvre à travers de l’accompagnement dans les démarches de recrutement.

Afin de mobiliser ces travailleurs, STAFF fonctionnera grâce à la force de plusieurs organismes du secteur de l’employabilité, dont les Services intégrés pour l’emploi (SIE), Accès-Travail, Partance et la Coalition des 45 ans pour l’emploi. Leur expertise respective sera mise à contribution dans le but d’assurer l’accès durable à l’emploi.

«Nous ferons un suivi téléphonique avec tous nos anciens étudiants qui ont abandonné pour voir leur intérêt pour le milieu manufacturier. Nous appellerons tous ceux qui ont fait un cheminement particulier dans nos commissions scolaires pour créer une banque de noms», exemplifie-t-elle.

Les futurs diplômés seront aussi courtisés afin de répondre aux demandes des entreprises.

Formation

Le deuxième volet de STAFF consiste à offrir les formations qualifiantes indispensables à l’embauche. «Quelqu’un qui a travaillé auparavant dans le secteur des services et qui désire maintenant se diriger vers le manufacturier pourra recevoir une formation de courte durée», résume Mme Lachapelle.

Enfin, le programme mise également sur l’accroissement de la productivité par le virage numérique. Pour la première année, 50 entreprises composeront le groupe pilote. Les représentants de celles déjà inscrites sont unanimes, STAFF constitue une réponse essentielle à leurs besoins.

Christine Monfette, directrice des ressources humaines chez Bateaux Princecraft, précise que par le passé, les critères d’engagement s’avéraient plus élevés. Or, depuis deux ans, le constructeur a dû changer ses façons de faire afin de trouver des candidats. Une formation de sept semaines a été créée pour répondre à ses besoins. «Nous sommes actuellement à notre deuxième cohorte d’individus nouvellement embauchés qui suivent la formation initiale de travaux d’atelier dispensée par le SAE et les impacts sont très positifs», témoigne-t-elle. Ces premiers pas vers une formation sur mesure incluse dans le processus de recrutement ont motivé l’entreprise à participer au programme STAFF.

Pour Cindy Virasack, directrice des ressources humaines chez Métalus, l’initiative leur offrira un bon coup de pouce dans le transfert de connaissances essentielles à l’accomplissement des tâches de leurs journaliers.

Le Mouvement Desjardins verse un montant de 160 000 $ au programme. Les entreprises de la région y contribueront à la hauteur de 75 000 $, tandis que la SAE y injectera 50 000 $. Les entreprises intéressées à adhérer au projet pilote doivent remplir et transmettre un formulaire au SAE avant le 1er mars. Toutes les personnes qui souhaitent intégrer le marché du travail dans le secteur manufacturier sont invitées à s’inscrire en ligne au programmestaff.ca.

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