Parce que la cybercriminalité a des impacts sur les victimes

Parce que la cybercriminalité a des impacts sur les victimes
Impliqués dans le projet, le préfet de la MRC d'Arthabaska, Alain St-Pierre, la conseillère pédagogique Karine Fleury de la CSBF, la directrice de Équijustice Arthabaska-Érable, Michèle Gariépy, et le lieutenant Patrick Côté de la SQ. (Photo : www.lanouvelle.net)

Le projet Penses-y avant de publier a, heureusement, eu une suite. Ainsi, la phase 2 du projet permet à la MRC d’Arthabaska et à Équijustice Arthabaska-Érable (nouveau nom de Pacte Bois-Francs) de lancer une toute nouvelle capsule vidéo pour sensibiliser les jeunes à la cybercriminalité.

Cette vidéo circule déjà sur les réseaux sociaux. «On a déjà beaucoup parlé des conséquences de la cybercriminalité pour les contrevenants. Cette fois, nous axons la campagne sur les impacts auprès des victimes. Nous voulons que les jeunes développent une empathie face aux victimes. Le projet vise à sensibiliser à l’importance des gestes, des mauvais comportements concernant les interactions en ligne», a expliqué Michèle Gariépy, directrice de Équijustice Arthabaska-Érable qui invite les gens à partager la vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=4RuIhTaUk9U&feature=youtu.be).

«Nous souhaitons qu’elle suscite la réflexion et des discussions entre les parents et les enfants. On retrouve beaucoup de propos haineux. On voit aussi de plus en plus de publications d’images intimes amenant des conséquences majeures pour les victimes», a-t-elle ajouté.

La phase 2 de Penses-y avant de publier a aussi pris la forme d’ateliers de sensibilisation dans les écoles. «À ce jour, 796 jeunes de sixième année du primaire et 1030 élèves de deuxième secondaire de la MRC d’Arthabaska ont été rencontrés. Nous voulons continuer d’ailleurs le volet 6e année avec l’agent Guy Désilets avec nous depuis longtemps. La présence d’un policier plaît aux gens et se traduit par un impact plus percutant», a précisé Michèle Gariépy.

L’ancien Pacte Bois-Francs continue son soutien auprès des écoles avec les cas de jeunes victimes de cyberintimidation. «Deux policières s’impliquent dans les écoles. Mais parfois, ce n’est pas criminel, il peut s’agir de cyberconflit. Depuis le début du projet, en fait, nous avons rencontré 114 personnes, des rencontres individuelles avec des personnes victimes et fautives pour regarder ce qui peut répondre à leurs attentes», a indiqué la directrice d’Équijustice Arthabaska-Érable.

L’organisme souhaite, l’an prochain, aller encore plus loin en proposant des ateliers, déjà élaborés et prêts, aux élèves de quatrième et cinquième année du primaire.

Pour pouvoir les offrir gratuitement, une demande de financement de 32 500 $ a été adressée.

Les partenaires

La Sûreté du Québec participe à ce projet important pour elle. «Penses-y avant de publier constitue un complément à nos propres programmes. Les nouvelles technologies amènent un nouveau genre de crimes. La sensibilisation est un aspect important. Il y a un bout à faire avant que les problèmes se rendent jusqu’à nous», a fait valoir le lieutenant Patrick Côté.

L’an dernier, a-t-il dit, les deux policières qui interviennent en milieu scolaire ont rencontré 21 victimes et 13 personnes fautives. «Tout cela nécessite un grand travail d’enquête, beaucoup de rencontres. Et il faut que cesse le plus rapidement possible la diffusion d’informations pour minimiser les impacts, car pour les victimes, les conséquences sont lourdes», a souligné le lieutenant Côté.

La Commission scolaire des Bois-Francs, pour sa part, a notamment travaillé à la promotion des ateliers et à ouvrir les portes des écoles. «Notre préoccupation, c’est de s’assurer d’une bonne utilisation des médias sociaux par les jeunes», a indiqué la conseillère pédagogique Karine Fleury.

Si les réseaux sociaux présentent beaucoup d’effets positifs, en revanche, des risques existent aussi. «Et le plus gros risque, c’est tout ce qui a rapport à la vie privée», a noté Mme Fleury.

Les ateliers présentés dans les écoles sont bien accueillis, selon elle, tant par les enseignants que par les jeunes.

Les profs, a-t-elle précisé, signalent notamment que ces ateliers suscitent la réflexion, que les élèves se sentent interpellés, qu’ils deviennent plus critiques et plus conscients des conséquences possibles de leurs actions.

Chez les jeunes, certains ont dit avoir appris qu’il fallait faire attention aux mots pour éviter les conflits. «Un autre a confié qu’il ne fallait pas parler ou accepter sur Internet une personne qu’on ne connaît pas», a fait savoir la conseillère pédagogique.

De son côté, la MRC d’Arthabaska aussi considère le projet comme essentiel. «Il est important de maintenir et de bonifier cette campagne de sensibilisation. Nous sommes tous d’accord à l’importance de l’éducation et de la sensibilisation des jeunes à l’usage respectueux des nouvelles technologies», a mentionné le préfet Alain St-Pierre.

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