Autobus Victoriaville innove avec un véhicule 100% électrique

Autobus Victoriaville innove avec un véhicule 100% électrique
Steeve et Marc Nadeau devant le tout premier autobus 100% électrique dans la région

Depuis environ un mois, les élèves du circuit 47 à Victoriaville montent, tous les jours de classe, à bord d’un tout nouveau véhicule, un autobus particulier entièrement électrique acquis par le transporteur Autobus Victoriaville qui fait figure de pionnier en la matière dans la région.

Les autobus électriques ne sont pas très nombreux au Québec. Celui d’Autobus Victoriaville est le seul parmi plus de 140 véhicules qui sillonnent les rues, les routes et les rangs du territoire de la Commission scolaire des Bois-Francs.

Ce véhicule électrique de 48 passagers fait la fierté de ses propriétaires, les frères Marc et Steeve Nadeau de Sainte-Sophie-d’Halifax qui croient au transport électrique. Une acquisition qui s’inscrit dans l’optique du développement durable. «Nous sommes fiers de faire figure de pionniers. À un moment donné, il faut y voir aux carburants alternatifs. De plus, Victoriaville s’affiche comme le berceau du développement durable, souligne Steeve Nadeau. C’était le temps de tenter le coup. Si on veut que ça se développe, quelqu’un doit donner l’exemple et en acheter.»

Si le but vise éventuellement à faire l’ajout d’autres véhicules du genre, Steeve Nadeau prévient que la flotte ne deviendra pas entièrement électrique, car le véhicule, en raison de son autonomie, ne permet pas, pour le moment du moins, de voyager et de sortir à l’extérieur.

L’autobus électrique offre une autonomie de 90 km. «Le véhicule n’est pas adapté pour le milieu rural. On n’en est pas rendu là», précise Marc Nadeau.
Toutefois, le véhicule convient très bien à la ville. «Les départs et les arrêts fréquents en ville permettent la recharge des batteries. Lorsqu’on lâche l’accélérateur, les batteries se rechargent, explique Steeve Nadeau. Donc, en ville, aucune difficulté à faire 90 km. Par contre, ce serait une tout autre histoire si on se rendait, par exemple, à Kingsey Falls. En maintenant le pied sur l’accélérateur, on demande toujours du pouvoir, on ne recharge jamais et cela gruge de l’énergie plus rapidement.»

Un produit québécois

L’autobus électrique de 48 passagers, comme presque tous les autres véhicules de la flotte à l’exception de deux minibus de 20 places, a été fabriqué au Québec par les Autobus Lion de Saint-Jérôme.

Un tel véhicule neuf coûte 285 000 $, confient les frères Nadeau. Mais le gouvernement, qui encourage ce développement, accorde, en vertu d’un programme pour l’électrification des transports, une aide financière de 125 000 $. «Une contribution intéressante, car sans cela, ça aurait été impensable. Mais le véhicule nous revient tout de même plus cher qu’un autobus diesel qui coûte 105 000 $. Il faut y croire», souligne Steeve Nadeau, indiquant que la rentabilité existe sur papier quant aux économies liées au diesel et à l’entretien. «Mais nous allons l’expérimenter dans la réalité», note-t-il, tout en précisant vouloir évaluer la situation à long terme sur une période de 10 ans.

Des commentaires positifs

Ce nouvel autobus électrique se fait remarquer notamment par ses pare-chocs bleus, permettant, au besoin, aux intervenants d’urgence d’identifier qu’il s’agit d’un véhicule électrique de 400 volts.

«Les gens le voient passer, mais ne l’entendent pas», observe Marc Nadeau. Effectivement, le véhicule est fort silencieux. Toutefois, pour assurer la sécurité des enfants lorsque, par exemple, l’autobus fait son entrée dans une cour d’école, une musique se fait entendre lorsqu’il circule à moins de 30 km/h.

Jusqu’ici, l’autobus électrique reçoit de bons commentaires. «Tous ceux qui embarquent sont enchantés. Ça fait jaser», signale Steeve Nadeau.

La chauffeuse Isabelle Soulière, qui conduit le véhicule, est aussi enchantée, selon ses patrons. Diverses circonstances ont fait qu’elle a hérité de l’autobus électrique. «Entre autres, elle conduisait le plus vieux véhicule de la flotte qu’on devait remplacer. Et puis, il fallait un circuit en ville», indique Steeve Nadeau.

Le nouveau véhicule est arrivé sur un fardier. Ce jour-là, la chauffeuse d’autobus a pu se familiariser avec l’autobus. «On aurait aimé le faire essayer à tous les chauffeurs, mentionne Steeve Nadeau, mais il y a plein de petits détails à savoir pour que tout fonctionne bien. Ça ne marche pas comme avec un véhicule diesel, la façon de conduire, de l’arrêter qui fera en sorte que les batteries se rechargent ou non. Ainsi, un même conducteur développe sa routine et ça roule bien ainsi. On s’en était aperçu, au début. On a connu certains pépins et ça dépendait de nous», reconnaît Steeve, bien heureux de constater une relève au sein de l’entreprise avec la présence de son fils Brian, le mécanicien d’Autobus Victoriaville. Le père et le fils ont d’ailleurs suivi une formation chez Autobus Lion pour pouvoir assurer l’entretien de leur véhicule électrique.

Un peu d’histoire

Les frères Marc et Steeve Nadeau ont baigné dans le transport scolaire, leur père Gaston possédant l’entreprise Transport GN à Sainte-Sophie-d’Halifax qu’ils ont rachetée en 1995. «On a toujours été dans ce domaine», rappelle Marc.

En 2010, les deux frères ont procédé à une autre acquisition, celle de l’entreprise Transport scolaire André Demers de Danville. Puis, trois ans plus tard, en 2013, Steeve et Marc devenaient propriétaires d’Autobus Victoriaville. Au total, avec les trois compagnies, leur flotte totalise une quarantaine de véhicules.

Partager cet article

Poster un Commentaire

avatar
  Subscribe  
Me notifier des