La réforme Barrette et les aînés

PLESSISVILLE. Je me questionne beaucoup sur la réforme Barrette et cela pour deux raisons : d’abord parce qu’il s’agit de la Santé, de notre santé, mais aussi parce que cette réforme ne parle jamais de la place des aînés.

Ce que j’entends, c’est que la population est de plus en plus vieillissante et que l’État a de moins en moins d’argent pour répondre aux besoins des aînés. Ce dont je suis certain, c’est que la valeur d’une société comme la nôtre se mesure à la qualité des soins que donne cette société à ses ainés.

Je m’inquiète de la santé des aînés, tout simplement parce que ce sont ces aînés qui ont bâti notre système de santé actuel. Le docteur Réjean Hébert, ministre précédent de la Santé, disait récemment au sujet des résidences pour aînés : «Je pense que ça fait l’affaire de l’État et du gouvernement de ne pas savoir qui est là parce que si on le savait, on serait obligé de donner les services et cela aurait des impacts budgétaires.» Tout est là! À quoi donc servent les crédits d’impôt s’ils ne permettent pas d’avoir des services de santé auprès des aînés ?

Permettez-moi de partager avec vous mon expérience personnelle. Dernièrement, j’ai dû être hospitalisé pour une chirurgie. Les soins à l’hôpital et au CLSC ont été excellents. De retour à mon appartement, ici, dans une résidence pour aînés, aucun membre du personnel soignant ne s’est occupé de moi, ni pour s’informer de ma santé, ni pour prendre ma pression, ni pour prendre ma température, encore moins pour me donner la médication que ma situation exigeait. La raison est simple : ce n’est pas dans leur description de leur tâche à ce personnel de soutien que je remercie pour le service des repas. Conclusion : j’ai été laissé à moi-même et heureusement que j’ai eu l’aide d’amis hors de ma résidence pour m’accompagner. M. Barrette, est-ce normal ? À quoi a servi mon crédit d’impôt ? À rien!

À mon avis, un réajustement s’impose : une meilleure qualité de présence et de soins s’impose auprès des aînés qui sont de plus en plus en perte d’autonomie. Les aînés en demandent-ils trop ? Je ne crois pas. Il s’agit de fixer les priorités.

Les aînés sont des papas, des mamans qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour le bien de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Ils sont maintenant plus fragiles et en perte d’autonomie. Ils souffrent en silence et deviennent parfois des anonymes. À une personne qui critiquait le comportement de certains aînés, j’ai répondu que j’aime trop les aînés pour les juger. Ils respirent la bonté et bon nombre d’entre eux me touchent par leur grande foi en Dieu, une foi étonnante. Ces aînés ne veulent pas d’une résidence qui met l’accent sur la beauté de ses grands salons pour faire bonne impression. Ils veulent le respect et l’amour. Ils veulent les services dont ils ont besoin.

M. Barrette, à quand le jour où nous verrons des aînés s’asseoir à la même table que vous pour repenser ces fameux crédits d’impôt qui enrichissent les investisseurs et les remplacer par une meilleure qualité des soins, dans le respect des aînés, ces aînés qui avancent en âge, qui seront bientôt centenaires ? Je m’invite à cette table si vous avez le courage de la mettre sur pied pour regarder la réalité comme elle se vit chez nos aînés.

Émilien Marcoux

Plessisville

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