Intimidation : dénoncer pour avancer!

Si des parents se donnent la peine d’appeler les journalistes pour crier leur douleur et leur découragement, c’est que la coupe déborde!

Pour avoir suivi dans les médias des entretiens à propos de l’intimidation, entre autres avec Jasmin Roy, et de nombreux témoignages dans des émissions populaires (telles que «Tout le monde en parle», «Denis Lévesque», «Les francs-tireurs», et le «24/60» de la journaliste Anne-Marie Dusseault), je trouve effarant de constater à quel point toutes les instances (gouvernement, police, commission scolaire, direction d’école) semblent démunies devant un tel fléau.

Pourtant, on a entendu à maintes reprises la formule gagnante : «Tolérance zéro!». Mais que fait-on concrètement pour ne plus tolérer? Dans les réponses données aux doléances récemment publiées, je constate la bonne volonté mais on cherche peut-être à dissuader les parents de s’adresser aux médias, on explique que c’est du cas par cas, on précise aussi que la complexité du processus pour contrer l’intimidation ne signifie pas l’inefficacité.

Alors pourquoi, sans révéler de renseignements confidentiels, ne pas informer périodiquement les personnes, aux prises avec le problème, des étapes franchies, des conséquences imposées? Ne faut-il pas encourager, soutenir moralement enfants, parents des intimidés et de ceux qui intimident?

Si l’école a un code de vie et qu’elle intervient en cas de conflit, comment se fait-il que certains élèves vivent de l’intimidation depuis le primaire et que l’enfer se poursuive au secondaire?

Comment se fait-il que des parents en arrivent même à donner des cours à la maison plutôt que de voir leur enfant souffrir au quotidien?

Les profs, quant à eux, même s’ils se démènent pour dénoncer ce fléau, sont-ils respectés dans leur classe? Les aide-t-on à imposer le fameux code de vie, à maintenir la discipline au jour le jour?

La commission scolaire vise sur la réussite des élèves, mais ne devrait-elle pas se soucier tout autant de leur sécurité et de leur bien-être? Ces aspects ne peuvent-ils pas accroître justement leur chance de succès?

Si la commission scolaire se préoccupe réellement d’intimidation, pourquoi n’incite-t-elle pas davantage tous les élèves, tous les parents des intimidés et de ceux qui intimident à briser le silence, à sortir de l’isolement, à se regrouper, à venir la rencontrer afin de trouver ensemble des solutions?

Rappelons-nous que ce fléau conduit au désespoir, voire même au suicide. Alors, finis les beaux discours, que nos commissaires défendent parents et enfants de leur quartier, que les conseils d’établissement des différentes écoles unissent leurs forces pour dépasser le simple protocole et présentent publiquement, dans le journal, un véritable plan d’action.

Enfin, que les instances concernées cessent, une fois pour toutes, de «surfer sur le vague». L’heure est maintenant à contrer la force de l’inertie!

 

Pierre Côté

Victoriaville

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