Église à vendre!

Par heleneruel

VICTORIAVILLE. Pour au moins 500 000 $ et pour un projet qui contribuera à revitaliser le centre-ville, même à en accroître l’achalandage, la Ville de Victoriaville est prête à se départir de son église Saints-Martyrs-Canadiens, du presbytère et du vaste terrain de 8500 mètres carrés que les bâtiments occupent rue Notre-Dame Est.

Entouré de quelques fonctionnaires municipaux, le maire Alain Rayes a annoncé que la Ville s’apprête (en fin de semaine) à lancer un appel d’offres pour vendre cet immeuble dont elle est propriétaire depuis février 2012.

L’appel d’offres n’inclut pas sa propriété du 112, Saint-Jean-Baptiste située tout juste derrière.

Les promoteurs auront jusqu’en février 2015 pour présenter un projet d’occupation et, exceptionnellement, le comité de sélection sera formé d’élus, a précisé le maire.

Réalisation en 2017

Le comité aura jusqu’au 1er juin pour analyser les dossiers et faire une recommandation au conseil municipal. La Ville espère conclure la vente en août 2015, le promoteur choisi disposant de deux ans pour le réaliser.

Le futur propriétaire aura à respecter les attentes du conseil (voir le tableau). Il pourra convertir l’église, la démolir en tout ou en partie. S’il rase le lieu de culte, il devra toutefois en conserver un élément commémoratif.

Le maire a rappelé que l’option d’achat de l’église Saints-Martyrs avait été décidée sous l’ancien conseil municipal alors présidé par le maire Roger Richard. C’était en 2008 et on avait choisi cet emplacement en vue d’y installer le lieu de diffusion culturelle. En 2012, le conseil avait décidé de se prévaloir de son option d’achat, même si l’emplacement du lieu de diffusion culturelle avait changé.

La Ville s’était alors engagée auprès de la Fabrique à lui verser une somme de 50 000 $ pendant 10 ans, ce qui explique la mise minimale qu’elle exige aujourd’hui des promoteurs.

La Ville a-t-elle manqué d’imagination pour décider aujourd’hui de vendre le lieu de culte? Non, répond le maire. Mais dans le contexte actuel des finances publiques, on reprocherait à la Ville de maintenir et d’entretenir un immeuble de cette envergure. Et ce n’est pas à la Ville, ajoute-t-il, de s’élancer dans un projet commercial ou locatif, puisque, après analyse, l’édifice construit en 1954 ne sert pas ses besoins institutionnels.

Trois phases

Une nouvelle vocation pour ce lieu constitue la deuxième des trois phases du programme de revitalisation du centre-ville, la première étant la construction du lieu de diffusion culturelle (le Carré 150). La troisième, pour laquelle on donnera plusieurs tours de manivelle au cours de l’année 2015, vise à améliorer les installations du centre-ville, à le verdir, à favoriser la mixité des usages (commercial, récréatif et locatif). Des consultations publiques auront lieu au cours de l’année 2015.

Le maire dit qu’en lançant un appel d’offres public, en ouvrant toutes les portes, la Ville donne la chance à toute la communauté d’affaires de présenter le meilleur projet. Depuis qu’elle est propriétaire, la Ville aurait reçu quatre propositions d’occupation de ce lieu «stratégique».

Comme pour le site de l’ancienne Sel Warwick (rue Boutet), pour une rare fois, la Ville a l’occasion d’exercer son «leadership» et de dessiner les contours de ce qui devrait meubler cette importante aire, a aussi fait valoir l’urbaniste Jean-François Morissette, directeur du service de gestion du territoire.

Présent à la conférence de presse, le conseiller municipal Marc Morin a répondu qu’il ne pouvait être déçu de la décision de la Ville, lui qui avait déjà espéré que l’église soit conservée et serve des fins communautaires. Il dit que la démarche a été respectueuse de la communauté paroissiale laquelle se sert toujours des lieux pour des messes et des réunions. «Avec cette manière de faire, on aura le meilleur projet et rien ne nous dit qu’on n’aura pas un lieu multiusages.»

Les attentes de la Ville quant au projet

Propose des usages qui contribueront à la revitalisation économique et à l’achalandage du centre-ville.

Conserve la mémoire de l’église, soit par la réutilisation de l’immeuble en totalité ou en partie, ou par l’inclusion d’un élément commémoratif.

S’intègre à la volumétrie de la trame urbaine actuelle.

Propose une facture architecturale contemporaine, durable et de qualité.

Conserve un maximum d’arbres matures sur le site.

Conserve des liens piétons entre la rue Notre-Dame-Est et Saint-Jean-Baptiste et entre le site et la rue Olivier.

Tient compte des contraintes du centre-ville en matière de la circulation et du stationnement.

Dans le cas où le projet inclut du logement, il devra répondre aux critères des programmes Victoriaville Habitation durable.

 

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