Agressions sexuelles : bonne chose que de les dénoncer

Par heleneruel
Agressions sexuelles : bonne chose que de les dénoncer
Lise Setlakwe dirige le CALACS Unies-Vers-Elles depuis le printemps dernier. (Photo TC Media – Hélène Ruel)

VICTORIAVILLE. C’est une bonne chose, croit Lise Setlawke, que ce mouvement par lequel des victimes dénoncent les agressions sexuelles dont elles ont été victimes (#agressionnondénoncée) lancé à la suite de l’affaire Ghomeshi. «Ce déferlement de dénonciations démontre que si on a beaucoup parlé de liberté sexuelle, on a oublié les notions de respect et de consentement», dit Mme Setlakwe, directrice générale du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), le centre Unies-Vers-Elles.

L’organisme a changé d’appellation, lui qu’on connaissait sous le nom du CALACS «Aqua-R-Elles».

Dans la foulée de l’affaire de l’animateur de CBC Jian Ghomeshi (contre qui pèsent des allégations de violence conjugale), la Fédération des femmes du Québec a créé un espace permettant de dénoncer les agressions. Le mouvement a pris de l’ampleur, incitant même des personnalités publiques à révéler des secrets enfouis depuis longtemps.

«Malheureusement, on constate que ce sont les victimes qui portent encore la honte et la gêne d’avoir été agressées. Dans la majorité des cas, l’agresseur est quelqu’un qu’on connaît. Et quand une victime dénonce, elle se fait encore demander ce qu’elle faisait là, ce qu’elle portait, comme s’est-elle comportée. Vouloir séduire n’implique pas nécessairement une relation sexuelle.»

Lise Setlakwe invite les victimes à aller plus loin, si elles le désirent, en demandant de l’aide du CALACS, parce que, souligne-t-elle, il ne faut pas banaliser les séquelles d’abus ou d’agression. «Il y a des victimes qui souffrent d’insomnies, qui font des cauchemars, que le stress peut rendre malades.»

Elle rappelle qu’on peut demander de l’aide sans dénoncer l’agresseur, sans même porter plainte à la police.

La directrice générale d’Unies-Vers-Elles soutient que le centre d’ici est l’un des rares à n’avoir pas de liste d’attente et que les trois intervenantes s’empressent de répondre aux besoins des femmes.

L’aide prend d’abord la forme de rencontres individuelle pour mesurer les incidences qu’a eues l’agression dans sa vie. Si la femme le désire, elle pourra poursuivre son cheminement avec un groupe d’entraide. «Et si elle décide de porter plainte à la police, on l’accompagnera dans toutes les étapes.»

Mme Setlakwe poursuit en disant que le CALACS travaille en étroite collaboration avec le Centre d’aide et de victimes d’actes criminels (CAVACS) et qu’il est possible d’obtenir une indemnisation pour obtenir des services professionnels (d’un psychologue, par exemple).

On peut s’informer au 819 751-7545.

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