Yanni Gourde peine encore à y croire

Yanni Gourde peine encore à y croire

Alors que rien ne lui laissait présager une carrière chez les professionnels, Yanni Gourde est aujourd’hui détenteur du record de concession du Lightning de Tampa Bay pour le plus de buts (25) et de points (64) en une saison pour une recrue.

Crédit photo : www.lanouvelle.net

Ça lui a pris six ans avant de s’implanter pour de bon dans la Ligue nationale de hockey (LNH) et lorsque c’est arrivé, Yanni Gourde n’y est pas allé avec le dos de la cuillère.

«Si quelqu’un m’avait dit que je connaîtrais une telle saison, je n’y aurais vraiment pas cru. Je me pinçais pendant la saison et je me pince encore aujourd’hui. Le fait d’avoir atteint la LNH et d’avoir disputé tous les matchs de la saison me rend très fier. C’est quelque chose de difficile à faire. Je suis vraiment heureux de la saison que j’ai connue», a relaté l’ancien attaquant des Tigres de Victoriaville lors du tournoi de golf de son ancienne organisation junior.

Auteur d’une saison de 64 points, dont 25 buts en 82 parties, le patineur natif de Saint-Narcisse a établi des records de concession pour les buts et les points par une recrue chez le Lightning de Tampa. Cet exploit est d’autant plus remarquable puisque de très talentueuses recrues sont passées par Tampa Bay au fil des ans. Il suffit de penser à Vincent Lecavalier, Brad Richards, Steven Stamkos, Nikita Kucherov et Tyler Johnson.

«C’était quelque chose de très excitant à vivre cette année (la chasse au record). Lorsque j’ai marqué le but qui m’a permis de battre le record, ça faisait peut-être 13 parties que je n’avais pas trouvé le fond du filet. À ce moment, mes coéquipiers m’en parlaient tout le temps pour savoir quand j’allais battre le record que détenait Tyler Johnson. Ce dernier m’en parlait souvent d’ailleurs en me disant qu’il ferait probablement une passe sur mon but. Quand c’est arrivé, ça m’a rendu vraiment heureux.»

Des résultats magnifiés par un parcours peu orthodoxe

De connaître une telle saison en tant que recrue est déjà un accomplissement pour tout joueur de hockey. Dans le cas de Gourde, considérant qu’il n’a jamais été repêché dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) ainsi que dans la LNH et qu’il a dû patienter six ans dans les rangs professionnels avant de disputer une première saison complète au plus haut niveau, cela relève pratiquement d’un miracle.

«Mon parcours est peu orthodoxe. Des histoires comme la mienne se produisent, mais peu souvent. Je suis fier du chemin que j’ai parcouru pour y arriver, car il y avait beaucoup d’embuches. Ça m’a pris beaucoup de travail et de volonté. Ma famille, ma femme, mes coéquipiers et mes entraîneurs m’ont aidé chaque année. La saison que je viens de connaître est encore plus valorisante étant donné que j’ai passé par la East Coast Hockey League (ECHL), que je n’ai jamais été repêché et que j’ai joué ma première année dans le junior à seulement 18 ans», a relaté le joueur de centre âgé de 26 ans.

La volonté est fort probablement l’élément qui lui a permis de vivre ces moments cette année, car sans elle, il est bien possible que Gourde ait abandonné sa quête vers la LNH. «À ma deuxième année chez les professionnels, quand j’ai commencé dans la ECHL, je me suis dit que je me donnais une autre année pour voir où ça me mènerait. Après ça, je me disais qu’il fallait que je commence à penser à l’aspect familial. C’est possiblement à ce moment que j’ai eu le déclic. J’avais faim. Je voulais marquer et changer les matchs. À Noël, j’ai eu un rappel dans la Ligue américaine de hockey (LAH). C’est après ça que ma carrière professionnelle a pris son envol.»

Un rêve peu envisageable auparavant

Lorsque Gourde défendait les couleurs des Tigres, il confie qu’il n’avait pas encore conscience qu’il avait le potentiel pour jouer un jour dans la meilleure ligue au monde. «À cette époque, c’était comme un rêve lointain, qu’un jour je pourrais peut-être réaliser. À cette époque, personne ne me voyait là. Je me disais que je faisais mon petit chemin et que j’avancerais tant et aussi longtemps que ce serait possible. Je n’avais d’ailleurs aucune attente de jouer professionnel. D’ailleurs, après mon année de 20 ans avec les Tigres, je me dirigeais vers l’Université de Moncton pour y étudier en compagnie de ma femme.»

C’est finalement un appel de son agent qui a tout fait changer à l’issue de sa dernière campagne dans l’uniforme des Félins. «Il m’a demandé à ce moment si je désirais jouer quatre parties dans la LAH avec les Sharks de Worcester. J’ai accepté et les choses se sont enchainées par la suite. C’est ce qui a amorcé ma carrière chez les professionnels», s’est-il remémoré.

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