Victo se dote d’une politique d’acquisition et de gestion des œuvres d’art

Victo se dote d’une politique d’acquisition et de gestion des œuvres d’art

L'œuvre «Les arbres» (1954) de Madeleine Laliberté constitue un don de Marie Lapointe, nièce de l'artiste, et est exposée dans la salle d'attente de la mairie et de la direction générale, à l'Hôtel de Ville de Victoriaville.

Crédit photo : gracieuseté

Depuis des décennies, la Ville de Victoriaville accumule les œuvres d’art. Pas de là à en garnir une voûte, mais assez pour se doter d’une norme, afin de procéder selon les règles de l’art.

La Politique d’acquisition et de gestion des œuvres d’art a été adoptée par le conseil municipal lors de la séance ordinaire d’octobre. Elle guidera la Ville dans ses acquisitions d’œuvres d’art et précise les bases à partir desquelles doit se développer sa collection. Sa portée d’intervention n’inclut toutefois pas l’art public extérieur. Un autre document devrait voir le jour d’ici un an pour encadrer également l’achat et l’administration d’œuvres qui ornent l’espace public.

«Les deux étaient attendues, mais je devais procéder par priorité. La Ville se fait souvent offrir des dons ou l’achat d’œuvres. En l’absence de politique, on faisait du cas par cas. Ça devenait long et compliqué. D’où le choix de commencer par celle-là», explique Danielle Croteau, coordonnatrice arts et culture à la Ville de Victoriaville, qui a rédigé cet outil à la lumière de méticuleuses recherches.

«Les femmes» (Un cri du cœur), un tableau offert à la Ville par l’artiste Kristine Vallée. (Photo lanouvelle.net)

Avant et après

Comment ça fonctionne? Parfois la Municipalité se voit offrir d’acheter des œuvres par des artistes ou des héritiers, ou en récolte en cadeau, en échange d’un reçu de don. «Sans cadre clair, doit-on dire oui ou non? C’est délicat, car quand un citoyen demande quelque chose à la Ville, il faut répondre», de dire Mme Croteau. Et le risque de rester sans procédure pourrait se transposer directement dans la collection d’œuvres dont la valeur artistique varierait grandement d’une pièce à l’autre. Aussi, comment soupeser la pertinence d’une création offerte par un artiste de l’extérieur de la MRC d’Arthabaska?

Danielle Croteau souhaite une forte représentativité des artistes de la région dans l’ensemble. D’ailleurs, la description de l’orientation de la collection évoque ce désir.

La coordonnatrice se souvient avoir reçu l’appel d’une femme de Québec qui proposait à Victoriaville trois tableaux d’une peintre née à Victoriaville et qui y était encore liée par sa famille. Seule cette attache ténue ne semblait pas suffire à justifier une telle acquisition. Or, le travail de l’artiste en question, Madeleine Laliberté, s’inscrit dans l’histoire de l’art du Québec, des années 1940 et 1950 en particulier. La décision d’accueillir une des pièces offertes fût prise à la suite d’une démarche improvisée, quoique sérieuse. À ce moment, Mme Croteau a clairement senti les lacunes de l’absence de balises.

«Il s’agit d’un outil de gestion. Quand on dispose d’une œuvre, il faut être en mesure de la documenter. Le fait de remplir des formulaires, de rédiger des contrats en bonne et due forme et de faire les bons choix selon des critères précis favorise la qualité de la collection», croit Mme Croteau.

Dorénavant, toutes les créations offertes seront soumises à un comité d’acquisition composé du coordonnateur arts et culture, d’un élu municipal, de l’archiviste de la Ville, de l’agent de développement culturel de la MRC d’Arthabaska et d’un artiste professionnel. Ils évalueront la demande selon les critères énoncés dans la Politique. «Nous ne sommes pas équipés comme un musée. Il faut s’assurer, lors de toute acquisition, d’être capable de l’entreposer dans les bonnes conditions», soulève-t-elle.

Le Service de loisir, de la culture et de la vie communautaire n’a jamais bénéficié d’un budget d’acquisition d’œuvres en tant que tel. On y allait de demandes ponctuelles au conseil. La nouvelle politique prévoit une enveloppe annuelle, qui fluctuera à l’aune des disponibilités financières de la Ville et de ses orientations stratégiques. Ce premier budget sera connu en janvier.

Œuvre issue de l’exposition «Instants transitoires» de Carl Raymond et d’Antoine Larocque-Beaudoin, un projet de création soutenu par la Ville de Victoriaville. (Photo lanouvelle.net)

Aussi, la question des droits d’auteur, abordée dans le document, vient clarifier l’usage que l’acquéreur peut faire des œuvres. Enfin, la Ville se réserve une liberté d’aliénation des œuvres, c’est-à-dire qu’elle peut se départir d’une pièce si elle ne répond plus aux objectifs de la collection ou aux critères d’acquisition formulés par les autorités responsables. L’artiste ou sa famille en demeurent les premiers informés.

La Ville de Victoriaville diffusera la Politique d’acquisition et de gestion des œuvres d’art sur son site Web. Les œuvres visuelles d’expressions diverses (peinture, sculpture, dessin, photographies, gravure, estampe, etc.), appartenant à la Ville, parent les murs des locaux de ses différents services.

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