Djokovic se sort d’impasse contre Sinner et accède aux demi-finales à Wimbledon

Howard Fendrich, The Associated Press

LONDRES — Cela en dit beaucoup sur Novak Djokovic: personne ne le comptait pour battu lorsqu’il a été mené deux sets à zéro à Wimbledon une journée où il était loin d’être à son meilleur.

Et pour cause. Il est dominant sur le gazon anglais ces dernières années. Il a également déjà démontré sa capacité à surmonter ce genre de déficit. Il est aussi passé maître dans l’art de s’ajuster, de s’adapter, de redresser la barre rapidement. Il a aussi l’habitude de revenir dans le match et de régler les choses au cinquième set.

C’est exactement la recette qu’il a utilisée contre l’Italien Jannik Sinner, 10e tête de série, pour finalement s’imposer 5-7, 2-6, 6-3, 6-2, 6- 2 sur le court central. Il a ainsi obtenu son billet pour une 11e demi-finale à Wimbledon grâce à sa 26e victoire consécutive au tournoi du Grand Chelem.

Chez les hommes, seul Roger Federer, avec 13, revendique plus de présences en demi-finale. Et encore chez les hommes, seul Federer, avec huit, a remporté plus de titres que les sept que Djokovic pourrait atteindre s’il soulevait le trophée dimanche pour une quatrième année consécutive.

Djokovic a concrétisé son septième ralliement en carrière lors d’un match où il était mené deux sets à zéro — il l’a fait pour la dernière fois en finale de Roland-Garros contre Stefanos Tsitsipas l’année dernière – et il a amélioré son palmarès à 37-10 en cinq manches. Cela inclut une fiche de 10-1 dans les matchs qui nécessitent cinq manches à Wimbledon, dont neuf victoires consécutives; la seule défaite est survenue en 2006.

«En ce qui concerne les deux premiers sets, par rapport aux trois derniers, nous avons probablement eu deux matchs différents, a expliqué Djokovic. Il a été le meilleur joueur pendant deux sets.

«Ensuite, j’ai quitté le terrain pour la pause toilettes et je me suis fait un petit discours d’encouragement devant le miroir — c’est la vérité — et parfois dans ces situations où les choses ne se passent pas de façon positive, c’est nécessaire. Une pause, un petit discours d’encouragement, tenter de rassembler ses idées et revenir offrir à votre adversaire le meilleur tennis possible.»

Cette victoire était la 84e de Djokovic à Wimbledon et il a rejoint Jimmy Connors au deuxième rang de tous les temps au All England Club, devancé seulement par Federer.

Vendredi, en demi-finale, le Serbe de 35 ans, première tête de série, rencontrera le Britannique Cameron Norrie, no 9, qui a eu raison du Belge David Goffin en cinq sets — 3-6, 7-5, 2-6, 6-3, 7-5.

Norrie devient le quatrième Britannique seulement à se qualifier pour le carré d’as à Wimbledon de l’ère professionnelle. Andy Murray, Tim Henman et Roger Taylor sont les autres.

Les deux autres quarts de finale du tableau messieurs, mercredi, mettront à l’affiche l’Espagnol Rafael Nadal (no 2) contre l’Américain Taylor Fritz et l’Australien Nick Kyrgios contre le Chilien Cristian Garin.

Maria poursuit son parcours

La première demi-finaliste à Wimbledon cette année est la joueuse la plus âgée encore en lice du tableau.

Tatjana Maria, une Allemande de 34 ans qui est revenue sur le circuit il y a moins d’un an après la naissance de sa deuxième fille, s’est qualifiée pour le carré d’as d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois à sa 35e participation. Elle a défait une autre Allemande, Jule Niemeier, 4-6, 6-2, 7-5.

«Il y a un an, je venais d’accoucher, a rappelé Maria sur le terrain. Si quelqu’un m’avait dit qu’un an plus tard je serais en demi-finale à Wimbledon, j’aurais dit que c’était fou.»

Maria en est à sa 10e présence au All England Club et n’est devenue que la sixième femme de l’ère professionnelle à atteindre les demi-finales à Wimbledon après avoir eu 34 ans. Sa meilleure performance précédente était une participation au troisième tour en 2015. Elle ne s’est jamais rendue aussi loin lors des trois autres tournois majeurs.

«Je fais, et de loin, mon meilleur tournoi du Grand Chelem. Jusqu’alors, je n’avais atteint qu’une fois le troisième tour à Wimbledon, et dans les trois autres, je n’ai jamais dépassé le deuxième tour. J’ai toujours cru que j’avais quelque chose en moi, que je pouvais le faire.»

Tout n’a pas été facile pour elle cette année.

Maria est classée 103e au monde et ne figurait pas parmi les 250 meilleures joueuses du classement aussi récemment qu’en mars. Depuis son retour de congé de maternité, elle a perdu au premier tour des Internationaux des États-Unis, aux Internationaux d’Australie et à Roland-Garros.

Tout a changé sur les courts en gazon de Wimbledon.

Maria a vaincu trois têtes de série d’affilée lors de son parcours vers les quarts de finale, dont Maria Sakkari, cinquième tête de série, au troisième tour et Jelena Ostapenko, 12e tête d’affiche et championne de Roland-Garros en 2017, au quatrième tour.

Elle affrontera maintenant Ons Jabeur, troisième tête de série. La Tunisienne s’est ressaisie après avoir laissé filer la première manche pour vaincre la Tchèque Marie Bouzkova, 3-6, 6-1, 6-1.

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