Pourquoi le métier de la soudure mérite plus de visibilité
Ce texte a été écrit en partenariat avec ADI Laval
La soudure manque de candidats au Québec, et ce n’est pas parce que le métier manque d’avenir. Les soudeurs certifiés CWB sont parmi les profils les plus recherchés dans la fabrication industrielle, avec des conditions salariales qui dépassent souvent la moyenne provinciale. Pourtant, les programmes de formation peinent à attirer des candidats, et les ateliers de fabrication métallique restent avec des postes ouverts pendant des mois.
Comprendre pourquoi cette pénurie persiste demande d’examiner non seulement les freins à l’entrée dans le métier, mais aussi la façon dont le milieu industriel lui-même communique sur ce que la soudure représente aujourd’hui.
Un métier qualifié qui peine à recruter, pas par manque d’intérêt
La soudure est souvent perçue comme un métier de brute : chaud, bruyant, physiquement éprouvant, sans perspective de progression. Cette image colle à la réalité d’une certaine époque de la fabrication industrielle, mais elle est largement dépassée dans les ateliers modernes de précision.
Les jeunes qui s’orientent vers une formation professionnelle ont le choix entre des dizaines de programmes. La soudure-montage est souvent moins visible que les métiers du numérique ou de la santé, malgré des perspectives d’emploi très solides. La méconnaissance du métier réel est probablement l’un des principaux freins au recrutement.
À cela s’ajoute un défi démographique : une part significative des soudeurs expérimentés au Québec approchent de l’âge de la retraite. Le transfert de compétences vers une relève peu nombreuse crée une pression supplémentaire sur les ateliers qui tentent de maintenir leur niveau de qualité.
Ce que la certification CWB signifie réellement pour un soudeur
La certification du Bureau canadien du soudage (CWB) est la référence nationale pour qualifier les soudeurs en fabrication industrielle. Ce n’est pas un simple diplôme : c’est une attestation que le soudeur maîtrise des procédés spécifiques sur des matériaux spécifiques, testée en conditions réelles par des examinateurs accrédités.
Pour un soudeur certifié CWB, cette attestation ouvre les portes des secteurs les plus exigeants : fabrication alimentaire et pharmaceutique (où les soudures sur inox doivent répondre à des critères d’hygiène stricts), aéronautique, structures métalliques. Les entreprises qui opèrent dans ces secteurs ne peuvent pas travailler avec des soudeurs non certifiés.
Pour le soudeur lui-même, la certification représente une reconnaissance formelle d’une compétence qui est souvent invisibilisée dans le discours sur les métiers qualifiés. Elle implique aussi une mise à jour régulière, ce qui en fait un profil qui évolue avec les matériaux et les technologies de soudage.
L’atelier moderne : loin du cliché de la soudure en sous-sol
Un atelier de fabrication métallique de précision en 2025 ressemble peu à l’image qu’on en a généralement. Les équipements de découpe laser CNC, les tables de traçage numérique et les postes de soudage assistés par plan 3D ont transformé le travail quotidien des soudeurs dans les ateliers qui ont investi en équipement.
Dans un atelier certifié ISO 9001, chaque pièce produite est documentée, chaque procédure de soudure est codifiée, et chaque certificat de matière est archivé. Le soudeur travaille dans un environnement structuré, avec des tolérances précises et des protocoles de contrôle qualité à respecter.
ADI Laval, dont vous pouvez explorer les installations et capacités de fabrication, illustre bien cette réalité : atelier de 22 000 pi² à Laval, certifié CWB Div. 2 et ISO 9001, avec des projets dans les secteurs alimentaire, pharmaceutique et aéronautique. Ce type d’environnement est loin des clichés associés aux métiers de la soudure.
Qui forme les soudeurs de demain au Québec
La formation en soudage au Québec passe principalement par les centres de formation professionnelle qui offrent le DEP en soudage-montage, ainsi que par certains cégeps techniques. Des centres spécialisés proposent aussi des formations continues pour les soudeurs déjà en emploi qui souhaitent obtenir ou renouveler leur certification CWB.
Le défi pour les écoles est d’avoir des équipements à jour et des enseignants disponibles. Pour les ateliers, c’est de créer des ponts avec ces établissements avant même que les étudiants graduent. Certains fabricants ont développé des partenariats avec les centres de formation pour offrir des stages en milieu de travail, ce qui améliore à la fois le recrutement et la qualité de la formation reçue.
Comment certains fabricants renversent la tendance en valorisant le métier
Face à la pénurie, plusieurs fabricants québécois ont adopté des approches proactives qui vont au-delà du recrutement classique. Parmi les pratiques observées dans le secteur :
- Soutien financier aux certifications CWB pour les soudeurs en poste qui souhaitent élargir leur qualification
- Parcours d’intégration structurés pour les nouvelles recrues, avec compagnonnage par des soudeurs seniors
- Valorisation du titre de soudeur certifié dans la structure salariale, avec des paliers liés à l’élargissement des procédés maîtrisés
- Communication ouverte sur les conditions de travail réelles, incluant les équipements disponibles et la nature des projets
La valorisation des métiers manuels qualifiés au Québec ne passera pas seulement par des campagnes de communication. Elle passera par des ateliers qui montrent concrètement ce que le métier représente aujourd’hui. Sur ce plan, des fabricants comme ADI Laval, actif à Laval depuis 1992, montrent qu’il est possible de maintenir une expertise de soudure certifiée et un atelier de précision compétitif sur le long terme.
