Les étranges situations de la vie

La perte d’un être cher, que l’on a aimé, est toujours triste. On perd ses points de repère et on sombre bien vite dans les manques de la présence. La luminosité qui s’éteint peu à peu, la chaleur d’un sourire qui s’évapore, un timbre de voix qui disparaît. Assister à la mort de l’autre, c’est un peu accepter qu’une parcelle de nous-mêmes meure également. C’est de voir que la couverture d’un grand livre se referme pour toujours.

La vie a parfois de ses cadeaux quelque peu incongrus comme d’assister en même temps à la naissance d’un nouvel être de lumière. Partager l’émotion d’une fragilité naissante d’un petit corps. Tout petit, minuscule, mais qui réussit à nous chambouler les émotions. Dans notre regard sur cet enfant fragile, nous y voyons un nouveau livre qui se dessine et dont les pages restent à combler.

Comment vivre son deuil tout en étant joyeux de cette nouvelle naissance. Notre esprit ne sait point où danser dans ce tourbillon d’émotion, de quel côté ma raison doit-elle pencher, dois-je succomber à la douleur du vide engendré ou encore me réjouir de ce que ce petit bébé vient remplir en moi. C’est comme si notre esprit ne pouvait jongler avec ces deux émotions fort différentes. Un grand livre qui s’envole et un nouveau dont les pages sont encore blanches.

2025, tu nous quittes en emportant avec toi nos souvenirs et tu laisses place à 2026 qui sera ce que nous accepterons d’en faire. Puisse cette nouvelle année nous émouvoir comme les premiers sourires d’un enfant. BONNE ET HEUREUSE ANNÉE.

François Morneau

Victoriaville