Ottawa exhorté à écouter les jeunes dans sa lutte contre les préjudices en ligne

OTTAWA — Un groupe demande au gouvernement fédéral d’écouter les jeunes dans ses démarches pour s’attaquer au problème des préjudices en ligne.

Le Centre John Humphrey pour la paix et les droits de la personne affirme dans un nouveau rapport que les systèmes actuels ne protègent pas les jeunes dans les espaces numériques.

Le groupe et des représentants de la jeunesse ont tenu mercredi une conférence de presse conjointe sur la colline du Parlement pour présenter le rapport.

«Les jeunes réclament des actions claires du fédéral», notamment la création d’un conseil consultatif national de la jeunesse sur la sécurité numérique, a affirmé le militant Blue Vetsch.

Le rapport indique que les jeunes sont victimes d’exploitation sexuelle et de violence sexiste facilitée par la technologie, de discrimination et d’exploitation en ligne, entre autres préjudices.

Jordan Varney a déclaré lors de la conférence de presse que les jeunes sont également confrontés au racisme, à la misogynie et à la manipulation, à des espaces de jeu non réglementés, à «des systèmes algorithmiques qui amplifient la désinformation, la haine et la manipulation émotionnelle» et à «des pratiques en matière de données qui privilégient la surveillance et le profit au détriment du consentement et de la dignité».

Jordan Varney a noté que ces conditions sont liées à des effets néfastes sur la santé mentale, tels que l’anxiété et la dépendance.

«Il ne s’agit pas d’incidents isolés. Ce sont les conséquences systématiques de la manière dont les environnements numériques sont régis aujourd’hui», a-t-elle déclaré.

Le rapport appelle le gouvernement à créer un conseil consultatif de jeunes sur la sécurité numérique qui aurait son mot à dire dans la législation, la réglementation et les politiques fédérales.

«Nous sommes à un tournant important. Alors que nous réfléchissons à une nouvelle législation, c’est le moment de créer un véritable partenariat avec les jeunes dès le début du processus, et non à la fin, et non pas seulement de manière symbolique», a déclaré la jeune militante Fea Gelvezon.

Le gouvernement prévoit de présenter un projet de loi contre les préjudices en ligne, après l’échec du projet de loi présenté par le gouvernement précédent.

Des défenseurs des femmes et des enfants ont appelé le gouvernement à réintroduire les propositions contenues dans ce projet de loi.

Cette législation imposait aux compagnies de médias sociaux d’expliquer comment elles comptent réduire les risques que leurs plateformes présentent pour les utilisateurs et leur imposait une obligation de protéger les enfants.

M. Vetsch a affirmé mercredi que l’une des mesures que les défenseurs des jeunes souhaitent voir introduire est une «obligation légale de diligence imposant aux plateformes d’évaluer et de prévenir les préjudices».

Certains pays ont décidé d’interdire l’utilisation par les adolescents des réseaux sociaux. L’Australie a été le premier pays à mettre en place une interdiction pour les moins de 16 ans en décembre, et la France s’apprête à suivre avec une interdiction pour les moins de 15 ans. D’autres pays envisagent des mesures similaires.

M. Vetsch a indiqué que son groupe souhaitait prendre des mesures pour protéger les jeunes en ligne, et que ces mesures de restriction d’âge visaient davantage à contrôler l’internet qu’à protéger les jeunes.

«Il n’y a absolument aucune interaction avec les jeunes sur cette question. Ils ne peuvent pas partager leurs histoires avec les personnes au pouvoir, et (…) ils ne peuvent pas être entendus ni reconnus», a critiqué M. Vetsch.