Les 1800 ingénieurs de l’État déclenchent une deuxième grève

Lia Lévesque, La Presse Canadienne
Les 1800 ingénieurs de l’État déclenchent une deuxième grève

MONTRÉAL — Les 1800 ingénieurs à l’emploi du gouvernement du Québec ont bel et bien déclenché la grève, la nuit dernière, après l’achoppement des négociations avec Québec.

Et la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, s’en dit d’autant plus étonnée que les discussions lui semblaient «extrêmement fructueuses». «Je m’explique mal pourquoi on se retrouve en grève», a-t-elle lancé mercredi matin.

Une autre grève illimitée a donc été déclenchée à 00h01 par les membres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec.

Les membres de l’APIGQ avaient débrayé une première fois, le 23 avril, mais ils avaient interrompu leur grève après un mois, afin de redonner une chance à la négociation, a expliqué en entrevue le président du syndicat, Marc-André Martin.

Mais ces pourparlers ont achoppé au début de la nuit dernière. M. Martin soutient que la négociation se trouve maintenant «dans une impasse». Il affirme que les parties en étaient pourtant «à un cheveu d’une entente de principe», tard mardi soir.

La ministre LeBel n’a pas pris de temps à lui répliquer: «on est à un cheveu de s’entendre, alors finissons le travail». 

La rémunération en litige

La rémunération des ingénieurs est au cœur du litige, dans une optique d’attraction et de rétention des salariés.

L’APIGQ rapporte que ses membres accusent un important écart salarial face aux ingénieurs des autres secteurs publics, comme le municipal.

Mais la ministre LeBel réplique qu’après toutes ces séances de négociation, «les écarts sont extrêmement minimes». Elle a précisé que le gouvernement en était à sa «neuvième offre» aux négociateurs de l’APIGQ.

M. Martin rapporte que le syndicat était prêt à allonger la semaine de travail à 37,5 heures, comme le demandait le Conseil du trésor. Il affirme que le Trésor veut aussi créer une deuxième classe d’ingénieurs experts.

Québec rapporte qu’à l’heure actuelle, le salaire d’un ingénieur, avec une semaine de 35 heures, est de 53 656 $ au premier échelon et jusqu’à 95 859 $ au dernier échelon.

Avec la semaine allongée à 37,5 heures, le salaire proposé atteindrait 61 618 $ au premier échelon et jusqu’à 124 645 $ au dernier échelon.

Quelque 1200 des 1800 ingénieurs de l’APIGQ travaillent au ministère des Transports. Les autres travaillent au ministère de l’Environnement ou sont répartis dans différents ministères.

La grève des ingénieurs à l’emploi du gouvernement risque donc d’affecter la surveillance des chantiers de construction, l’autorisation de lancer un chantier et la négociation des contrats avec les firmes de génie-conseil.

La ministre LeBel s’est dite consciente des problèmes et délais engendrés. «Chaque jour qui passe a un impact certain. On ne peut pas prendre les infrastructures routières en otage.»

Elle a néanmoins conclu par un message optimiste: «j’ai bon espoir qu’on va se rencontrer à la bonne place».

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