Il est important de penser dès maintenant à son repas des Fêtes pour économiser

MONTRÉAL — Même si décembre ne fait que commencer, il est déjà temps de magasiner en prévision de son repas du temps des Fêtes pour éviter de se ruiner lors des fins de semaine les plus achalandées de l’année dans les épiceries.

C’est ce qui ressort d’une analyse publiée samedi par le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, qui se trouve en Nouvelle-Écosse.

«Il est temps pour les gens qui reçoivent pour les Fêtes de commencer à planifier dès maintenant pour épargner le plus possible, parce que ce n’est pas le 23 ou le 24 décembre qu’on devrait s’attendre à sauver de l’argent», prévient le professeur Sylvain Charlebois, qui est directeur du Laboratoire et expert du domaine agroalimentaire.

À un moment où la hausse des prix des aliments continue de mettre à mal le portefeuille de nombreuses familles, tous les trucs sont bons pour s’assurer que le coût du repas des Fêtes ne devienne pas un obstacle à la tenue de ce moment de réjouissance.

En ce sens, M. Charlebois invite les consommateurs à s’y prendre à l’avance, mais aussi à concocter un menu qui leur permettra de ravir tous leurs convives sans avoir à payer le gros prix.

En comparant plusieurs repas, M. Charlebois et son équipe ont constaté que le coût de certains plats augmente rapidement non pas en raison de la viande elle-même, mais plutôt des accompagnements qui y sont rattachés.

Par exemple, un repas traditionnel agencé autour d’une dinde, pour un souper de quatre à six personnes, peut grimper de 92 $ à 116 $. Or, en remplaçant la dinde par du poulet, le coût baisse de 40 $ à 69 $.

La différence ne vient pas tant du coût de la dinde elle-même, mais plutôt des nombreux accompagnements qui y sont rattachés.

«Ce qui arrive avec la dinde, puisque c’est un élément traditionnel du temps des Fêtes, on en ajoute beaucoup plus. Les à-côtés, comme les avocats, les patates, la farce, les épices et tout ça, ça vient à coûter plus cher», explique M. Charlebois.

«Et souvent les épiciers le savent, donc lorsqu’on s’engage à servir de la dinde, ce sont des à-côtés qui ne sont pas nécessairement en rabais.»

C’est pour cette raison que M. Charlebois propose aux personnes soucieuses de leur budget d’évaluer d’autres options pour leur repas des Fêtes, comme le jambon, le bœuf ou le saumon, pour lesquelles il est plus facile de faire preuve de «modestie» dans les accompagnements.

Et pour celles qui souhaiteront quand même servir de la dinde, faire ses achats à différents endroits est une piste à suivre.

«Ce que nous on suggère, c’est de choisir une pièce dès maintenant, d’acheter sa dinde — surgelée bien sûr, parce qu’elle est moins chère —, ensuite de commencer à regarder différents magasins pour les à-côtés, pour aller chercher les meilleurs prix possibles sur quelques semaines, au lieu d’aller juste dans un magasin et d’acheter tout en même temps», souligne le professeur Charlebois.

Avec la hausse du coût de la vie, l’idée de réinventer le traditionnel menu des Fêtes, en optant par exemple pour un buffet où chaque convive participe à la préparation du repas, est aussi une option qui peut être intéressante.

«Tout le monde reconnaît que les prix sont plus élevés, donc les gens vont être enclins à amener des plats pour un peu aider l’hôte ou l’hôtesse, parce qu’on reconnaît que ça coûte plus cher de recevoir», observe M. Charlebois.