Ford affirme qu’il ne critiquera pas les autres candidats de la Banque de la défense

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, affirme qu’il ne croit pas qu’il faille critiquer les candidatures des autres villes souhaitant accueillir la Banque de la défense de l’OTAN, tout en continuant de vanter Toronto comme étant le meilleur choix.

M. Ford a fait ces commentaires lors d’une conférence de presse mardi, après s’être fait questionner sur les allégations concernant des responsables de Toronto qui auraient fait pression en faveur de leur ville en brandissant la menace d’un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec.

Toronto, Montréal, Ottawa et Vancouver sont toutes en lice pour accueillir la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (DSR), qui est chargée de financer les projets de défense des membres et des alliés de l’OTAN.

Le premier ministre de l’Ontario a d’abord tenté d’esquiver la question, répondant: «Eh bien, je dis: Go Habs!», en référence au Canadien, qui compétitionne dans les séries éliminatoires de la LNH et qui est la seule équipe canadienne en deuxième ronde. «Vous savez, Montréal, c’est génial.»

Pressé sur le sujet, M. Ford n’a pas répondu directement aux allégations, mais a déclaré qu’il ne pensait pas que les relations entre l’Ontario et le Québec seraient affectées par leurs candidatures concurrentes.

«Nous allons continuer à entretenir ces excellentes relations», a-t-il soutenu, à propos des deux provinces. «Il est essentiel que nous travaillions ensemble.»

À l’issue d’une réunion qui s’est tenue à Montréal du 23 au 26 avril avec des représentants de 18 pays, le Canada a été choisi pour accueillir le siège de la Banque de la défense, mais le gouvernement fédéral n’a pas encore désigné de ville hôte.

La semaine dernière, des personnalités politiques québécoises ont dénoncé des allégations, rapportées pour la première fois par «La Presse», selon lesquelles des responsables de Toronto auraient évoqué le mouvement souverainiste pour dissuader le gouvernement fédéral de choisir Montréal comme siège de la banque.

À cinq mois des prochaines élections provinciales au Québec, le Parti québécois est en tête dans les sondages et s’est engagé à organiser un référendum au cours de son premier mandat s’il est élu.

Le bureau de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a refusé de commenter mardi à ce sujet. Elle a renvoyé à une lettre envoyée le 6 mai au premier ministre Mark Carney par les principaux acteurs financiers québécois faisant pression en faveur de Montréal.

Ce groupe, coordonné par Finance Montréal — un groupe financier qui rassemble des banques, des investisseurs institutionnels et des partenaires du secteur —, s’est joint à plusieurs politiciens québécois pour plaider en faveur de Montréal comme choix naturel pour accueillir le siège de la banque, en invoquant la solidité financière de la ville et ses connexions internationales.

Les signataires, parmi lesquels La Caisse, Desjardins, la Banque Nationale et le Fonds de solidarité FTQ, ont fait valoir que le secteur financier montréalais était «prêt à passer à l’action», offrant le soutien immédiat de ses grandes banques, l’accès aux marchés financiers mondiaux, ainsi qu’un vaste réseau d’investisseurs institutionnels et d’experts financiers.

Ils ont également décrit Montréal comme l’endroit offrant «les meilleures conditions au pays», citant son secteur financier, la présence de l’industrie de la défense et les organisations internationales, notamment les bureaux de l’ONU et les centres liés à l’OTAN.

M. Ford affirme toutefois que Toronto est la seule ville au Canada capable d’offrir à la banque ce dont elle a besoin: l’accès à l’un des plus grands centres financiers d’Amérique du Nord, aux sièges sociaux des cinq plus grandes banques canadiennes et à nombre de ses plus importants fonds de pension, ainsi qu’aux bureaux de plusieurs banques internationales.

La province a déjà trouvé un emplacement temporaire pour la banque et l’aidera à en trouver un permanent, a-t-il ajouté.

«Nous avons besoin que le gouvernement fédéral choisisse une ville hôte capable d’aider la banque à démarrer en force, un endroit doté d’une main-d’œuvre de classe mondiale, d’une expertise dans les secteurs bancaire et de la défense, ainsi que de connexions mondiales qui contribueront au succès de la banque», a déclaré M. Ford.

«Il n’y a qu’une seule ville au Canada qui puisse véritablement offrir tout ce dont la banque a besoin, et cette ville, c’est Toronto.»

Le premier ministre a indiqué qu’Ottawa ne lui avait fourni aucune précision quant aux critères qui seront utilisés pour sélectionner la ville hôte.

— Avec des informations de Rianna Lim, à Toronto