Discours d’ouverture: Legault veut lier l’avenir du français à l’immigration

Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
Discours d’ouverture: Legault veut lier l’avenir du français à l’immigration

QUÉBEC — Il faut lier l’avenir du français au Québec à nos politiques d’immigration, selon le premier ministre François Legault, qui a fait de cet objectif un des thèmes abordés dans son discours d’ouverture de la première session de la 43e législature, prononcé mercredi au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Le discours d’ouverture vise à révéler à la population le plan de match du gouvernement pour les quatre prochaines années, en identifiant les priorités et les grandes orientations qui vont guider son action. Sur l’ensemble des dossiers, cependant, M. Legault est resté vague et évasif, réaffirmant des positions déjà connues et n’annonçant aucun nouveau chantier.

Comme il avait fait la veille en mêlée de presse, M. Legault s’est montré inquiet du déclin marqué de l’usage du français, particulièrement à Montréal, affirmant qu’il fallait inverser cette tendance.

En tant que premier ministre du Québec, il a dit qu’il s’agissait là pour lui d’un «devoir impératif», d’une immense responsabilité, et il a dit compter sur l’accueil d’un nombre accru d’immigrants francophones pour y arriver. 

«Il y a un lien indéniable entre la vitalité de la langue française et les politiques d’immigration», a-t-il fait valoir.

Sur le plan linguistique, la situation est «préoccupante», a-t-il soutenu, rappelant que désormais moins de la moitié des gens qui habitent l’île de Montréal s’identifient comme francophones.

Dans la catégorie des immigrants économiques, il vise à accueillir 100% de francophones d’ici 2026. M. Legault, qui dit aussi souhaiter accueillir davantage d’étudiants universitaires étrangers, en fait «une question de survie» pour le français au Québec.

Il a dit vouloir suivre l’évolution de la situation du français de plus près, chaque année, à l’aide d’un «tableau de bord» comportant une série d’indicateurs linguistiques. Il a dit juger la situation «assez grave» pour que le Québec compile ses propres statistiques, sans attendre celles de Statistique Canada publiées tous les cinq ans.

Il n’a pas précisé les autres moyens à privilégier pour contrer le déclin du français. Mardi, il avait exclu de rouvrir la loi 96 ou d’imposer la fréquentation du cégep en français aux immigrants et allophones.

Dans le domaine culturel, il a affiché sa préoccupation de voir l’attrait des jeunes pour les plateformes numériques en anglais.

Très brève, la nouvelle session parlementaire ne durera que huit jours au total, pour s’achever le 9 décembre.

La session a débuté mardi avec l’élection de la nouvelle présidente, Nathalie Roy. La première période de questions aura lieu jeudi.

Nouveaux barrages?

En matière énergétique, M. Legault est revenu à la charge pour dire qu’il fallait évaluer la pertinence de construire de nouveaux barrages hydroélectriques pour répondre aux besoins futurs du Québec.

Il faut «envisager sérieusement la construction de nouveaux barrages», a-t-il réaffirmé, en ajoutant que le Québec devrait prendre à ce sujet «des décisions importantes» dans les prochaines années.

Le Québec aura besoin «d’un demi-Hydro-Québec» additionnel d’ici 2050, a-t-il calculé, rappelant qu’Hydro-Québec avait signé un contrat avec l’État de New York pour l’exportation de 10,4 térawattheures d’électricité vers la métropole américaine durant 25 ans.

La prospérité économique et le respect de l’environnement peuvent aller de pair, a dit par ailleurs le premier ministre, répétant son objectif de favoriser une transition énergétique vers une économie verte, incluant l’atteinte de la carboneutralité en 2050.

Quant à la lutte aux changements climatiques, il s’agit «du plus grand défi des prochaines années», mais il convient d’être ambitieux, «sans être dogmatiques».

En éducation, le principal défi sera de recruter des enseignants.

En santé, son gouvernement voudra «rapprocher les décisions du terrain» et éliminer pour les infirmières le temps supplémentaire obligatoire (TSO), ce qu’elles réclament depuis de nombreuses années.

Tel que promis en campagne électorale, le gouvernement promet de créer deux mini-hôpitaux privés, ouverts 24 heures par jour, sept jours sur sept. Encore là, a-t-il dit, «il ne faut pas être dogmatique».

Pour ce qui est des soins à domicile, il «faut faire une vraie révolution» et investir davantage.

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