De l’aide psychologique s’organise pour les réfugiés ukrainiens au Canada

Brittany Hobson, La Presse Canadienne
De l’aide psychologique s’organise pour les réfugiés ukrainiens au Canada

Des spécialistes en santé mentale veulent venir en aide aux réfugiés ukrainiens ayant fui leur pays victime de l’agression russe.

Peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine, Alexandra Froese, une psychologue de Saskatoon, a commencé à entendre les témoignages de Canado-Ukrainiens demandant de l’aide en santé mentale au moment où leur pays d’origine subissait un siège sans pitié.

«Ils vivaient une grande angoisse en observant les événements se dérouler, en aidant des membres de leur famille réfugiés ici ou en vivant un deuil, mentionne-t-elle, Les Ukrainiens au Canada nécessitent autant d’aide que les réfugiés ukrainiens qui viennent s’installer ici.»

Mme Froese, elle-même d’origine ukrainienne, raconte que ses parents vivent toujours en Ukraine. Même s’ils sont toujours en bonne santé, la psychologue dit qu’elle n’est pas immunisée contre la peine que ressentent les Canado-Ukrainiens.

Elle souhaite profiter de son expérience dans le domaine des traumatismes pour aider ces gens.

«Je me sens le devoir de faire tout ce que je peux, ou du moins d’essayer tout ce que je peux».

Mme Froese a commencé à travailler bénévolement. Elle dit avoir rédigé un guide en ukrainien et en avoir envoyé des copies à des groupes aidant les gens à fuir l’Ukraine. Elle s’est jointe à un groupe de bénévoles qui mettent en place un site internet faisant la liste des ressources en santé mentale facilement disponibles.

Selon la psychologue, fournir à la population des informations de base sur la santé mentale peut contribuer à renforcer des sentiments de sécurité et de bien-être.

«Après des événements traumatiques, la plupart d’entre nous peuvent récupérer facilement avec un soutien minimal. C’est plus savoir comment trier les besoins des gens.»

Le Dr Dillon Browne, de la Chaire de recherche du Canada en psychologie infantile et familiale de l’Université de Waterloo, dit avoir observé sur les réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok comment la guerre était présentée.

Il a déjà fait des recherches étendues sur la santé mentale infantile. Il a étudié les effets des médias numériques sur les jeunes.

Le Dr Browne s’est rendu compte que des Ukrainiens n’hésitaient pas à partager des vidéos très crues.

«On présente vraiment des images explicites, constate-t-il. C’est m’a amené à me demander si on pouvait faire quelque chose.»

Le niveau d’anxiété varie chez les gens qui regardent du contenu de guerre sur internet. Le Dr Browne souligne qu’il n’est pas inhabituel pour un enfant d’avoir des cauchemars à cause de ce qu’il a vu dans les médias.

Il tente de convaincre ses collègues ontariens d’offrir bénévolement de l’aide. Il a reçu un grand nombre de réponses positives.

«J’étais sceptique à cause de tout ce que nous avons traversé [pendant la pandémie de COVID-19]. Il semble que l’invasion a rallumé quelque chose chez les gens parce que la situation est si atroce.»

La Société canadienne de psychologie a sauté dans le train. Elle est en train de dresser une liste de psychologues prêts à offrir des services aux Canado-Ukrainiens dans tout le pays.

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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