Audience de liberté sous caution pour un accusé de l’affaire Ryan Wedding
TORONTO — La Cour a examiné lundi les documents financiers d’un homme de l’Ontario accusé d’avoir blanchi des fonds pour une opération internationale de trafic de drogue. Ce dernier demande d’être libéré sous caution en attendant son audience d’extradition.
Les procureurs ont interrogé Rolan Sokolovski sur ses déclarations de revenus et les états financiers de son entreprise de joaillerie, Diamond Tsar, ainsi que sur l’argent qu’il a gagné en jouant au poker. Ces gains au jeu, a-t-il affirmé, étaient suffisants pour maintenir son train de vie pendant près d’une décennie.
M. Sokolovski, qui possède la double nationalité lituanienne et canadienne, a déclaré avoir gagné plus de 100 000 $ par an grâce à des tournois de poker et des parties à argent réel entre 2013 et 2020. Il a également indiqué s’être lancé dans les cryptomonnaies il y a environ sept ans, ce qui lui aurait permis de faire jusqu’à 200 000 $ de bénéfices sur certaines transactions.
Rien de tout cela n’a été déclaré à l’Agence du revenu du Canada, a avoué M. Sokolovski, ajoutant qu’il pensait que les gains provenant des jeux d’argent n’avaient pas à être déclarés. Il a indiqué au tribunal qu’il considérait la spéculation de cryptomonnaies comme une autre forme de jeu.
Les gains provenant du jeu sont généralement considérés comme des gains exceptionnels et ne sont pas imposables au Canada, sauf s’ils peuvent être considérés comme des revenus provenant d’un emploi ou d’une entreprise.
La cession de cryptomonnaie par la vente, l’échange ou la dépense peut entraîner des gains ou des pertes qui doivent être déclarés.
M. Sokolovski a été arrêté l’automne dernier avec plusieurs autres Canadiens accusés de collaboration avec l’ancien planchiste olympique Ryan Wedding, un baron de la drogue présumé faisant partie des personnes les plus recherchées par le FBI.
Les autorités américaines affirment que M. Sokolovski, âgé de 37 ans, supervisait la comptabilité de l’organisation, procurait des articles de luxe à M. Wedding et avait fabriqué un «collier incrusté de pierres précieuses» en guise de paiement pour un meurtre.
Le tribunal devrait également entendre cette semaine les personnes qui se proposent de surveiller M. Sokolovski s’il est libéré sous caution.
Le juge Peter Bawden de la Cour supérieure de l’Ontario a décidé lundi matin d’interdire la publication de toute information susceptible d’identifier ces cautions potentielles, estimant qu’il était nécessaire de les protéger contre toute attaque.
La semaine dernière, les avocats de M. Sokolovski ont demandé au tribunal de protéger l’identité des garants, arguant que leur sécurité pourrait autrement être compromise.
Les procureurs de la Couronne ont fait valoir que seules les adresses des garants devaient être tenues secrètes.
Plusieurs jours ont été réservés pour l’audience de mise en liberté sous caution. Les procureurs s’opposent à la libération de M. Sokolovski, arguant qu’il devrait être détenu pour protéger le public, pour maintenir la confiance dans le système judiciaire et en raison des risques de le voir s’enfuir.
