Au lendemain du débat, Legault redouble ses attaques contre Duhaime

La Presse Canadienne
Au lendemain du débat, Legault redouble ses attaques contre Duhaime

MONTRÉAL — Au lendemain du débat où le chef caquiste François Legault a traité le conservateur Éric Duhaime «d’agitateur» en temps de pandémie, les attaques envers l’un et l’autre se sont accentuées, vendredi.

De passage à Laval, en matinée, le premier ministre sortant François Legault a officiellement lancé les gants contre son adversaire conservateur, le comparant à Donald Trump sans nommer directement l’ex-président, et affirmant que M. Duhaime s’était disqualifié à titre de chef de parti.

«Profiter de la détresse de certaines personnes pour gagner des votes, ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas le genre de leader qu’on veut au Québec.

«Il me fait penser à quelqu’un au Sud, il nie même la réalité», a-t-il ajouté.

En point de presse plus tard à Montréal, Éric Duhaime a rejeté ces accusations du revers de la main, estimant que M. Legault est en train de paniquer.

«Je sais que c’est quelqu’un qui tolère très mal la critique. Ça fait quand même deux ans qu’il a beaucoup de pouvoir entre ses mains et de toute évidence il n’apprécie pas l’aspect démocratique d’une campagne électorale», a-t-il lancé.

«Pourquoi je serais un agitateur? Parce que je pense pas comme M. Legault?»

Vendredi soir, à Lévis, lors d’un rassemblement où l’on attendait quelque 1500 militants au Centre des congrès, M. Duhaime a riposté aux propos de M. Legault en affirmant que «l’insulte, c’est l’arme des faibles».

«Les masques sont en train de tomber», a-t-il lancé à son auditoire, en qualifiant le chef caquiste de «désespéré».

M. Duhaime avait pris part dans la journée au Congrès annuel de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), au même titre que tous les autres chefs des principaux partis.

Tous, sauf le chef péquiste Paul St-Pierre-Plamondon, qui devait s’isoler en raison de symptômes grippaux. M. St-Pierre-Plamondon, qui, dit-on, était en pleine forme jeudi soir au débat, a pour l’instant des résultats négatifs aux tests de COVID-19 qu’il a passés.

À son arrivée au congrès, le chef solidaire Gabriel Nadeau-Dubois avait d’ailleurs une annonce pour les municipalités: son parti débloquera 45 millions $ par année pour que les villes conçoivent des projets d’adaptation aux changements climatiques.

«Les villes ont besoin d’aide maintenant. Québec solidaire va débloquer une enveloppe d’urgence de 45 millions de dollars dès l’année prochaine», a-t-il promis.

La CAQ s’est engagée pour sa part à investir 120 millions $ supplémentaires sur quatre ans en foresterie.

Ces investissements seraient consacrés à des produits, des technologies et des procédés innovants dans l’industrie forestière.

Marche pour le climat

Le chef solidaire se rendait plus tard à l’une des manifestations organisées pour réclamer un virage majeur dans la lutte aux changements climatiques.

L’atmosphère s’annonçait tendue étant donné que les organisateurs avaient prévenu que les politiciens qui ne partagent pas leurs revendications n’étaient pas les bienvenus. Et on invitait ceux qui allaient se présenter à marcher en queue de peloton en guise «d’humilité».

Quelques candidats caquistes, dont le ministre de l’Environnement sortant Benoit Charette, Pierre Fitzgibbon et Chantale Rouleau, ont dû s’éloigner du lieu de la manifestation sous les cris et les quolibets.

M. Nadeau-Dubois, Manon Massé et plusieurs militants qui agitaient des drapeaux de Québec solidaire étaient présents à la marche.

La cheffe libérale Dominique Anglade, dont la présence à l’événement n’était pas prévue à son horaire, a reçu un accueil mitigé lorsqu’elle s’est finalement présentée en après-midi, seule avec ses conseillers et ses gardes du corps. Quelques jeunes lui ont réclamé un «selfie», tandis que d’autres l’ont accusée de faire de la «récupération politique» en lançant: «Laissez-nous marcher tranquilles!»

Économie verte

Gabriel Nadeau-Dubois a accusé François Legault de mentir lorsqu’il prétend qu’un gouvernement solidaire fermerait des entreprises dans le cadre de sa transition vers une économie verte.

«Quand M. Legault dit qu’on va fermer des industries, il ment aux Québécois, aux Québécoises. Et ça, c’est indigne de quelqu’un qui veut se présenter au poste de premier ministre», a affirmé le co-porte-parole de Québec solidaire vendredi matin en point de presse.

Le plan de QS propose de requalifier les travailleurs des domaines en «décroissance», «plus fragiles» comme ceux de la pétrochimie, du gaz naturel et des raffineries.

Sur la souveraineté et les enjeux touchant les femmes

Le chef caquiste François Legault a refusé vendredi de dire comment il voterait à un éventuel référendum sur la souveraineté.

La veille au débat télévisé de Radio-Canada, il avait esquivé la question du modérateur en disant qu’on ne voulait pas de référendum et que les Québécois avaient d’autres priorités, comme l’inflation et les changements climatiques.

En mêlée de presse vendredi matin dans un stationnement de Laval avec ses candidats, M. Legault dit qu’il ne fallait «pas se diviser» avec une autre campagne référendaire.

La cheffe libérale Dominique Anglade exhorte François Legault à dire clairement s’il voterait «Oui» ou «Non» à un éventuel référendum sur la souveraineté.

«Il faut se prononcer sur des enjeux comme ceux-là, a-t-elle insisté, vendredi. C’est important (…) parce que ça définit le type de leadership que tu vas avoir pour le Québec.»

Selon Mme Anglade, le chef caquiste ne cesse de se disputer avec Ottawa, alors qu’elle propose un réel «partenariat» avec le gouvernement fédéral.

Mme Anglade est plus tard revenue sur ses propos lors du débat de jeudi selon lesquels sous la gouverne de M. Legault, on avait observé un important «recul pour les femmes». Le commentaire avait piqué au vif le chef caquiste.

François Legault comprend mal les enjeux qui touchent les femmes, a martelé vendredi la cheffe libérale.

M. Legault «manque de considération et il ne comprend pas les enjeux, il ne les voit pas», a-t-elle renchéri vendredi en marge de son passage devant la Fédération québécoise des municipalités.

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