Une saga digne d’un mini Dynasty : le projet éolien Arthabaska de Boralex
Le projet éolien de Boralex dans la MRC d’Arthabaska, 42 éoliennes industrielles totalisant 265 MW, a des allures de soap opera. Boralex est issus de Cascades fondée par la famille Lemaire basée à Kingsey Falls.
Le projet d’éoliennes industrielles bénéficie du soutien enthousiaste du préfet de la MRC, Christian Côté, aussi directeur des achats chez Cascades… et maire de Kingsey Falls. Fait troublant : aucune des 42 éoliennes ne sera installée à Kingsey Falls. Serait-ce que le “pas dans ma cour”, si souvent reproché aux citoyens, serait soudainement acceptable pour protéger le chef-lieu des Lemaire?
Les éoliennes industrielles seraient plutôt réparties comme suit : 30 à Sainte-Séraphine, 7 à Sainte-Élizabeth-de-Warwick et 5 à Victoriaville.
Sainte-Séraphine : copinage et conflits d’intérêts au rendez-vous
C’est à Sainte-Séraphine que la situation devient carrément indéfendable. Le maire David Vincent est en plein conflit d’intérêts. Il y aurait six éoliennes industrielles prévues sur la terre du maire et son père et deux sur celle de son cousin et son oncle. Le conseiller municipal Justin Allard n’est pas en reste : deux éoliennes seraient projetées sur ses terres, quatre chez sa mère, deux chez sa tante, deux chez son oncle et deux chez un petit cousin. En tout, 20 des 30 éoliennes prévues à Sainte-Séraphine se retrouveraient sur les terres d’élus municipaux ou de leur entourage générant plusieurs dizaines de milliers de $ annuellement.
Le conseil municipal a même dû voter une résolution reconnaissant ces conflits d’intérêts, les empêchant du coup d’émettre un appui officiel au projet. Résultat : la décision a été déléguée à la MRC… dirigée par un maire dont la municipalité ne sera pas touchée, mais qui bénéficierait du partage des redevances. Qui plus est, ce préfet est employé de Cascades. Peut-il réellement représenter les intérêts des citoyens de Sainte-Séraphine?
Privatisation verte : qui paie, qui encaisse?
Il est vrai que Boralex est une entreprise québécoise. Il faut toutefois savoir que selon une étude de l’IRIS, elle ne se gêne pas pour mettre ses profits à l’abris de l’impôt au Luxembourg privant ainsi l’État de revenus cruciaux pour la santé et l’éducation. De plus, une étude de l’IREC évalue à 6 G $ le surcoût lié à la privatisation de l’éolien.
Contrairement au discours alarmiste véhiculé, les projets éoliens ne servent ni la transition énergétique ni la décarbonation. La prétendue pénurie d’électricité, gonflée à 200 TWh par Sabia pour servir les visées industrielles, s’est écroulée à 4.5 TWh, selon les dernières informations. Il s’agit clairement d’une vaste opération de désinformation visant à favoriser les compagnies privées au détriment d’Hydro-Québec.
Il faut stopper ce modèle de développement fondé sur la collusion, les conflits d’intérêts et l’appauvrissement du bien commun. Si besoin est, les futurs parcs éoliens doivent être 100% publics, gérés et détenus par Hydro-Québec. Et surtout, un BAPE générique sur l’éolien s’impose pour restaurer la confiance citoyenne.
Martine Ouellet
Cheffe de Climat Québec
Ancienne ministre des Ressources naturelles
Ancienne gestionnaire chez Hydro-Québec
