Les Fenêtres qui parlent : une expo à ciel ouvert

Les Fenêtres qui parlent : une expo à ciel ouvert

«Les Fenêtres qui parlent», un concept français repris à Montréal et maintenant à Victoriaville. On voit ici une œuvre de Linda Vachon lors de l'édition montréalaise.

Crédit photo : gracieuseté

Les 28, 29 et 30 septembre, les fenêtres et les cours de neuf adresses de la rue Saint-Zéphirin de Victoriaville se transformeront en espaces d’accrochage dans le cadre de «Les Fenêtres qui parlent».

Si c’est Sophie Chabot qui s’occupe de la coordination de l’événement, l’idée d’importer ce concept à Victoriaville provient de Linda Vachon. Celle-ci a déjà participé à ce jumelage entre artistes et citoyens du côté de Montréal.  Mais c’est de Lille en France que provient l’activité qui a, à cet endroit, presque 20 ans. À Victoriaville, puisqu’il s’agira d’une première, une seule rue (pas au complet) a été choisie et une quinzaine d’artistes investiront les lieux de leurs œuvres. «Le but de l’activité est de démocratiser l’art et d’offrir une rencontre directe entre les artistes et les citoyens», explique Sophie.

«Les fenêtres qui parlent», c’est un lieu d’exposition à ciel ouvert, un événement familial, festif et convivial. Pour les gens, les propriétaires des maisons concernés et les autres, c’est l’occasion de voir des œuvres d’art, ailleurs que dans les traditionnelles galeries. Pour cette première victoriavilloise, Sophie explique que les propriétaires n’ont pas été difficiles à convaincre. «C’est Laurelou de l’Atoll qui est allée les rencontrer et ils ont rapidement embarqué», apprécie Sophie.

Quant au choix de la rue Saint-Zéphirin, il s’explique par plusieurs raisons. «C’est une très belle rue du centre-ville, avec des arbres matures. On y retrouve autant des duplex que des maisons seules ce qui offre plusieurs possibilités. Elle est intéressante à marcher cette rue-là», ajoute-t-elle.

Chaque maison a été jumelée à un projet artistique et, selon l’endroit, l’art sera accroché dans les fenêtres, en hauteur dans les arbres ou encore sur le terrain gazonné. C’est au choix des artistes et avec l’autorisation des propriétaires. «Qui rivaliseront d’imagination pour montrer leur travail», annonce Sophie.

L’activité se tient dans le cadre des Journées de la culture qui mettent en vedette, cette année, les mots. Pour «Les fenêtres qui parlent» il y aura de la poésie, de l’art visuel, de la photographie, de la céramique et de la sculpture. On pourra apprécier le travail de Danielle LeBlanc, Linda Vachon et Sophie Chabot, Andrée-Anne Fréchette et Marie-Ève Laroche, Annie St-Jean, Véronique Pepin, Caroline Moreau, Emmanuelle Lessard, le collectif Laurelou Hélie, Martin Nolette et Andrée-Anne Laberge et Chantale Bouchard.

En plus des œuvres, la rue s’animera, notamment lors du vernissage qui aura lieu le vendredi 28 septembre (sous forme de 5 à 7). Pour cette soirée, la rue sera fermée entre les rues Marchand et Saint-Jean-Baptiste. Il y aura une performance artistique du Collectif Bonneau-Knight, de l’animation de rue, etc.

Pour le samedi et le dimanche, la rue restera ouverte, mais il sera facile pour les gens de déambuler de maison en maison pour apprécier l’exposition. Le tout se terminera le dimanche à 16 h. «Nous avons eu une bonne réponse jusqu’à maintenant des artistes et des citoyens. C’est une belle aventure qui pourrait devenir une tradition», souhaite Sophie.

D’autres projets

En plus de ces trois jours d’exposition, Sophie Chabot à plusieurs autres projets sur la table. Elle revient à la charge avec une deuxième série d’ateliers artistiques S.M.Art (Santé Mentale et Art), destinés à des personnes qui fréquentent les services de soins spécialisés en santé mentale. Elle proposera trois sessions de 10 semaines avec 10 personnes par session. Elle a déjà fait l’expérience l’an dernier et les intervenants lui ont dit qu’ils avaient vu un impact positif. «Ça démontre l’importance de la création qui est thérapeutique, tout comme l’est le sport» exemplifie-t-elle.

Sophie Chabot prépare plusieurs projets artistiques qui permettent notamment de démystifier, par l’art, certaines maladies.

Pour ces sessions, d’autres artistes médiateurs, en plus de Sophie, viendront rencontrer les participants. L’infirmière de formation cherche les occasions d’utiliser l’art pour améliorer la vie de personnes atteintes de diverses pathologies. C’est pour cela qu’elle a obtenu, récemment, une bourse du Calq qui lui permettra de réaliser un projet artistique en collaboration avec la Société Alzheimer du Centre-du-Québec.

Elle travaille deux jours par semaine avec des personnes atteintes de cette maladie à la Maison Myosotis, tout comme Karine Gagné qui y est préposée aux bénéficiaires (et portraitiste). Leur projet qui porte le titre temporaire de «…vivante» consiste à trouver des photos de personnes atteintes de la maladie, qui datent des années 50, qui seront peintes à l’huile par la portraitiste. «Le but est de montrer que malgré la perte de facultés, ces personnes demeurent vivantes. Il y a une mémoire affective qui reste très longtemps», explique Sophie.

Le résultat du travail artistique donnera lieu à une exposition nomade prévue pour janvier 2019. «On veut dire aux gens que oui c’est difficile cette maladie, mais il reste du vivant quand même dans ces personnes», ajoute-t-elle. Sophie a trouvé le moyen de joindre l’art à son travail. «Ça me permet de continuer l’éducation à la maladie, la démystifier et aller au-delà des peurs», souhaite-t-elle.

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