L’attente à l’urgence ne diminue pas, elle augmente!

L’attente à l’urgence ne diminue pas, elle augmente!

Crédit photo : Archives

Depuis des décennies, des gouvernements successifs tentent sans succès de faire diminuer l’attente dans les urgences du Québec. Plus tôt cette année, des statistiques faisaient état d’une baisse des temps d’attente. Or, des données obtenues par l’Institut économique de Montréal dressent un portrait bien différent de la situation.

«Si l’attente à l’urgence a baissé cette année, c’est essentiellement parce qu’on la mesure de la mauvaise façon», explique Patrick Déry, analyste en politiques publiques et auteur de la publication.

Pour l’année financière 2017-2018, la durée moyenne de séjour dans l’ensemble des urgences du Québec était de 7,3 heures, contre 7,8 heures l’année précédente, une baisse d’une demi-heure. Et pour les patients sur civière, l’attente est passée de 15,6 à 13,7, une chute à première vue impressionnante de près de deux heures.

Toutefois, la durée médiane du séjour, plus représentative de la situation vécue par les patients, est passée de 9,5 à 9,2 heures l’an dernier pour les patients sur civière, une diminution plus modeste de 18 minutes. Pour l’ensemble des patients, la durée médiane de séjour est même passée de 4,4 à 4,5 heures, ce qui représente une légère augmentation.

«Le Québec fait du surplace dans le dossier du temps d’attente aux urgences. Comme le constatent les patients tous les jours, il n’y a pas de progrès réel. Malgré les millions de dollars que le gouvernement fait pleuvoir sur elles, nos urgences continuent de se classer parmi les pires des pays développés», affirme M. Déry.

La solution passe par la concurrence et non par une autre valse des millions. Le passage au financement à l’activité, attendu prochainement, est susceptible d’encourager une saine concurrence entre les différents établissements hospitaliers. C’est un premier pas dans la bonne direction.

Un second, tout aussi important, serait de confier la gestion d’un certain nombre d’hôpitaux au secteur privé. «Cela pourrait prendre la forme d’un projet-pilote. L’objectif est de faire appel à la capacité d’innovation et à souplesse du secteur privé, tout en maintenant le financement universel tel que nous le connaissons», fait valoir l’auteur.

«Il faut arrêter d’avoir peur dès qu’on entend le mot “privé”​. À peu près tous les pays développés y ont recours; ils font aussi mieux que nous. En Allemagne, par exemple, seulement 1% des patients passent plus de cinq heures aux urgences. Au Québec, 5,6% y poireautent plus de 24 heures. Ça n’a aucun sens», renchérit M. Déry. «Après plus de 40 ans de gestion publique qui n’a essentiellement créé que des listes d’attentes, puis de multiples réformes qui n’ont jamais réussi à les enrayer, le Québec est mûr pour laisser place à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans ses hôpitaux», conclut l’auteur.

Le Point intitulé «Les hôpitaux du Québec ont besoin d’entrepreneuriat» est signé par Patrick Déry, analyste en politiques publiques à l’IEDM.

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Pierre Hébert
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Pierre Hébert

Pourtant le CIUSSS MCQ a reçu l’Agrément “fédéral” tout comme l’Agrément québécois – peut-on douter et questionner ce processus qui se veut un exercice de relation publique, à mon avis!