Victoriaville accueillera la deuxième Maison Véro & Louis

D’ici deux ans environ, la deuxième Maison Véro & Louis, qui propose un milieu de vie de longue durée à des adultes autistes de 21 ans et plus, sera ouverte à Victoriaville. C’est au 38-A, de la rue Lactantia, sur un terrain cédé par la Ville, qu’elle sera construite.

C’est en partenariat avec la Fondation François-Bourgeois qu’est réalisé ce projet de la Fondation Véro & Louis qui a été annoncé par Véronique Cloutier et Louis Morissette, lundi matin, justement dans la salle Monique-Bourgeois du Carré 150. L’endroit était rempli de gens d’affaires, de représentants de la santé, des deux fondations en cause, de l’éducation et du milieu communautaire, sans compter les élus. 

Le projet avait déjà été annoncé au printemps 2019, mais la pandémie est venue retarder son avancement. Toutefois, la collaboration entre les deux fondations s’est maintenue au fil des années pour en arriver à l’annonce attendue du 11 décembre. « Le beau projet avance », a lancé Véronique Cloutier.

Évaluée à 7 M $, la maison pourra accueillir entre 15 et 18 personnes autistes qui y vivront à temps plein ainsi que des usagers qui viendront y vivre des activités pendant la journée. La Fondation Véro & Louis y contribue pour 3 M $ et le même montant est octroyé par la Fondation François-Bourgeois.

Elle sera bâtie au 38-A, rue Lactantia, presque en face justement du Centre de stimulation L’Envol (destiné aux enfants ayant un trouble de développement) fondé par Marguerite Bourgeois. Une adresse significative aussi puisque François Bourgeois (qui donne son nom à la fondation bien connue à Victoriaville) est le fondateur de l’usine Lactantia, devenue Lactalis, située tout près.

Le terrain de 74 000 pieds carrés (disponible immédiatement auquel pourront s’ajouter 16 000 pieds carrés d’ici trois ans si nécessaire), cédé par la Ville de Victoriaville, est parfaitement situé, à côté des Jardins communautaires, tout près du réservoir Beaudet et aux abords des services et de la piste cyclable, comme a souligné le maire de Victoriaville, Antoine Tardif, bien heureux de voir la maison s’installer dans sa municipalité. « Victoriaville se développe à vitesse grand V et se distingue par sa collectivité qui prend soin de tout le monde », a-t-il indiqué en ajoutant que lorsque Marguerite Bourgeois était venue le rencontrer pour lui présenter le projet, il lui aurait été impossible de dire non. « Quand Marguerite a une idée en tête… », a-t-il déclaré.

Cette dernière était aussi présente, naturellement, « Je me sens comme dans un film de la magie de Noël », a-t-elle lancée d’entrée de jeu. Elle a expliqué que la maison à construire était un projet innovant et bien réfléchi avec lequel elle et les membres de sa famille de la fondation étaient tombés en amour. On sait que Marguerite est la maman de deux adultes autistes et que depuis 30 ans elle travaille fort afin de développer des services adaptés aux jeunes aux prises avec cet état de santé. « J’ai rêvé de toutes sortes de choses, de classes adaptées, de camps de jour, de gens formés pour le répit. Trente ans plus tard, tout s’est réalisé, mais ça ne s’est pas fait tout seul. Il y a une communauté derrière », a-t-elle insisté. Elle était accompagnée d’Olivier Gamache de la Fondation François-Bourgeois qui prend tranquillement sa place dans la fondation familiale (il est de la troisième génération de Bourgeois, le fils de Louise). Il n’a pas manqué d’avoir une pensée pour sa grand-mère Monique (qui a donné son nom à la salle du Carré 150), décédée il y a un mois. 

La marraine de la Fondation Véro & Louis, Guylaine Guay, maman de deux garçons autistes, était aussi présente et a expliqué que son rêve, exprimé dans son livre en 2014, soit celui d’avoir pour les adultes autistes « une grande maison remplie d’amour », faisait des petits avec l’annonce du jour.  

Pour la réalisation de cet important projet, la Fondation Véro & Louis peut se baser sur la première maison du genre, installée à Varennes et qui a déjà prouvé son importance et sa pertinence dans le milieu puisqu’elle vient répondre à un besoin pour cette clientèle de 21 ans et plus. 

L’annonce de la Maison Véro & Louis est également bien reçue du côté du CIUSSS MCQ, comme l’a indiqué sa représentante, Jacinthe Cloutier. « Victoriaville était un endroit propice au développement de modèles novateurs. Elle est tournée vers l’inclusion », a-t-elle fait savoir. Elle a ajouté que la Mauricie-Centre-du-Québec était la seule région du Québec à être désignée par l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme depuis 2008. « La région soutient ainsi les recherches en autisme. Les travaux des chercheurs permettent d’adapter les pratiques de l’intervenant au bénéfice de la clientèle », a-t-elle ajouté.

La maison

Tout, des matériaux utilisés pour la construction jusqu’aux activités offertes, a été pensé pour la clientèle visée. La maison est ainsi adaptée aux besoins de ses résidents qui seront accompagnés au quotidien puisque le ratio déterminé est d’une éducatrice spécialisée pour quatre personnes. Cela dans l’objectif notamment de travailler l’autonomie et de maintenir des liens avec la communauté. L’arrivée de la maison à Victoriaville permettra, de plus, la création d’une trentaine d’emplois.

Ne restera plus qu’à connaître la date de la première pelletée de terre et du début de la construction de la maison. Avant cela, comme l’a indiqué Louis Morissette, il faut « être responsable et s’assurer que tout le budget est attaché ».